Venezuela : plus de 3 000 morts après le double séisme du 24 juin
Le pays affronte la catastrophe sismique la plus meurtrière de son histoire récente, avec des milliers de disparus et des infrastructures dévastées
Douze jours après le double séisme qui a frappé le nord-ouest du Venezuela, le bilan dépasse 3 000 morts et 16 400 blessés. L'OCHA et ReliefWeb décrivent une situation humanitaire catastrophique, tandis que la présidente par intérim Delcy Rodríguez défend la gestion des secours.
L’essentiel
- Bilan : plus de 3 000 morts et 16 400 blessés selon l’OCHA et ReliefWeb, avec des dizaines de milliers de disparus.
- Magnitude : deux séismes de 7,2 puis 7,5, survenus à 39 secondes d’intervalle le 24 juin 2026, épicentre à Veroes.
- Historique : selon l’ESA, il s’agit du séisme le plus violent enregistré au Venezuela depuis celui de San Narciso en 1900.
- Dégâts : environ 58 870 bâtiments endommagés ou détruits, selon des analyses radar de la NASA.
- Réponse : état d’urgence déclaré par le gouvernement, mobilisation du Programme alimentaire mondial et de la Croix-Rouge.
Un double séisme en quelques secondes
Le 24 juin 2026, le nord-ouest du Venezuela a été frappé par deux secousses majeures survenues à seulement 39 secondes d’intervalle, selon l’USGS. La première, de magnitude 7,2, a été immédiatement suivie par une seconde secousse, plus violente, de magnitude 7,5. Les épicentres des deux événements ont été localisés dans la municipalité de Veroes, à l’ouest de la ville de San Felipe, d’après Wikipedia. Cette proximité temporelle et géographique a amplifié les destructions, les bâtiments déjà fragilisés par la première secousse n’ayant pas résisté à la seconde.
Selon l’Agence spatiale européenne (ESA), la secousse principale de magnitude 7,5 constitue le séisme le plus violent à avoir touché le pays depuis celui de San Narciso, en 1900. Les images du satellite Copernicus Sentinel-1 ont permis de mesurer un déplacement du sol d’environ 30 centimètres, visible depuis l’espace, témoignant de la puissance inhabituelle de la rupture tectonique.
Un bilan qui ne cesse de s’alourdir
Douze jours après la catastrophe, le bilan combiné des deux séismes dépasse désormais les 3 000 morts et 16 400 blessés, selon les rapports d’urgence de l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU) et de ReliefWeb. Des dizaines de milliers de personnes restent portées disparues, un chiffre qui illustre l’ampleur des opérations de recherche encore en cours. ReliefWeb précise que les secours continuent de s’organiser pour les 96 heures à venir dans les sept États affectés par la catastrophe, une zone qui couvre une large portion du nord-ouest vénézuélien.
Ce bilan, encore provisoire, pourrait continuer d’évoluer à mesure que les équipes de secours accèdent aux zones les plus isolées. La multiplication des répliques et l’état des routes ralentissent les opérations de dégagement dans plusieurs municipalités rurales.
Des infrastructures dévastées
Les analyses préliminaires par radar, réalisées par la NASA, estiment à environ 58 870 le nombre de bâtiments endommagés ou détruits par la catastrophe. Cette évaluation, fondée sur l’imagerie satellite, donne une première mesure de l’ampleur des destructions dans une région où les constructions, souvent anciennes, se sont révélées vulnérables face à des secousses de cette intensité.
Face à l’ampleur des dégâts matériels, l’état d’urgence a été officiellement déclaré par le gouvernement vénézuélien, selon la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR). Cette déclaration permet de mobiliser des moyens exceptionnels pour l’acheminement de l’aide et la reconstruction des infrastructures essentielles, notamment les réseaux d’eau, d’électricité et les axes routiers reliant les zones sinistrées au reste du pays.
La gestion de crise contestée
Le 5 juillet 2026, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a publiquement défendu la gestion gouvernementale de la crise et l’acheminement des secours, face aux critiques qui se sont multipliées dans les jours suivant la catastrophe, selon The Guardian. Ces critiques portent notamment sur la lenteur perçue de la distribution de l’aide dans certaines zones rurales et sur la coordination entre les autorités locales et le pouvoir central.
La prise de parole de Delcy Rodríguez intervient alors que le pays traverse déjà une période de tensions politiques et économiques préexistantes, qui compliquent la mobilisation rapide de ressources publiques face à une catastrophe de cette ampleur.
Contexte dans la région caraïbe
Le Venezuela se situe dans une zone de sismicité active, à la frontière de plusieurs plaques tectoniques qui traversent le nord de l’Amérique du Sud et la région caraïbe. Le précédent le plus marquant identifié par l’ESA remonte à 1900, avec le séisme de San Narciso, ce qui place l’événement du 24 juin 2026 comme une rupture exceptionnelle dans l’histoire sismique récente du pays. Cette rareté explique en partie le faible niveau de préparation de certaines infrastructures, construites sur plusieurs décennies sans intégrer de normes antisismiques renforcées.
La zone touchée, centrée sur la municipalité de Veroes et l’État de Yaracuy, concentre une partie de l’activité agricole du nord-ouest vénézuélien. Les sept États affectés par la catastrophe, selon ReliefWeb, regroupent plusieurs millions d’habitants, ce qui donne la mesure du défi logistique auquel sont confrontées les équipes de secours nationales et internationales.
La mobilisation internationale
Le Programme alimentaire mondial (WFP) a déployé une réponse d’urgence pour soutenir les populations affectées, dans un contexte où l’accès à la nourriture et à l’eau potable reste précaire dans plusieurs zones sinistrées. La Fédération internationale de la Croix-Rouge participe également à la coordination de l’aide, aux côtés des agences onusiennes présentes dans le pays.
Cette mobilisation intervient dans un Venezuela déjà fragilisé par des années de crise économique, ce qui rend la reconstruction d’autant plus incertaine à court terme. Les organisations humanitaires appellent à un soutien international soutenu, alors que le bilan humain et matériel continue d’être évalué sur le terrain.
Les prochains jours seront déterminants pour l’évaluation définitive du nombre de disparus, alors que les équipes de secours poursuivent leurs opérations dans les zones les plus isolées des sept États touchés.