Verdun : les agriculteurs abordent 2026 sous tension économique

Après une année 2025 marquée par des prix en chute libre, les fermiers de la Meuse réclament un soutien public durable.

Verdun : les agriculteurs abordent 2026 sous tension économique
Illustration Sophie Bertrand / info.fr

Les exploitants agricoles du secteur de Verdun et de la Meuse entament 2026 dans un contexte difficile. Des rendements 2025 globalement corrects n'ont pas suffi à compenser l'effondrement des prix. La colère monte et les mobilisations se multiplient.

En 2025, les grandes cultures de la Meuse ont affiché des rendements satisfaisants : 73,7 quintaux par hectare en blé tendre, 35 q/ha en colza. Pourtant, selon Terre-net, la chute des cours a creusé un déficit de plus de 60 €/ha pour les exploitations. La production agricole française a certes progressé de 3,7 % en valeur en 2025 selon Réussir, mais l’effet ciseau entre volumes et prix a neutralisé ce rebond pour les céréaliers.

Une colère qui ne retombe pas

La Chambre d’agriculture de la Meuse a qualifié 2025 d’année particulièrement difficile pour éleveurs et céréaliers. Les mobilisations se sont enchaînées. Le 26 mai 2025, des agriculteurs se sont rassemblés à Verdun, Ligny-en-Barrois et Bar-le-Duc pour dénoncer la « trahison du gouvernement », selon France 3. Le 3 décembre 2025, les organisations meusiennes appelaient à manifester contre la taxe carbone sur les engrais, selon Meuse FM.

Le 12 janvier 2026, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Grand Verdun ont allumé des « feux de la colère » au rond-point de l’Europe, selon L’Est Républicain. Le ras-le-bol s’exprime aussi en ligne :

Un secteur fragilisé, des aides attendues

Publicité

À l’échelle nationale, Reporterre recense 1 735 exploitations en procédure collective en 2025, soit une hausse de 15,8 % par rapport à 2024. En réponse aux mobilisations, le gouvernement Lecornu a annoncé des mesures de soutien en janvier 2026, selon Juritravail. Leur portée concrète pour les fermiers meusiens reste à évaluer.

La Meuse porte par ailleurs un handicap historique : en 2015, sept exploitations du canton de Spincourt avaient été interdites de commercialiser leur blé, contaminé par des résidus de la Première Guerre mondiale, rappelait Le Figaro. Un contexte qui complique encore la trajectoire du territoire.

Prochaine étape : la DRAAF Grand Est avait fixé au 16 janvier 2026 la date limite de dépôt des dossiers pour les Projets agroenvironnementaux et climatiques (PAEC), dispositif visant à soutenir les pratiques durables dans la région.

Sources

Sophie Bertrand

Sophie Bertrand

Correspondante à Bar-le-Duc, elle suit la désertification, les tensions sur les services publics, l'agriculture et le tourisme de mémoire autour de Verdun. Formée à l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR lorraine. Ligne de travail : interroger les maires, les agriculteurs, les conservateurs, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie