Violences volontaires : 10 mois avec sursis requis contre le premier adjoint de L’Île-Rousse
Le tribunal correctionnel de Bastia a examiné le 3 juillet 2026 les faits de violences commis le 30 août 2025 par Antoine Guerrini sur une élue d'opposition. Le délibéré est attendu le 18 septembre.
Le procès d'Antoine Guerrini, premier adjoint au maire de L'Île-Rousse, s'est tenu le 3 juillet devant le tribunal correctionnel de Bastia. Le parquet a requis dix mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pour des violences volontaires commises en août 2025 sur une conseillère municipale d'opposition. Le jugement sera rendu le 18 septembre.
L’essentiel
- Fait 1 : Le procès d’Antoine Guerrini, premier adjoint au maire de L’Île-Rousse, s’est tenu le 3 juillet 2026 au tribunal correctionnel de Bastia.
- Fait 2 : Les faits de violences volontaires et menaces remontent au 30 août 2025 au domicile de la victime, Marie-Josèphe Capinielli, avocate et conseillère municipale d’opposition.
- Fait 3 : Le ministère public a requis dix mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis probatoire de deux ans.
- Fait 4 : Le tribunal a mis sa décision en délibéré et rendra son jugement le 18 septembre 2026.
Une audience tendue au tribunal de Bastia
Le 3 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Bastia a jugé Antoine Guerrini, premier adjoint au maire de L’Île-Rousse, pour des faits de violences volontaires et de menaces. Selon Stampa Paese, l’audience s’est appuyée sur des témoignages, des photographies des blessures de la victime et un certificat médical. L’enquête avait été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Calvi.
Les débats ont duré plusieurs heures, en présence de la plaignante, Marie-Josèphe Capinielli, avocate de profession et élue d’opposition à la mairie de L’Île-Rousse. Son conseil a détaillé les séquelles physiques et psychologiques résultant de l’altercation survenue le 30 août 2025.
Les faits du 30 août 2025
Les faits reprochés à Antoine Guerrini se sont déroulés le 30 août 2025 au domicile de Marie-Josèphe Capinielli. Selon les éléments versés au dossier, l’élu aurait eu une violente altercation avec sa collègue d’opposition, dépassant le cadre d’une simple dispute verbale. La plainte, déposée rapidement après les faits, a été instruite par la brigade de recherches de Calvi.
La plaignante a fourni un certificat médical attestant de ses blessures, corroboré par des clichés photographiques présentés à l’audience. Les témoignages recueillis par les enquêteurs confortent la version de la conseillère municipale, qui décrit des violences physiques et des menaces.
La défense : un différend privé, pas politique
À la barre, Antoine Guerrini a plaidé un différend d’ordre privé, sans lien avec son mandat municipal. Selon Corse-Matin, il a reconnu une altercation mais en a minimisé la portée, insistant sur le contexte personnel de la relation entre les deux élus. Son avocat a plaidé la relaxe, estimant que les charges n’étaient pas suffisamment établies.
La défense a contesté la qualification de violences volontaires, arguant que l’échange verbal avait dégénéré sans intention de nuire. Le prévenu, qui comparaissait libre, a exprimé des regrets à l’égard de la victime, tout en maintenant sa version des faits.
Les réquisitions du parquet
Le ministère public a requis une peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans, assortie d’une obligation de soins, à l’encontre d’Antoine Guerrini. Le procureur a souligné la gravité des faits commis par un élu envers une autre élue, estimant que la fonction d’adjoint au maire imposait une exemplarité renforcée.
La peine requise inclut également une interdiction de paraître au domicile de la victime et une obligation d’indemniser le préjudice. Le tribunal a mis sa décision en délibéré et annoncera son jugement le 18 septembre 2026.
Contexte en Haute-Corse
L’Île-Rousse, commune touristique de la Balagne (environ 3 200 habitants), est dirigée par un maire divers droite. Ce procès intervient dans un climat politique local tendu, où les relations entre majorité et opposition sont souvent vives. En Haute-Corse, les affaires de violences impliquant des élus restent rares mais marquent les esprits quand elles surviennent.
Alors que l’été 2026 est marqué par des incendies dévastateurs à Canet-en-Roussillon et des violences urbaines à Lunéville, l’affaire Guerrini rappelle que les tensions peuvent aussi surgir dans les sphères politiques locales. Le département de la Haute-Corse, avec ses 180 000 habitants, connaît par ailleurs une forte médiatisation des conflits municipaux, notamment en période préélectorale.
Prochaine étape : Le tribunal correctionnel de Bastia rendra son jugement le 18 septembre 2026. D’ici là, Antoine Guerrini reste présumé innocent.