Wimbledon 2026 : zéro Français en deuxième semaine, le tennis tricolore s’interroge
Les trois Français engagés dans le tableau masculin ont tous été éliminés avant les huitièmes de finale, confirmant les difficultés structurelles du tennis français en Grand Chelem.
Arthur Rinderknech, dernier Tricolore en lice, a cédé face à Novak Djokovic au troisième tour de Wimbledon le 3 juillet. Avec les défaites précoces d'Ugo Humbert et Arthur Fils, la France signe un nouveau Grand Chelem sans joueur en deuxième semaine. Un constat partagé par les observateurs.
L’essentiel
- Aucun Français en deuxième semaine : pour la quatrième fois lors des six dernières éditions, Wimbledon se termine pour les Tricolores dès le troisième tour.
- Arthur Rinderknech, dernier rescapé : éliminé le 3 juillet 2026 par Novak Djokovic au troisième tour (6-3, 6-4, 6-2).
- Deux têtes de série déchues : Ugo Humbert (n°27) battu au premier tour par Zizou Bergs, Arthur Fils (n°20) sorti au deuxième tour par Matteo Berrettini.
- Un bilan qualifié de « maigre » : Laurent Raymond, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, n’a pas caché sa déception.
Trois têtes de série, aucune victoire de prestige
L’édition 2026 de Wimbledon a tourné court pour le tennis masculin français. Têtes de série numéros 20 et 27, Arthur Fils et Ugo Humbert n’ont pas passé le cap des deux premiers tours. Le 30 juin, Humbert s’inclinait d’entrée face au Belge Zizou Bergs (1-6, 6-3, 6-7, 6-3, 6-4). Deux jours plus tard, Fils cédait sur le Court Central devant l’Italien Matteo Berrettini (6-7, 6-4, 7-6, 6-4). Restait Arthur Rinderknech, dernier espoir. Le 3 juillet, il a buté sur Novak Djokovic en trois sets secs (6-3, 6-4, 6-2), soldant un bilan collectif vierge en deuxième semaine.
Un « maigre » bilan, selon l’encadrement tricolore
Interrogé par L’Équipe, Laurent Raymond, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, a dressé un constat sans détour : « Le bilan est maigre, on ne va pas se cacher. » Tout en rappelant que « les résultats en Grand Chelem sont le reflet d’un classement ATP qui ne place aucun Français dans le top 20 ». Selon Eurosport, cette édition 2026 marque la quatrième fois lors des six dernières éditions de Wimbledon qu’aucun joueur ou joueuse français ne rallie la deuxième semaine. Un chiffre qui interroge sur l’état de santé de la filière tricolore.
Contexte dans l’Essonne : Arthur Fils, l’espoir déçu
Parmi les trois déçus, l’Essonne suit avec attention le parcours d’Arthur Fils. Né à Bondoufle, le joueur de 22 ans (tête de série n°20) était l’un des plus sérieux espoirs du tennis français. Son élimination prématurée face à Matteo Berrettini est perçue comme un coup d’arrêt dans sa progression. Le département, qui compte plusieurs clubs de tennis de haut niveau, espérait voir son jeune talent briller sur le gazon londonien. « C’est une déception, mais Arthur a l’âge et le talent pour rebondir », tempère un dirigeant du club de Bondoufle, joint par info.fr.
Cette absence de représentation française dans le dernier carré londonien s’inscrit dans un contexte sportif national contrasté. Pendant que le Tour de France 2026 bat son plein, avec des performances françaises en vue, le tennis tricolore accumule les désillusions en Grand Chelem. Et alors que le Maroc réalise un exploit historique au Mondial, la France cherche encore la formule pour retrouver les sommets du tennis mondial.
Une tendance de fond en Grand Chelem
Au-delà de Wimbledon, c’est l’ensemble des tournois majeurs qui pose question. L’absence de Tricolores dans le top 20 ATP - une première depuis plusieurs décennies - se traduit par des parcours de plus en plus courts dans les Majeurs. Les observateurs pointent un manque de profondeur de banc et une difficulté à former des joueurs capables de rivaliser sur tous les terrains. Laurent Raymond évoque « un travail de fond à mener dans les clubs et les structures fédérales ».
La prochaine échéance est l’US Open, fin août. Les têtes d’affiche françaises tenteront d’y inverser la tendance. Mais le chemin semble long.