Wimbledon 2026 : zéro Français en deuxième semaine, le tennis tricolore dans l’impasse
Pour la première fois depuis 2019, aucun joueur ou joueuse française n'a passé le cap du troisième tour à Wimbledon. Un bilan qualifié de « maigre, mais sans surprise » par l'entraîneur national.
Aucun Français en simple ne disputera la deuxième semaine de Wimbledon 2026. Le dernier représentant, Arthur Rinderknech, a cédé face à Novak Djokovic le 3 juillet. L'ironie veut que le seul joueur d'origine française encore en lice, Arthur Féry, porte les couleurs britanniques.
L’essentiel
- Bilan tricolore vide : aucun joueur ou joueuse française en simple n’a atteint les huitièmes de finale à Wimbledon 2026.
- Dernier espoir éteint : Arthur Rinderknech s’est incliné face à Novak Djokovic le 3 juillet au troisième tour (7-5, 6-4, 1-6, 7-6 [7-4]).
- Têtes de série déchues : Arthur Fils (n°20) a été sorti dès le deuxième tour par Matteo Berrettini, et Ugo Humbert (n°27) a chuté au premier tour face à Zizou Bergs.
- Double dames sans éclat : les quatre Françaises engagées n’ont pas dépassé le deuxième tour, Léolia Jeanjean étant la dernière éliminée par Daria Snigur.
- Un Français… britannique : Arthur Féry, né à Sèvres, est le seul joueur d’origine française en lice en deuxième semaine, mais il représente la Grande-Bretagne.
Une traversée du désert sur le gazon londonien
Le tournoi de Wimbledon 2026 restera comme une édition noire pour le tennis français. Pour la première fois depuis 2019, aucun représentant tricolore n’a réussi à se hisser en deuxième semaine de la compétition en simple. La défaite d’Arthur Rinderknech face au Serbe Novak Djokovic, le 3 juillet, a définitivement scellé ce constat amer. Selon L’Équipe, le joueur français a pourtant opposé une belle résistance avant de s’incliner en quatre sets sur le court central.
Le parcours des têtes de série françaises avait déjà laissé entrevoir le pire. Arthur Fils, numéro 1 français et 20e mondial, n’a pas survécu au deuxième tour, battu par l’Italien Matteo Berrettini. Plus tôt, Ugo Humbert, classé 27e tête de série, avait été éliminé dès son entrée en lice par le Belge Zizou Bergs. « On a vu des joueurs en dedans, pas capables de hausser leur niveau dans les moments importants », a commenté un observateur sur le réseau X, repris par Eurosport.
Côté dames, le même constat
Chez les femmes, le tableau n’est guère plus réjouissant. Les quatre Françaises engagées dans le tableau principal n’ont pas réussi à franchir le cap du deuxième tour. Léolia Jeanjean a été la dernière à plier, battue par Daria Snigur. Aucune victoire marquante n’est à signaler, et la meilleure chance tricolore, le film de la quinzaine s’arrête bien avant l’heure des huitièmes. L’entraîneur national Laurent Raymond a qualifié ce bilan de « maigre, mais sans surprise », comme le rapporte Tennis Temple.
L’ironie Arthur Féry : un Français sous le maillot britannique
Symbole cruel de cette désillusion, le seul joueur d’origine française encore en lice à ce stade du tournoi porte les couleurs de la Grande-Bretagne. Arthur Féry, né le 12 juillet 2002 à Sèvres (Hauts-de-Seine), a grandi à Londres et a choisi de représenter le Royaume-Uni. Classé 114e mondial, il a créé la surprise en atteignant les huitièmes de finale, son meilleur résultat en Grand Chelem. Son parcours, entamé grâce à une wild card, force le respect : il a éliminé successivement Damir Džumhur, Otto Virtanen et Zizou Bergs, ce dernier au terme d’un match marathon de cinq sets le 4 juillet.
Contexte dans le tennis français
Ce bilan à Wimbledon s’inscrit dans une tendance plus large de fragilité du tennis tricolore au plus haut niveau. Aucun joueur français n’a remporté un tournoi du Grand Chelem en simple depuis Yannick Noah en 1983. Dans le top 50 ATP, ils ne sont plus que trois, et le réservoir de jeunes talents peinent à confirmer sur le gazon, surface exigeante qui requiert une adaptation spécifique. « On n’a pas su préparer nos joueurs à cette surface », confiait récemment un entraîneur fédéral sous couvert d’anonymat à Flashscore. L’ironie de voir un binational réussir là où les joueurs formés en France échouent interroge sur les choix de carrière et les structures de formation.
Prochaine étape : la saison sur dur américaine et l’US Open, où les Français tenteront de redorer un blason sérieusement écorné sur le gazon londonien.