Vénissieux : Alliance Police réclame 300 agents supplémentaires pour l’est lyonnais
Le syndicat tire la sonnette d'alarme après la suspension du courrier par La Poste dans des immeubles touchés par les fusillades.
Le syndicat Alliance Police Nationale demande au moins 300 renforts pour les banlieues orientales de Lyon. En cause : une recrudescence des fusillades à Vénissieux et des effectifs policiers en baisse continue depuis dix ans.
La suspension de la distribution du courrier par La Poste dans certains immeubles de Vénissieux a mis le feu aux poudres. En cause : des fusillades à répétition qui rendent l’accès à ces bâtiments trop dangereux pour les facteurs. Le syndicat Alliance Police Nationale a saisi l’occasion pour formuler une demande formelle : 300 agents supplémentaires dans l’est lyonnais, dont 100 officiers de police judiciaire, selon Le Progrès.
« La République qui recule »
La formule du syndicat est directe. « Quand un facteur ne peut plus exercer sans risquer sa vie, c’est la République qui recule », a déclaré Alliance Police, cité par Le Progrès. Le diagnostic posé est celui d’un territoire en partie abandonné face à la montée du narcotrafic. Le syndicat parle de « reprendre le contrôle des territoires », selon Lyon Mag.
Les chiffres appuient l’alerte. Les effectifs policiers sur les circonscriptions de Lyon, Villefranche et Givors sont passés de 3 000 agents il y a dix ans à 2 500 aujourd’hui, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le même temps, les vols violents sans arme ont bondi de 66 % dans le Rhône en 2026, plaçant le département au deuxième rang national des plus criminogènes après Paris, d’après Lyon Capitale.
Un précédent en 2020, des effets contestés
Ce n’est pas la première fois que ce chiffre de 300 agents circule. En 2020, le ministre de l’Intérieur s’était engagé à envoyer exactement ce nombre de policiers supplémentaires en trois ans sur la circonscription lyonnaise. Les syndicats ont contesté l’effet net de cette mesure, jugeant que les arrivées ont été compensées par des départs équivalents, selon AEF Info.
Alliance Police avait déjà appelé à une mobilisation citoyenne le 31 janvier 2026 à Lyon pour dénoncer une insécurité qu’elle qualifiait d’incontrôlable, selon Actu.fr. La situation à Vénissieux relance le débat à quelques mois des élections municipales.
La sécurité s’invite dans la campagne municipale
Le sujet est devenu central dans la campagne pour les municipales 2026. Le maire réélu Grégory Doucet a annoncé vouloir porter les effectifs de la police municipale à 400 agents d’ici la fin du mandat, selon Actu.fr. D’autres candidats avancent leurs propres propositions : une brigade anti-incivilités de 50 agents, ou encore l’installation de 5 000 caméras de vidéosurveillance supplémentaires, d’après Mes Infos.
Ces annonces concernent la police municipale. La demande d’Alliance Police porte, elle, sur des effectifs de police nationale - un levier qui échappe aux compétences de la mairie et relève du gouvernement. La réponse de l’État à cette nouvelle demande de renforts n’a pas été communiquée à ce stade.
Sources
- Lyon Mag : Fusillades à Vénissieux : un syndicat réclame 300 policiers supplémentaires
- Le Progrès : À Vénissieux, Alliance Police réclame des renforts policiers après la suspension de la distribution du courrier par La Poste
- Lyon Capitale : Lyon : face aux chiffres 'catastrophiques' de la délinquance, les policiers manifestent ce samedi
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : Les syndicats de police réclament des effectifs à Lyon