XV de France : le casse-tête logistique des Bleus avant le départ pour l’Australie
Deux vols séparés, des forfaits de dernière minute, treize renforts le groupe France s'envole mardi 23 juin pour Brisbane dans des conditions inédites.
Le XV de France quitte ce mardi 23 juin le Centre national du rugby de Marcoussis pour l'Australie, où il disputera le Championnat des Nations. Ce départ est marqué par un double vol, des forfaits de poids et une valse d'appels en renfort.
L’essentiel
- Fait 1 : Le XV de France s’envole ce mardi 23 juin pour l’Australie via deux vols distincts, contraint par la capacité limitée de l’avion affrété et le calendrier du Top 14.
- Fait 2 : Le troisième ligne Grégory Alldritt et le troisième ligne Paul Boudehent sont forfaits sur blessure (déchirures musculaires), remplacés par treize renforts appelés le 21 juin.
- Fait 3 : Les Bleus débutent leur tournée le 4 juillet contre la Nouvelle-Zélande à Christchurch, puis affrontent l’Australie le 11 juillet à Brisbane.
Deux avions pour Brisbane
Alors que l’équipe de France de rugby s’apprête à disputer le Championnat des Nations en Australie, le simple transport du groupe est devenu un exercice de haute voltige. Ce mardi 23 juin, les Bleus ne prendront pas un seul vol charter, mais deux appareils distincts. La raison ? La capacité de l’avion affrété, trop juste pour emmener l’ensemble du staff élargi et des joueurs, mais surtout le calendrier serré du Top 14. Plusieurs internationaux sont encore engagés en championnat : Antoine Dupont, par exemple, disputera la finale le 27 juin avant de rejoindre le groupe en cours de tournée. Selon les informations du Figaro, le sélectionneur Fabien Galthié a dû fractionner le départ pour permettre aux clubs de libérer leurs joueurs au compte-gouttes.
Ce dispositif inédit suscite des interrogations sur la cohésion du groupe. Les premiers arrivés à Brisbane devront s’entraîner sans les retardataires, tandis que les derniers à poser le pied en Australie risquent un décalage horaire mal géré. Le staff médical et les préparateurs physiques ont prévu des protocoles spécifiques pour limiter la casse.
Forfaits et dernière minute
Côté sportif, le casse-tête est tout aussi complexe. Le capitaine Grégory Alldritt, pilier du pack français, a dû déclarer forfait pour la tournée en raison d’une déchirure musculaire. Même sort pour Paul Boudehent, troisième ligne du Stade Rochelais, également touché. Ouest-France confirme que ces deux absences de poids ont contraint le staff à revoir ses plans de jeu, notamment en conquête et en défense.
La veille du départ, d’autres pépins physiques ont été signalés. Yoram Moefana et Fabien Brau-Boirie, deux éléments prometteurs, sont incertains après des examens de dernière minute. Par précaution, le staff a également ménagé Tevita Tatafu et Théo Attissogbe lors des dernières séances d’entraînement à Marcoussis, selon Rugbyrama. Cette cascade de blessures a obligé le sélectionneur à puiser dans les réserves.
Treize renforts et un capitaine absent
Dès le 21 juin, Fabien Galthié a dévoilé une liste de treize renforts pour compléter le groupe initial. Parmi eux, des cadres comme Damian Penaud, Matthieu Jalibert et Maxime Lucu, appelés en urgence. L’Équipe souligne que ce nombre est inhabituellement élevé pour une tournée estivale. Le forfait d’Alldritt laisse également un vide dans le leadership. Antoine Dupont, qui devrait rallier l’effectif après la finale du Top 14, pourrait être amené à endosser le capitanat lors des tests, mais rien n’est encore officiel.
Cette valse des entrants et des sortants complique la préparation tactique. Les nouveaux arrivants devront assimiler rapidement les combinaisons, alors que les premiers matches approchent à grands pas.
Objectif Championnat des Nations
Le programme est dense : les Bleus débuteront le 4 juillet face à la Nouvelle-Zélande à Christchurch, dans un match qui s’annonce explosif. Une semaine plus tard, le 11 juillet, ils affronteront l’Australie à Brisbane. Ces deux rencontres sont cruciales pour le classement du Championnat des Nations, la nouvelle compétition qui remplace les tournées estivales traditionnelles. Le XV de France, quart-de-finaliste de la dernière Coupe du monde (éliminé en quarts de finale), vise un podium, mais les conditions de départ compliquent l’objectif.
Contexte dans l’Essonne
C’est depuis le Centre national du rugby de Marcoussis, en Essonne, que le groupe France a préparé ce rendez-vous. Ce site, qui accueille l’ensemble des équipes nationales, a vu défiler près de quarante joueurs ces dernières semaines. Le département de l’Essonne, qui compte environ 1,3 million d’habitants, n’est pas un bastion historique du rugby professionnel - plutôt dominé par le Paris université club et le Stade français en proche banlieue - , mais le CNR en fait un lieu stratégique pour le rugby français. La logistique de ce départ a nécessité une coordination avec la préfecture et les aéroports d’Orly et Roissy. L’enjeu est de taille : transporter sans accroc un groupe élargi, avec du matériel médical et des équipements sportifs, à l’autre bout du monde.
Prochaine étape : l’arrivée à Brisbane et la reprise des entraînements collectifs, avec l’espoir que les blessés de dernière minute puissent être rétablis à temps pour le choc face aux All Blacks.