Wimbledon 2026 : les stars du tennis limitent leurs conférences de presse, le bras de fer s’intensifie
Menés par Sinner, Sabalenka et Gauff, les joueurs réduisent leurs obligations médias à 15 minutes par jour pour dénoncer la répartition des revenus des Grands Chelems.
À la veille de Wimbledon, le conflit entre les joueurs et les instances s'aggrave. Les têtes d'affiche limiteront leurs conférences de presse à un quart d'heure durant la première semaine, en écho à leur revendication d'un partage des recettes fixé à 16 %. Une action collective inédite qui prolonge celle de Roland-Garros.
L’essentiel
- Fait 1 : Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et Coco Gauff réduisent leurs obligations médias à 15 minutes par jour lors de la première semaine de Wimbledon (29 juin-5 juillet).
- Fait 2 : Les joueurs réclament 16 % des recettes à Wimbledon, soit environ 71 millions de livres.
- Fait 3 : Le All England Club a annoncé une dotation record de 64,2 millions de livres, inférieure de 7 millions aux exigences du collectif.
- Fait 4 : L’action fait suite à une première restriction de parole lors de la journée des médias de Roland-Garros en mai dernier.
- Fait 5 : Les joueurs sont conseillés par Larry Scott, ancien patron de la WTA.
Le gazon londonien n’est pas seulement le théâtre des plus belles envolées tennistiques : il devient aussi le terrain d’un bras de fer historique entre les joueurs et les institutions. À la veille de Wimbledon, qui se déroule du 29 juin au 12 juillet, les principales têtes d’affiche ont décidé de limiter leurs conférences de presse à 15 minutes quotidiennes durant la première semaine. Une action collective menée par Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et Coco Gauff, qui prolonge la mobilisation amorcée à Roland-Garros en mai dernier.
Une limite de 15 minutes hautement symbolique
Ce quart d’heure n’a pas été choisi au hasard. Il symbolise le pourcentage des recettes des tournois du Grand Chelem que les joueurs estiment percevoir sous forme de dotations : environ 15 %, un taux jugé insuffisant. Selon les informations de The Guardian, les têtes d’affiche entendent ainsi maintenir la pression sur le All England Club, alors que les négociations sur la répartition des revenus piétinent.
Le mouvement a été coordonné via un collectif informel, conseillé par Larry Scott, l’ancien patron de la WTA. Les joueurs ne se contentent pas d’une simple protestation : ils avancent des revendications chiffrées. Ils réclament un partage des revenus fixé à 16 % des recettes, soit environ 71 millions de livres pour le seul tournoi londonien, contre 14,4 % actuellement reversés par le club, selon L’Équipe.
Des revendications qui dépassent le simple partage des gains
Au-delà de la dotation, les joueurs demandent la mise en place d’un fonds d’aide sociale permettant de couvrir les frais de santé et les retraites des athlètes, ainsi qu’un conseil officiel qui les représenterait dans les instances. Ces demandes sont portées depuis plusieurs mois par le collectif, qui a choisi le cadre des Grands Chelems pour exercer une pression maximale.
Novak Djokovic, bien que n’ayant pas participé au premier boycott des médias à Roland-Garros, a apporté son soutien public à cette cause, rapporte Sporting Tribune. Le Serbe, figure influente du circuit, voit dans cette mobilisation un moyen de rééquilibrer le rapport de force avec les organisateurs.
La réponse prudente du All England Club
De son côté, la présidente du All England Club, Deborah Jevans, a opposé une fin de non-recevoir à l’indexation des dotations sur les revenus bruts. Invoquant le statut à but non lucratif du club, elle a déclaré dans The Mirror que Wimbledon « ne peut pas s’engager sur une formule de partage basée sur les recettes, car cela remettrait en cause notre modèle de redistribution vers le développement du tennis britannique ». Le club a néanmoins annoncé une dotation record de 64,2 millions de livres, en hausse par rapport à 2025, mais toujours inférieure de près de 7 millions aux exigences du collectif.
Un précédent à Roland-Garros
Ce n’est pas la première fois que les joueurs utilisent l’arme médiatique. En mai dernier, lors de la journée des médias précédant Roland-Garros, plusieurs têtes d’affiche avaient déjà réduit leurs interventions à quelques minutes, une action passée relativement inaperçue du grand public mais qui avait servi de répétition générale. Cette fois, le mouvement est plus structuré et mieux communiqué, avec un calendrier précis pour la première semaine du tournoi londonien.
Selon une dépêche de l’AFP, les joueurs espèrent que cette restriction de parole forcera les organisateurs à revenir à la table des négociations avant le début de la deuxième semaine, moment où les enjeux sportifs deviennent plus cruciaux et où les conférences de presse des matchs à élimination directe sont plus suivies.
Contexte dans la Sarthe
Si Wimbledon se joue à des milliers de kilomètres, le département de la Sarthe n’est pas étranger à ce mouvement. Avec ses nombreux clubs - du Mans Tennis Club aux structures associatives locales - le territoire compte plusieurs centaines de licenciés qui suivent de près l’actualité du circuit professionnel. « Ici, on regarde ce conflit avec attention, car il touche à la reconnaissance du métier de joueur », confie un entraîneur du Mans sollicité par info.fr. La Sarthe, qui a vu émerger quelques espoirs régionaux ces dernières années, mesure l’impact que pourrait avoir une revalorisation des dotations sur les filières de formation. « Si les joueurs gagnent mieux leur vie, cela peut redonner de l’attractivité au tennis de haut niveau dans nos départements », ajoute-t-il. Un enjeu local qui rejoint le combat national.
Prochaine étape : la deuxième semaine de Wimbledon
La restriction des conférences de presse est prévue pour la première semaine du tournoi, du 29 juin au 5 juillet. Passé ce délai, les joueurs pourraient lever leur mot d’ordre ou au contraire l’étendre, en fonction des réactions du All England Club. Les prochains jours seront décisifs : si la direction de Wimbledon accepte de renégocier, le mouvement pourrait s’apaiser ; sinon, il pourrait marquer un tournant dans l’histoire des relations entre joueurs et Grands Chelems. Une chose est sûre : les projecteurs ne seront pas uniquement braqués sur le court central.
Pour en savoir plus sur le contexte de ce bras de fer, retrouvez notre précédent article : Wimbledon 2026 : les stars du tennis limitent leurs obligations médias, bras de fer avec les Grands Chelems.
Sources
- The Guardian : Wimbledon 2026: top players limit press to 15 minutes in Grand Slam revenue protest
- L'Équipe : Les joueurs limitent leurs conférences de presse à Wimbledon
- Sky News : Wimbledon 2026: Top tennis stars in media protest over prize money
- The Mirror : Wimbledon president refuses to link prize money to revenue