Washington et Rabat créent un centre de formation militaire aux drones à Tan-Tan

L'AFRICOM et les Forces armées royales marocaines ont signé un protocole d'accord le 15 juillet pour installer un pôle d'entraînement tactique opérationnel d'ici 2030

Washington et Rabat créent un centre de formation militaire aux drones à Tan-Tan
Illustration Yasmine Alaoui / info.fr
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Les États-Unis et le Maroc ont officialisé la création de l'Africa Multidomain Training and Experimentation Center (AMTEC) à Tan-Tan. Ce centre formera les armées africaines à l'utilisation de drones et aux technologies émergentes face à la menace terroriste au Sahel.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le 15 juillet 2026, l'AFRICOM et les Forces armées royales marocaines ont signé un protocole d'accord à Stuttgart pour créer le centre AMTEC.
  • Le centre sera implanté à Tan-Tan, sur la côte sud-ouest du Maroc, avec une ouverture opérationnelle prévue d'ici 2030.
  • L'AMTEC comprendra une zone d'entraînement multidomaine, une académie de drones et un centre d'innovation technologique.
  • Des formations préliminaires sur drones ont eu lieu en mai 2026 à Agadir lors de l'exercice African Lion 26.
4 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 15 juillet à 20:08

Le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) et les Forces armées royales marocaines ont signé le 13 juillet 2026 à Stuttgart un mémorandum d’entente pour créer l’Africa Multidomain Training and Experimentation Center (AMTEC). Implanté à Tan-Tan, sur la façade atlantique sud du royaume, ce centre militaire doit devenir opérationnel d’ici 2030.

L’accord formalise un partenariat stratégique entre Washington et Rabat dans un contexte de montée des menaces terroristes en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Selon l’AFRICOM, le centre répondra à l’expansion des réseaux djihadistes dans une région où l’aide antiterroriste internationale s’est réduite ces dernières années.

Un pôle organisé en trois composantes

Le centre s’articulera autour de trois structures distinctes, selon les précisions données par l’AFRICOM. Une zone d’entraînement multidomaine permettra aux forces partenaires d’opérer sur l’ensemble du spectre électromagnétique, dans des environnements contestés où les communications sont brouillées ou saturées.

L’académie de drones formera les troupes africaines à l’utilisation tactique de petits systèmes aériens sans pilote. Elle enseignera également la gestion sécurisée de l’espace aérien pour éviter les collisions et les intrusions non autorisées.

Le centre d’innovation et d’expérimentation testera des équipements de défense à bas coût et évolutifs, a précisé le général Dagvin R.M. Anderson, commandant de l’AFRICOM. L’objectif affiché consiste à adapter les technologies militaires aux contraintes budgétaires et opérationnelles des armées africaines.

Tan-Tan, porte du Sahara atlantique

La ville de Tan-Tan, située à environ 280 kilomètres au sud d’Agadir, accueillera les infrastructures du centre. Cette localité de près de 75 000 habitants occupe une position charnière entre les provinces du sud marocain et la frontière mauritanienne.

Son emplacement géographique et sa proximité avec les zones sahéliennes en font un site logistique adapté aux exercices militaires de grande ampleur. La région dispose déjà d’infrastructures utilisées lors des manœuvres conjointes menées chaque année par le Maroc et ses partenaires internationaux.

Contexte dans la région

Le Maroc accueille depuis 2004 l’exercice African Lion, la plus importante manœuvre militaire conjointe organisée par les États-Unis en Afrique. En mai 2026, des formations préliminaires sur l’usage de drones ont eu lieu à Agadir dans le cadre de l’édition African Lion 26, selon l’AFRICOM.

Ces sessions ont servi de test avant la signature du protocole officiel. Elles ont réuni des unités américaines, marocaines et d’autres pays africains partenaires autour de scénarios tactiques impliquant des systèmes aériens sans pilote.

Le Maroc renforce ainsi son rôle de plateforme régionale pour la coopération sécuritaire en Afrique du Nord. Le royaume entretient des liens militaires étroits avec Washington depuis plusieurs décennies, notamment dans le partage de renseignement et la lutte antiterroriste.

Une réponse à la montée du terrorisme au Sahel

La création de l’AMTEC intervient alors que les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique ont étendu leur présence au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Selon le Council on Foreign Relations, l’aide internationale en matière de lutte antiterroriste a diminué en Afrique de l’Ouest après les coups d’État militaires survenus dans plusieurs pays de la zone.

Les États-Unis cherchent à maintenir leur influence militaire sur le continent africain face à la progression de la Russie et de la Chine dans la région. Le partenariat avec le Maroc leur offre une base stable et un allié fiable dans une zone en pleine recomposition géopolitique.

Prochaine étape

Les travaux de construction des infrastructures de l’AMTEC doivent débuter dans les prochains mois. L’ouverture opérationnelle complète du centre est prévue à l’horizon 2030, selon le calendrier annoncé par l’AFRICOM lors de la signature du protocole.

Yasmine
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Sources

Yasmine Alaoui

Yasmine Alaoui

Yasmine Alaoui est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Rabat. basée sur place, Elle couvre l'actualité de le Maroc pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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