Vesoul : la SPA repasse sous gestion directe de l’agglomération en septembre
Face aux difficultés chroniques de l'association Un Rêve Une Famille, la Communauté d'agglomération de Vesoul a résilié la convention. La gestion du refuge sera assurée directement à partir du 1er septembre 2026.
Le conseil communautaire de Vesoul a voté la résiliation de la délégation de service public confiée à l'association Un Rêve Une Famille pour gérer la fourrière SPA. Une reprise en régie directe est prévue au 1er septembre 2026, mettant fin à un contrat entaché de difficultés financières et opérationnelles.
L’essentiel
- Fait 1 : Le conseil communautaire de Vesoul a voté la résiliation de la délégation de service public avec Un Rêve Une Famille.
- Fait 2 : La gestion de la fourrière SPA à Dampvalley-lès-Colombe repasse en régie directe au 1er septembre 2026.
- Fait 3 : L’association, co-présidée par Nancy Sonrier et Stacy Kost, gérait le site depuis janvier 2023 pour un contrat initial de cinq ans.
- Fait 4 : Le refuge a reçu un legs de 73 000 € en mai 2024 mais restait en difficulté de trésorerie, avec une surcharge d’animaux et des saisies judiciaires récurrentes.
La Communauté d’agglomération de Vesoul (CAV) tourne une page dans la gestion de son refuge animalier. Le conseil communautaire a voté la résiliation de la convention de délégation de service public qui liait la collectivité à l’association Un Rêve Une Famille pour l’exploitation de la fourrière SPA située à Dampvalley-lès-Colombe. À compter du 1er septembre 2026, la gestion du site sera assurée en régie directe par l’agglomération.
Une convention résiliée après trois ans et demi
L’association Un Rêve Une Famille, co-présidée par Nancy Sonrier et Stacy Kost, avait pris la direction du refuge en novembre 2022 dans le cadre d’une délégation de service public signée pour une durée de cinq ans, soit jusqu’en janvier 2028. Le contrat débutait officiellement le 1er janvier 2023. Mais dès les premières années, des signes de fragilité sont apparus.
Selon l’Est Républicain, le conseil communautaire a donc décidé de mettre fin anticipativement à cette convention. La résiliation a été votée lors d’une séance récente, sans que le détail des débats n’ait été publiquement communiqué. La collectivité justifie ce choix par des « difficultés chroniques » rencontrées par l’association dans la gestion du refuge.
Des difficultés financières et opérationnelles
Le refuge de Dampvalley-lès-Colombe a accumulé les problèmes entre 2023 et 2024. Malgré un legs important de 73 000 € reçu en mai 2024 - une manne financière exceptionnelle selon France 3 Régions - , la trésorerie est restée tendue. Le site était régulièrement présenté comme surchargé d’animaux, avec des appels aux adoptions lancés par les bénévoles, notamment en juillet 2024.
À ces difficultés financières s’ajoutait une pression judiciaire. Le refuge faisait l’objet de saisies pour maltraitance animale en moyenne une fois par an, d’après l’Est Républicain. Ces interventions, souvent médiatisées, renforçaient la perception d’une gestion défaillante.
Pour la collectivité, ces éléments ont pesé dans la décision de reprendre la main. La CAV n’a pas détaillé les conséquences éventuelles pour l’association, mais celle-ci devrait cesser son activité sur le site à la fin du mois d’août.
Une reprise en régie directe au 1er septembre
À partir du 1er septembre, la fourrière sera gérée directement par les services de l’agglomération. Cette régie directe implique la reprise du personnel et des animaux présents, ainsi que la continuité des missions de fourrière et de refuge. Aucun licenciement n’a été annoncé à ce stade.
L’agglomération n’a pas encore précisé les modalités concrètes de cette transition : recrutement d’agents, budget alloué, partenariats vétérinaires. Une communication plus détaillée est attendue dans les semaines à venir.
Contexte dans la Haute-Saône
Le département de la Haute-Saône compte plusieurs refuges animaux, mais celui de Dampvalley-lès-Colombe est le seul géré sous délégation de service public intercommunale. Sa reprise en régie directe intervient dans un été marqué par d’autres actualités locales fortes : la canicule a conduit l’agglomération de Vesoul à ouvrir les piscines dès ce samedi, tandis que les pompiers et agriculteurs sont mobilisés contre les incendies de cultures.
La décision concernant la SPA illustre les défis de gestion des services publics locaux face à des associations parfois fragiles. La CAV, dans un communiqué, a indiqué vouloir « garantir un service de qualité et le bien-être animal dans un cadre maîtrisé ». La prochaine étape sera le transfert effectif des opérations au 1er septembre 2026.