Vesoul : le préfet ouvre les portes du CIDFF pour les 10 ans de la loi anti-prostitution

Serge Jacob a inauguré une journée d'ateliers sur la prévention et l'accompagnement des personnes prostituées en Haute-Saône.

Vesoul : le préfet ouvre les portes du CIDFF pour les 10 ans de la loi anti-prostitution
Illustration Laurent Clerc / info.fr

Le préfet de la Haute-Saône, Serge Jacob, a ouvert ce matin à Vesoul une journée portes ouvertes organisée par le Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF). L'événement marque les dix ans de la loi du 13 avril 2016 contre le système prostitutionnel. Des ateliers sur la prévention et les parcours de sortie sont proposés aux acteurs locaux.

Ce vendredi 24 avril 2026, Serge Jacob, préfet de la Haute-Saône, a inauguré la journée portes ouvertes du CIDFF de Haute-Saône à Vesoul. L’événement, organisé au 20 rue Didon, célèbre les dix ans de la loi n° 2016-444 du 13 avril 2016, qui dépénalise les personnes prostituées et pénalise les clients.

Ateliers sur la prévention et les parcours de sortie

La journée propose plusieurs ateliers thématiques. Selon le préfet, ils abordent la sensibilisation et prévention au risque prostitutionnel, les parcours de sortie de la prostitution, les stratégies de maraude numérique et les évolutions du cadre légal. Ces sessions s’adressent aux acteurs locaux engagés dans l’accompagnement des victimes.

Le CIDFF de Haute-Saône, financé en 2025 par la Fondation des Femmes pour lutter contre la précarité, accompagne chaque année plus de 150 000 femmes en France. En Haute-Saône, 90 % des personnes en situation de prostitution sont en prostitution « invisible », selon un diagnostic du Mouvement du Nid. Un enjeu local souligné par les organisateurs.

Un engagement territorial renforcé

Publicité

Cette journée s’inscrit dans une stratégie nationale lancée en 2024 par la ministre Aurore Bergé. Un comité de suivi interministériel a d’ailleurs été réuni le 13 avril 2026 pour évaluer les dix ans de la loi. Pourtant, les crédits alloués à la réduction des risques sanitaires liés à la prostitution stagnent depuis 2016, avec environ 5,6 millions d’euros par an, selon un rapport du ministère de la Justice.

Le CIDFF de Haute-Saône participe également à des actions de sensibilisation contre les violences conjugales. En 2025, 70 % des femmes accompagnées étaient de nouvelles victimes, comme le rapporte ICI Besançon. Un atelier « cocooning » avait notamment été organisé à Vesoul pour ces femmes.

Contexte : dix ans de loi, des résultats contrastés

La loi du 13 avril 2016 a marqué un tournant en reconnaissant les personnes prostituées comme des victimes. Elle a aussi introduit des mesures pour lutter contre le proxénétisme et la traite des êtres humains. Pourtant, son application reste inégale. Une évaluation de 2019 pointait déjà la stagnation des moyens alloués aux associations spécialisées.

En Haute-Saône, le CIDFF joue un rôle clé dans l’accès au droit et l’accompagnement vers l’emploi. Son action s’inscrit dans une dynamique locale, comme le souligne la préfecture, qui a relayé l’événement sur ses réseaux sociaux.

Sources

Laurent Clerc

Laurent Clerc

Correspondant à Vesoul, suit la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et les fermetures de maternités. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR franc-comtoise. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie