Vuelta 2026 : Pogačar hésite, Roglič fonce vers un 5e titre historique
Entre l'incertitude Pogačar et l'absence de stars, la liste des engagés fait polémique
La liste de départ de la Vuelta 2026 fait grincer pas de Vingegaard, pas d'Evenepoel, et Pogačar qui tergiverse. Face à cette désertification, un seul nom brille Primož Roglič, qui vise un cinquième titre record.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Le calendrier UCI condamne-t-il la Vuelta à être le Grand Tour de seconde zone ?
Placée après le Tour et avant les Mondiaux, la course espagnole paie structurellement sa position : les stars visent l'arc-en-ciel, les rescapés du Tour ont besoin de récupération.
Un parcours brutal peut-il compenser l'absence de stars ?
Avec 58 000 m de dénivelé et sept arrivées au sommet, les organisateurs misent tout sur la difficulté pour générer du spectacle et maintenir l'intérêt médiatique.
Roglič peut-il entrer dans l'histoire avec un 5e titre record ?
Le Slovène vise un palmarès unique sur la Vuelta, ce qui pourrait suffire à légitimer l'édition malgré le plateau affaibli.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Score ProCyclingStats de 394, l'un des plus faibles enregistrés pour un Grand Tour
- Tadej Pogačar hésite toujours, priorité donnée aux Mondiaux de cyclisme
- Primož Roglič seul favori crédible confirmé, vise un cinquième titre record
- Parcours brutal 58 000 m de dénivelé positif et 7 arrivées au sommet pour compenser
- Absences notables Vingegaard et Evenepoel ne sont pas annoncés
Sur les réseaux, le compte spécialisé La Flamme Rouge a lâché le mot: « parmi les plus faibles jamais vus ». La liste de départ de la Vuelta 2026 - qui s’élancera de Monaco le 22 août pour rejoindre Grenade le 13 septembre - fait grincer. Pas de Vingegaard, pas d’Evenepoel annoncé, et Tadej Pogačar qui tergiverse.
Le Slovène, quintuple vainqueur du Tour de France - a posé ses conditions après son triomphe du 26 juillet: « Si la Vuelta commençait demain, je dirais probablement non, mais j’ai encore quelques semaines pour décider ». En clair: il hésite. L’organisateur se raccroche à l’espoir: « Ils ne nous ont pas encore dit non ».
Cette posture optimiste masque mal l’impasse. Quand un organisateur se raccroche au « pas encore non », c’est que le « oui » n’est plus d’actualité. On joue la montre médiatique, espérant qu’un engagement tardif de Pogačar sauve la face. Mais les déclarations du Slovène (« probablement non » ) contredisent frontalement cet espoir affiché. Dans le cyclisme diplomatique, ce décalage signifie surtout qu’on ne sait rien.
Roglič seul favori crédible
Face à cette incertitude, un seul nom brille: Primož Roglič. Le coureur de Red Bull, Bora, Hansgrohe vise un cinquième titre record sur le Tour d’Espagne. Quadruple vainqueur de l’épreuve - il est l’un des rares à avoir confirmé sa présence sans ambiguïté. En fin de carrière, il chasse l’histoire. Autour de lui: João Almeida - qui a fait de la Vuelta son objectif principal après avoir manqué le Giro pour raisons de santé, et une poignée de coureurs de second rang.
Les listes provisoires alignent Mattias Skjelmose, Mads Pedersen, Felix Gall. Des noms solides. Pas des stars. Carlos Rodríguez - Enric Mas - Wout van Aert complètent un plateau respectable mais sans éclat. Le score de qualité ProCyclingStats parle de lui-même: 394 - l’un des plus faibles enregistrés pour un grand tour ces dernières années.
Un parcours brutal pour compenser
La direction de course mise tout sur la difficulté. Le tracé 2026 promet d’être « l’une des plus brutales de l’histoire »: 3 310 km répartis sur 21 étapes - avec 58 000 mètres de dénivelé positif et sept arrivées au sommet. Un contre-la-montre inaugural de 9 km à Monaco lancera les hostilités. L’idée: que le parcours fasse le spectacle si les coureurs ne le font pas.
Vingt-trois équipes sont engagées: les 18 WorldTour et cinq invitées (Tudor, Q36.5, Cofidis, Burgos-BH, Kern Pharma ). Julian Alaphilippe fait partie des noms annoncés, mais sa dernière grande victoire remonte à loin.
Ce que personne ne dit
Le plateau faible cache une réalité: la Vuelta paye le calendrier. Placée fin août, elle arrive après le Tour et avant les Mondiaux. Les coureurs qui visent l’arc-en-ciel (comme Pogačar) ne peuvent pas se permettre trois semaines en Espagne. Ceux qui ont tout donné sur le Tour (comme Vingegaard ou Evenepoel) ont besoin de souffler. Résultat: la Vuelta devient la course des coureurs sans autre option majeure ou des chasseurs de record (Roglič).
Cette année, c’est le plateau qui pose problème avant même le départ. La direction de course espère toujours un « plateau étoilé », mais les faits parlent: pour l’instant, c’est surtout un plateau troué.
Le départ sera donné dans trois semaines. Pogačar a jusqu’à fin juillet pour trancher. S’il décline, la Vuelta 2026 entrera dans l’histoire comme l’une des éditions les plus faibles en stars du XXIe siècle. Score ProCyclingStats à l’appui.