Vitraux de Notre-Dame : le démontage autorisé, les opposants préparent le recours

Le préfet d'Île-de-France a signé l'autorisation de démontage de six vitraux de Viollet-le-Duc, intacts depuis l'incendie de 2019, pour les remplacer par des œuvres de Claire Tabouret.

Vitraux de Notre-Dame : le démontage autorisé, les opposants préparent le recours
Illustration Julie Renault / info.fr

L'autorisation de démontage des vitraux historiques des chapelles sud de Notre-Dame a été affichée le 20 avril 2026. Les vitraux du XIXe siècle, classés monuments historiques, n'avaient pas été endommagés par l'incendie de 2019. L'association Sites & Monuments annonce un nouveau recours.

Le préfet d’Île-de-France Marc Guillaume a signé et affiché le 20 avril 2026 l’autorisation de démontage de six vitraux historiques des chapelles sud de Notre-Dame de Paris, selon Le Figaro. Ces vitraux, conçus par Eugène Viollet-le-Duc et réalisés par Alfred Gérente entre 1855 et 1865, sont classés monuments historiques. Ils sont sortis intacts de l’incendie d’avril 2019.

Ils doivent être remplacés par six créations contemporaines confiées à la peintre Claire Tabouret, 43 ans, résidant à Los Angeles. Son nom a été retenu en décembre 2024 à l’issue d’un concours organisé par l’établissement public Notre-Dame, en partenariat avec l’atelier Simon-Marq. Le projet a été initié par l’archevêque de Paris Mgr Laurent Ulrich et approuvé par Emmanuel Macron, au nom d’une volonté d’« inscrire Notre-Dame dans le XXIe siècle », selon le ministère de la Culture.

Un budget de 7 millions d’euros contesté

Le budget prévisionnel du projet est estimé à près de 7 millions d’euros hors muséographie, financé par l’État, selon une réponse publiée sur le site de l’Assemblée nationale. Ce montant fait débat alors que la restauration complète de la cathédrale nécessite encore 140 millions d’euros de dons supplémentaires, sur un total de plus de 840 millions déjà récoltés.

L’opposition est large. Une pétition lancée par La Tribune de l’Art et l’association Sites & Monuments a réuni plus de 335 000 signatures. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture avait émis un avis défavorable en juillet 2024. Stéphane Bern a déclaré au Figaro : « Je n’ai rien ni contre Claire Tabouret ni contre les vitraux contemporains […] Mais on ne peut pas enlever des vitraux classés Monument historique. » Les maquettes de Tabouret sont exposées au Grand Palais depuis le 8 décembre 2025.

La bataille judiciaire se poursuit

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Le Tribunal administratif de Paris a rejeté un premier recours de Sites & Monuments le 27 novembre 2025, validant la légalité du marché public. L’association a fait appel. L’affichage de l’autorisation préfectorale du 20 avril 2026 ouvre désormais un délai de recours de deux mois. Selon actu.fr, l’association prépare un nouveau référé devant le Tribunal administratif de Paris, au motif que le projet « va déséquilibrer le monument ».

Ce n’est pas la première fois que Notre-Dame se trouve au cœur d’un tel débat. En 1965-1966, des vitraux contemporains abstraits de Jacques Le Chevallier avaient déjà remplacé des grisailles de Viollet-le-Duc dans les fenêtres hautes de la nef, selon Le Parisien - un précédent qui avait lui aussi suscité des critiques à l’époque.

L’installation des nouveaux vitraux est prévue fin 2026. Les deux mois de délai de recours courent jusqu’à fin juin. Si aucune suspension n’est prononcée d’ici là, les travaux de démontage pourraient démarrer avant l’été.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

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