Vondroušová livre sa version après quatre ans de suspension : « Je n’ai pas refusé le contrôle »
Deux jours après l’annonce de sa suspension pour quatre ans, la Tchèque Markéta Vondroušová conteste la procédure dans un entretien choc accordé à iSport.
Suspendue quatre ans pour refus de contrôle antidopage, Markéta Vondroušová sort du silence. Dans une interview exclusive au média tchèque iSport, la lauréate de Wimbledon 2023 dénonce des vices de procédure et clame son innocence.
L’essentiel
- Fait 1 : L’ITIA a suspendu Markéta Vondroušová pour quatre ans le 22 juin 2026 pour refus de contrôle hors-compétition le 3 décembre 2025 à son domicile.
- Fait 2 : Dans une interview à iSport le 24 juin, la joueuse affirme que l’agente de contrôle n’a présenté aucune pièce d’identité ni lettre de mission, ce que cette dernière aurait reconnu à l’audience.
- Fait 3 : Un contrôle effectué trois jours après l’incident s’est révélé négatif, tout comme l’ensemble des tests de sa carrière.
- Fait 4 : La Fédération tchèque de tennis (CTS) a apporté son soutien public à la joueuse, qualifiant la sanction de « brutale ».
Ce que révèle l’interview exclusive de Markéta Vondroušová
Markéta Vondroušová n’a pas attendu longtemps pour briser le silence. Deux jours après l’annonce choc de sa suspension de quatre ans par l’International Tennis Integrity Agency (ITIA), la Tchèque de 26 ans a accordé un long entretien au média iSport, diffusé ce mercredi 24 juin. Elle y livre une version des faits radicalement différente de celle retenue par l’instance antidopage.
Le 3 décembre 2025, vers 20 heures, une agente de contrôle allemande se présente à son domicile. « Je ne me suis pas refusée au contrôle », martèle Vondroušová. Selon elle, l’agente n’a pas été en mesure de justifier sa mission. « Elle n’a présenté aucune pièce d’identité, ni lettre de l’ITIA, ni accréditation. » La joueuse affirme que lors de l’audience, l’agente aurait elle-même reconnu n’avoir montré aucun document officiel.
L’ancienne championne de Wimbledon 2023 explique avoir été terrorisée par la situation, renvoyée à une agression violente subie par sa compatriote Petra Kvitová à son domicile en 2016. « Je me suis sentie en danger. Une inconnue sonne chez moi le soir, elle me dit qu’elle doit me prélever du sang, mais elle ne peut prouver qui elle est. » La crise d’angoisse qui s’ensuit l’aurait conduite à refuser le prélèvement, un refus qu’elle juge aujourd’hui « légitime » au regard des circonstances.
Les arguments de la défense : procédure contestée et formulaire obsolète
Au-delà du choc émotionnel, Vondroušová soulève plusieurs vices de procédure. Elle révèle avoir signé un formulaire de refus que l’agente lui a présenté. Or, ce document mentionnait une peine maximale de deux ans de suspension, contre les quatre ans finalement infligés. « J’ai signé un papier qui parlait de deux ans maximum. Aujourd’hui on me donne quatre ans. C’est incohérent », dénonce-t-elle.
La joueuse insiste sur un autre point : un contrôle antidopage a été réalisé trois jours après cet incident, le 6 décembre 2025, et s’est révélé entièrement négatif. De même, l’intégralité des tests effectués tout au long de sa carrière - y compris pendant sa victoire à Wimbledon en 2023 - n’a jamais montré la moindre trace de substance interdite. « Je n’ai jamais triché. Ma carrière est irréprochable », affirme-t-elle sur son compte Instagram, publiant une capture d’écran de ses résultats négatifs.
Le clan Vondroušová envisage déjà un recours. L’avocat de la joueuse a confirmé qu’un appel serait déposé devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans les délais impartis. « La régularité de la procédure est au cœur de notre argumentaire », a-t-il indiqué à iSport.
Le soutien de la Fédération tchèque et les conséquences sur sa carrière
La Fédération tchèque de tennis (CTS) a rapidement réagi. Dans un communiqué, elle qualifie la sanction de « brutale et disproportionnée » et annonce son soutien actif à la joueuse. « Nous allons l’accompagner dans toutes les démarches juridiques pour rétablir la vérité », a déclaré son président. La CTS estime que les circonstances de l’incident n’ont pas été suffisamment prises en compte.
Sur le plan sportif, cette suspension - qui court jusqu’au 21 juin 2030 - compromet gravement la carrière de la Tchèque. À 26 ans, elle perdrait quatre ans de sa vie de compétition, au sommet de son âge de maturité. Vondroušová, qui avait connu une remontée au classement après des blessures récurrentes, devra attendre ses 31 ans pour rejouer si la suspension est maintenue. « J’ai encore du tennis à donner, mais ce n’est plus moi qui décide », confie-t-elle, amère.
Ce n’est pas la première fois que le tennis féminin est secoué par une affaire de contrôle antidopage contestée. D’autres cas, comme celui de la Française Marion Bartoli, avaient soulevé des questions sur la rigueur des procédures de l’ITIA.
Contexte dans le département de Paris
Si l’affaire se joue loin de la France, elle trouve un écho particulier à Paris, capitale mondiale du tennis. Roland-Garros, où Vondroušová a atteint la finale en 2019 (perdue face à Ashleigh Barty), est le théâtre de nombreux contrôles antidopage chaque année. La Fédération française de tennis (FFT), basée à Paris, applique les mêmes règles strictes de l’ITIA. Les joueurs français, comme Caroline Garcia ou Gaël Monfils, s’entraînent régulièrement dans les clubs parisiens (Racing, Stade Français) et sont soumis aux mêmes obligations de localisation. Le débat sur les droits des joueurs face aux contrôles hors-compétition est régulièrement relancé dans les coulisses du tournoi parisien. La décision du TAS, attendue dans les mois à venir, pourrait faire jurisprudence en France.
Par ailleurs, la capitale accueille cet été l’Euro de natation, un autre événement où les questions d’intégrité et de contrôle antidopage sont cruciales. L’affaire Vondroušová rappelle que le sport de haut niveau, quelle que soit la discipline, est sous haute surveillance.
La balle est désormais dans le camp du TAS. La joueuse a annoncé qu’elle attendrait la décision avant d’envisager une reconversion. En attendant, la communauté tennis retient son souffle.