Tennis féminin : la WTA impose le test génétique SRY à toutes les joueuses
Dès juillet 2026, le circuit professionnel exige un dépistage ADN unique pour autoriser la compétition
La WTA bascule du seuil de testostérone au test génétique SRY, effectif depuis le 1er juillet 2026. Aucune femme transgenre n'est présente sur le circuit.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Rupture avec le critère de testostérone
La WTA abandonne le seuil hormonal de 2,5 nmol/L maintenu 24 mois pour un test génétique unique et irréversible.
Alignement sur les fédérations olympiques
World Athletics impose le test SRY depuis septembre 2025, le CIO l'annonce pour les JO 2028. Le tennis professionnel suit le mouvement.
Juridiction conservatrice en Floride
La politique de 2026 est ancrée en Floride, juridiction réputée plus conservatrice que New York, où s'appliquait l'ancien cadre.
Absence de joueuses transgenres connues
Aucune femme transgenre n'est recensée sur le circuit professionnel. La mesure s'applique à toutes sans cas concret public.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1976
Renée Richards exclue de l'US Open
Femme transgenre refusée sans test chromosomique
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1977
Victoire judiciaire de Richards
Obtient le droit de jouer sans test
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sept. 2025
World Athletics impose le test SRY
Applicable dès les Mondiaux de Tokyo
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déc. 2025
Sabalenka dénonce l'ancien cadre WTA
Qualifie les règles de testostérone d'injustes
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mars 2026
CIO annonce le test SRY pour 2028
Applicable aux Jeux Olympiques de Los Angeles
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1er juil. 2026
Entrée en vigueur du test SRY à la WTA
Toutes les joueuses doivent se soumettre au dépistage génétique
Le contrat arrive par courrier. Une clause nouvelle, glissée entre les obligations de sponsoring et les règles antidopage: toute joueuse du circuit WTA doit désormais se soumettre à un test génétique de recherche du gène SRY. Prélèvement buccal ou sanguin, une seule fois dans la carrière. Refus = inéligibilité. La mesure prend effet le 1er juillet 2026.
La Women’s Tennis Association devient la première ligue sportive professionnelle féminine indépendante à imposer un dépistage génétique obligatoire à toutes ses athlètes. L’administration du programme est confiée à Phuel Sports Science - une entreprise basée au Colorado. Le test recherche le gène SRY, typiquement présent sur le chromosome Y et déclencheur du développement des testicules. La WTA qualifie cette présence de « proxy fiable pour déterminer le sexe biologique ».
Une joueuse doit obtenir un résultat négatif pour concourir. Si le test est positif, l’accès au circuit est fermé, sauf preuve d’un « syndrome d’insensibilité complète aux androgènes (CAIS) ou d’un autre trouble du développement sexuel qui signifie qu’elle n’a jamais subi les effets physiologiques de la mini-puberté masculine ou de la puberté masculine adolescente ». L’évaluation médicale approfondie dans ce cas relève du WTA Medical Manager.
Aryna Sabalenka avait dénoncé l’ancien système
La politique de 2026 remplace l’ancien cadre, basé sur un seuil de testostérone sanguin inférieur à 2,5 nmol/L maintenu pendant vingt-quatre mois consécutifs. En décembre 2025 - Aryna Sabalenka avait qualifié ces règles d’« injustes » - estimant que les athlètes nées hommes conservent un avantage physique même après une transition.
La WTA justifie le changement par la volonté de « préserver l’intégrité du tennis professionnel féminin et de maintenir des conditions de compétition équitables pour toutes les joueuses participant aux tournois WTA ». Elle précise que la politique « distingue le sexe biologique et l’identité de genre, ainsi que les femmes biologiques et les hommes biologiques, uniquement dans la mesure nécessaire pour garantir que la politique est claire et produit l’effet escompté » - et affirme qu’il n’y a aucune intention de « manquer de respect ou de remettre en question l’identité de genre ou la dignité de quiconque ».
Un changement de juridiction stratégique
La politique de 2026 est « ancrée en Floride » - où les tribunaux pourraient être « considérablement plus conservateurs sur cette question ». Ben Rothenberg - journaliste qui couvre le tennis pour Bounces, a révélé l’envoi de contrats aux joueuses pour exiger ce dépistage génétique.
Aucune femme transgenre connue n’est actuellement active sur le circuit professionnel féminin de tennis. La mesure intervient dans un contexte où d’autres instances sportives ont déjà franchi le pas: World Athletics impose le test SRY depuis le 1er septembre 2025 - applicable dès les Mondiaux de Tokyo du 13 au 21 septembre 2025. Le Comité International Olympique a annoncé en mars 2026 une politique similaire pour les Jeux de Los Angeles en 2028.
Renée Richards, le précédent de 1976
Le tennis connaît cette controverse depuis longtemps. En 1976 - Renée Richards - femme transgenre, s’était vue refuser la participation à l’US Open si elle ne se soumettait pas à un test chromosomique. Elle avait intenté une action en justice et obtenu le droit de jouer sans ce test en 1977. Cinquante ans plus tard, le circuit fait le chemin inverse.
Sebastian Coe et le « plafond de verre biologique »
Sebastian Coe - président de World Athletics, a soutenu l’importance de s’assurer que les femmes participant au sport croient qu’il n’y a pas de « plafond de verre biologique ». L’expression résume l’argumentaire des fédérations: sans critère biologique strict, les athlètes féminines verraient leurs performances rendues inaccessibles par des corps développés sous testostérone masculine.
La WTA n’a pas publié de données sur le taux d’adhésion des joueuses. Les contrats ont été envoyés, les tests commencent. Aucun recours juridique n’a été intenté à ce jour.
Sources
- World Athletics - SRY Gene Test for Athletes in Female Category
- Reuters - World Athletics mandates gene test for female category eligibility
- Olympics.com - IOC announces new policy on protection of female category
- WTA Gender Participation Policy (PDF)
- Ben Rothenberg - WTA Require Genetic Sex Tests
- Wikipedia - Sex verification in sports
- Tennis Up To Date - WTA enforces genetic sex testing