Yermak en détention provisoire : l’Ukraine demande 90 milliards à une UE qui a posé l’anticorruption comme condition
Deux jours après la désignation d'Andriy Yermak comme suspect dans un schéma de blanchiment de 10,5 millions de dollars, la Haute Cour anticorruption ukrainienne le place en détention provisoire. Le prêt européen de 90 milliards, voté trois semaines plus tôt, est conditionné à la lutte contre la corruption.
L'ex-bras droit de Zelensky est en détention provisoire pour blanchiment. Le prêt UE de 90 milliards, voté trois semaines plus tôt, exige la lutte anticorruption.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une conditionnalité européenne mise à l'épreuve trois semaines après le vote
Le Conseil de l'UE a posé le 23 avril 2026 la lutte contre la corruption comme condition explicite du prêt de 90 milliards d'euros. Le 12 mai, l'ex-chef de cabinet du président bénéficiaire est désigné suspect de blanchiment. Les mécanismes de sanction en cas de manquement aux conditions ne sont pas publics.
La part française : ce que les sources disent, ce qu'elles ne disent pas
La clé de financement française du budget UE est de 14,3 % en 2026, soit une part théorique de 12,87 milliards sur le prêt de 90 milliards. Mais aucune source officielle ne chiffre l'exposition nette : calendrier de décaissement, probabilité de recouvrement des réparations russes et participation d'autres alliés restent indocumentés.
L'efficacité du système anticorruption ukrainien
Le NABU et le SAPO, créés en 2014, ont vu leur indépendance menacée par une loi de juillet 2025 puis restaurée après manifestations. C'est ce même système qui inculpe aujourd'hui Yermak, un argument que Kiev opposera aux critiques de cohérence.
L'opinion publique ukrainienne : 54 % jugent la corruption plus menaçante que la guerre
Un sondage du 6 mai 2026 de l'Institut international de sociologie de Kyiv révèle que 54 % des Ukrainiens estiment que la corruption menace davantage le développement du pays que la guerre russe. Le contexte politique intérieur pèsera sur la conduite de l'enquête.
Le précédent qui interroge : la loi de juillet 2025
Zelensky a tenté en juillet 2025 d'affaiblir les institutions qui, dix mois plus tard, mettent en cause son ancien chef de cabinet. Réforme mal calibrée ou tentative d'immunisation préventive ? La coïncidence chronologique avec le déclenchement de l'opération Midas inscrit l'affaire dans un rapport de force institutionnel non apaisé.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Andriy Yermak, ex-chef de cabinet de Zelensky, désigné suspect le 12 mai 2026 par le NABU et le SAPO.
- Caution fixée à 140 millions de hryvnias (2,72 millions d'euros) le 14 mai par la Haute Cour anticorruption.
- Blanchiment présumé de 10,5 millions de dollars via un projet immobilier de luxe, entre 2021 et 2025, peines encourues jusqu'à 12 ans (art. 209 CP ukrainien).
- Prêt UE de 90 milliards d'euros voté le 23 avril 2026, conditionné explicitement à la lutte anticorruption.
- France 14,3 % du budget UE en 2026, part théorique de 12,87 Md€ sur le prêt, mais aucune source officielle ne chiffre l'exposition nette.
Le 12 mai 2026, le Bureau national anticorruption d’Ukraine (NABU) et le Parquet spécialisé anticorruption (SAPO) désignent Andriy Yermak [1] comme suspect dans une enquête pour blanchiment d’argent [2]. Deux jours plus tard, le 14 mai, la Haute Cour anticorruption ukrainienne ordonne son placement en détention provisoire et fixe une caution à 140 millions de hryvnias, soit 2,72 millions d’euros [3] [4] [5]. Devant le tribunal, l’ex-chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky [6] déclare: « Je n’ai pas cet argent, et mon avocat va maintenant travailler avec des amis et des connaissances [pour réunir la caution] » [7].
Vingt-trois jours plus tôt, le 23 avril 2026, le Conseil de l’Union européenne avait formellement validé un prêt de 90 milliards d’euros à Kiev pour les besoins budgétaires et de défense ukrainiens en 2026 et 2027 [8] [9]. Le texte officiel précise que « le financement sera assorti de conditions strictes auxquelles la partie ukrainienne devra se soumettre, telles que le respect de l’état de droit, y compris la lutte contre la corruption » [10]. Les deux séquences se télescopent.
Ce que les enquêteurs ukrainiens reprochent à Andriy Yermak
Selon le NABU et le SAPO, Yermak est soupçonné d’avoir participé à un groupe criminel organisé ayant blanchi environ 460 millions de hryvnias, soit 10,5 millions de dollars, via un projet immobilier de luxe situé près de Kiev [11] [12]. Les faits présumés s’étendent entre 2021 et 2025 [13]. Six autres personnes ont été désignées suspectes [14]. Le projet immobilier visé prévoyait la construction de quatre manoirs privés d’environ 1 000 mètres carrés chacun, avec un complexe de bien-être commun comprenant un spa et une piscine [15] [16].
Le cadre légal ukrainien est sévère. L’article 209 du Code pénal ukrainien réprime le blanchiment de produits d’activités criminelles: commis en bande organisée ou portant sur des sommes particulièrement élevées, il est passible de 8 à 12 ans d’emprisonnement, assortis d’une confiscation des biens et d’une interdiction d’exercer certaines fonctions. L’article 255 du même code, qui sanctionne la création ou la direction d’un groupe criminel organisé, prévoit des peines pouvant atteindre 15 ans de privation de liberté. La qualification retenue à ce stade par le NABU et le SAPO - participation à un schéma de blanchiment organisé sur quatre ans - expose donc l’ex-bras droit de Zelensky à plus d’une décennie de prison ferme si les faits sont établis au procès.
Yermak a 54 ans [17]. Ancien producteur de cinéma et avocat spécialisé dans le divertissement [18], il a été chef de cabinet du président Zelensky jusqu’à sa démission en novembre 2025 [19]. Il était considéré comme la deuxième personne la plus puissante en Ukraine après Zelensky [20] et le principal négociateur de Kiev dans les pourparlers de paix soutenus par les États-Unis avec la Russie [21]. Devant les journalistes lors de l’audience, il a déclaré ne posséder « qu’un seul appartement et une seule voiture » [22]. Son avocat, Ihor Fomin [23], qualifie les accusations de « groundless » [24]. Yermak a annoncé qu’il ferait appel: « Mon équipe juridique va interjeter appel. Nous utiliserons tous les moyens légaux pour obtenir justice et faire éclater la vérité » [25].
On se souvient que ce n’est pas la première fois qu’un haut responsable ukrainien est mis en cause pour blanchiment à grande échelle: Pavlo Lazarenko, Premier ministre de 1996 à 1997, avait été condamné en 2004 par un tribunal fédéral de Californie à neuf ans de prison pour blanchiment, fraude et extorsion portant sur des dizaines de millions de dollars détournés du budget ukrainien. Le précédent Lazarenko avait été instruit aux États-Unis, faute alors d’institutions anticorruption indépendantes à Kiev. C’est précisément pour combler cette lacune que le NABU et le SAPO ont été créés en 2014.
L’enquête s’inscrit dans une opération anticorruption plus large, baptisée « Midas » [26] [27]. Elle avait été révélée publiquement en novembre 2025 par l’accusation d’un ancien partenaire commercial de Zelensky, Timur Mindich, soupçonné d’avoir organisé un système de pots-de-vin de 100 millions de dollars à l’agence atomique d’État Energoatom [28]. Mindich a quitté l’Ukraine pour Israël après l’émergence des accusations [29]. Rustem Umerov, chef du Conseil national de sécurité et de défense et ancien ministre de la Défense [30], a également été interrogé comme témoin dans le dossier immobilier [31]. Selon la fact_bank, Umerov est aujourd’hui « représentant principal de Zelensky dans les efforts diplomatiques soutenus par les États-Unis » [30] - un rôle qu’il assume désormais en lieu et place de Yermak, qui était jusqu’à sa démission « le principal négociateur de Kiev dans les pourparlers de paix » [21]. La continuité diplomatique a donc été transférée d’un suspect à un témoin.
La position du pouvoir ukrainien
Dmytro Lytvyn, conseiller en communication de Volodymyr Zelensky [32], déclare qu’« il est trop tôt pour évaluer les actions procédurales en cours » [33]. Le NABU défend la procédure. Son directeur, Semen Kryvonos, indique que les autorités ne notifient officiellement un soupçon que lorsqu’elles estiment disposer de suffisamment d’éléments pour soutenir les charges devant un tribunal [34].
Le précédent de juillet 2025: Zelensky a-t-il tenté de désarmer ses propres juges?
L’affaire Yermak ne peut se lire sans le précédent de l’été 2025. En juillet 2025, le gouvernement ukrainien avait fait adopter une loi visant à réduire l’indépendance du NABU et du SAPO [35], deux organes créés en 2014 [36] après le soulèvement pro-démocratique contre le président Viktor Yanukovych. Des manifestations ont éclaté en quelques jours, forçant Zelensky à faire marche arrière et à signer un nouveau texte rétablissant l’indépendance des institutions anticorruption [37].
La séquence pose une question politique frontale: en juillet 2025, Zelensky a tenté de placer sous tutelle gouvernementale les deux institutions qui, dix mois plus tard, désignent son chef de cabinet comme suspect. S’agissait-il d’une réforme administrative mal calibrée, comme l’a soutenu le pouvoir à l’époque, ou d’une tentative d’immunisation préventive d’un cercle proche déjà sous le regard des enquêteurs? Aucune source consultée n’établit que les dirigeants de l’exécutif ukrainien connaissaient à l’été 2025 l’état d’avancement précis du dossier « Midas ». Mais la coïncidence chronologique - affaiblissement tenté en juillet 2025, mise en cause de Mindich en novembre 2025, démission de Yermak dans la foulée [19], inculpation en mai 2026 - inscrit l’enquête actuelle dans un rapport de force institutionnel qui n’est pas apaisé. La déclaration prudente du conseiller Lytvyn - « il est trop tôt pour évaluer » [33] - prend dans ce contexte une couleur différente: c’est l’exécutif qui demande au lecteur de suspendre son jugement sur les institutions qu’il a voulu affaiblir un an plus tôt.
Selon un sondage de l’Institut international de sociologie de Kyiv réalisé le 6 mai 2026, 54 % des personnes interrogées estiment que la corruption représente une menace plus importante pour le développement de l’Ukraine que la guerre menée par la Russie [38] [39]. La pression intérieure sur la chaîne anticorruption est massive - c’est elle, autant que la conditionnalité européenne, qui rend politiquement coûteux tout nouveau recul.
Le prêt européen de 90 milliards d’euros: ce que dit le texte officiel
Le 23 avril 2026, le Conseil de l’UE accorde un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine [8]. Le document précise que ce prêt « sera financé par un emprunt de l’UE sur les marchés des capitaux et couvert par le budget de l’UE » [40] et qu’il « doit être remboursé par des réparations de guerre dues par la Russie à l’Ukraine » [41]. La moitié de la somme sera versée en 2026, le reste en 2027 [42] [43]. Une première enveloppe de 60 milliards d’euros doit financer l’effort de guerre - achat d’équipement militaire et développement de la production d’armement [44] [45]. Les 30 milliards restants couvriront les besoins budgétaires: écoles, hôpitaux, relogement des personnes déplacées [46] [47].
La conditionnalité figure noir sur blanc dans le texte du Conseil. Le prêt « sera soumis à des conditions, notamment une transparence sur l’utilisation des fonds » [48]. La condition explicite de « lutte contre la corruption » [10] est posée par les Vingt-Sept trois semaines avant la mise en cause publique de l’ex-bras droit du président bénéficiaire.
Aide totale de l’UE à l’Ukraine: pourquoi les chiffres ne sont pas comparables
Les montants publics européens qui circulent recouvrent des périmètres distincts qu’il faut nommer. Le quotidien TF1 indique que l’UE a fourni « près de 200 milliards d’euros » d’aide à l’Ukraine depuis 2022, toutes formes confondues [49]. Le site Touteleurope.eu, qui s’appuie sur les données du Conseil de l’UE et du Conseil européen de février 2026, chiffre le soutien total UE et États membres à 193,3 milliards d’euros [50] [51]. Le Conseil de l’UE, sur son portail officiel, publie deux montants distincts: 104,6 milliards d’euros d’aide financière, économique et humanitaire mobilisés [52], et un total de 200,6 milliards incluant le soutien militaire, le produit des avoirs russes immobilisés et le soutien aux réfugiés [53].
Ces chiffres ne sont pas contradictoires, ils sont d’échelle différente. Pour le lecteur, l’arbitrage est le suivant: l’aide financière, économique et humanitaire stricto sensu mobilisée par l’UE et ses États membres s’établit à 104,6 milliards d’euros [52]; en y ajoutant le soutien militaire bilatéral, le produit des avoirs russes immobilisés et le soutien aux réfugiés en Europe, on atteint 200,6 milliards [53]; le périmètre UE + États membres à février 2026 retenu par Touteleurope.eu donne 193,3 milliards [50]; le « près de 200 milliards » cité par TF1 [49] est une approximation du même périmètre élargi. Le double du chiffre le plus restrictif et le plus large donne ainsi le rapport 1 à 2 entre ce qui a été effectivement décaissé en aide directe et le total agrégé que l’UE met en avant dans sa communication.
Ce que paie réellement la France
Le chiffre de « 17 milliards d’euros » attribué à la France sur ce prêt circule sur les réseaux sociaux. Il n’apparaît dans aucune source officielle consultée. Les sources primaires établissent un cadre différent.
Selon la Cour des comptes, dans sa note d’exécution budgétaire publiée en avril 2026, le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne atteindrait 30,5 milliards d’euros en 2026 [54], après 29,3 milliards d’euros en 2025 [55]. La part de la France dans le financement du budget de l’UE s’élèverait à 14,3 % en 2026 [56], contre 14,5 % en 2025 [57]. La contribution nette de la France - différence entre ce qu’elle verse et ce qu’elle reçoit - s’établirait à 7,8 milliards d’euros en 2026 [58], contre 6,9 milliards en 2025 [59].
Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a validé le prélèvement français à l’UE pour 2026, à 28,8 milliards d’euros [60] - soit 5,7 milliards de plus qu’en 2025 [61]. Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad [62], a défendu la hausse comme un « rattrapage » prévu « dans la trajectoire qui avait été votée par les États membres et par les parlementaires en 2021 lors de la négociation du cadre financier pluriannuel » [63]. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin [64] a fait valoir que la contribution française à l’UE représente « moins que 1 % de notre PIB » [65]. Les amendements de baisse déposés par La France insoumise, le PCF et le Rassemblement national ont été rejetés [66].
Combien des 90 milliards pèsera sur la France? Le calcul théorique, et ses limites
Le prêt de 90 milliards à l’Ukraine est couvert par le budget de l’UE [40]. Si l’on applique la clé de financement française au budget européen de 14,3 % [56], la part théorique française sur un prêt de 90 milliards d’euros [8] s’élève à 12,87 milliards d’euros. Aucune source institutionnelle consultée (Cour des comptes, Sénat, Conseil de l’UE) ne publie de chiffrage isolé du coût français du prêt de 90 milliards. Le « 17 milliards » qui circule n’a pas de source documentaire.
Ce que les sources ne permettent pas de calculer
Le chiffre de 12,87 milliards d’euros est une projection mécanique. Il ne représente ni un décaissement annuel, ni une exposition nette de la France. Quatre inconnues majeures séparent ce calcul d’un engagement budgétaire réel, et aucun document officiel consulté ne les chiffre.
Premièrement, le calendrier de décaissement. Le prêt est versé à moitié en 2026 et moitié en 2027 [42] [43], mais la France ne « paie » pas cette somme cash: l’UE emprunte sur les marchés [40] et la charge se répercute, sous forme d’intérêts puis de remboursement de capital, sur les contributions nationales étalées sur la durée du cadre financier pluriannuel. Deuxièmement, la nature juridique de l’engagement: il s’agit d’un prêt, pas d’un don. L’Ukraine n’a en théorie pas à le rembourser tant que des réparations de guerre russes ne sont pas perçues, mais la créance reste inscrite. La distinction entre garantie budgétaire et exposition nette n’est documentée dans aucune des sources consultées. Troisièmement, la probabilité de recouvrement des réparations russes [41]. Aucun mécanisme juridique international n’impose aujourd’hui à Moscou de rembourser. Si les réparations n’arrivent pas, c’est le budget de l’UE - donc les contribuables nationaux - qui absorbera le défaut. Quatrièmement, la participation d’autres alliés. Le Canada, le Royaume-Uni et le Japon [67] sont susceptibles de compléter le prêt européen, ce qui réduirait la base théorique du calcul. Aucune des sources institutionnelles consultées ne publie le scénario consolidé. Le « coût final pour la France » n’est donc pas calculable à partir des documents publics disponibles - ce qui est, en soi, une information.
L’angle mort: la conditionnalité existe, mais qui la fait respecter?
Le texte du Conseil européen pose la condition. Il ne précise pas le mécanisme de sanction si elle n’est pas respectée - gel des décaissements suivants, suspension partielle, retenue. Aucune des sources consultées ne décrit la procédure concrète. L’enquête anticorruption visant Yermak est conduite par les institutions ukrainiennes - NABU et SAPO [68] [69] - créées en 2014 [36], dont l’indépendance a été menacée puis restaurée en juillet 2025 [35] [37]. Le système ukrainien anticorruption fonctionne, comme l’indique le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères Oleksandr Merezhko: « Nos partenaires constatent que l’Ukraine dispose d’un système anticorruption indépendant qui remplit sa fonction » [70] [71].
Le chancelier allemand Friedrich Merz [72] a, le mois précédant l’inculpation, mis en garde contre une adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE, citant entre autres la lutte contre la corruption comme préoccupation majeure. Volodymyr Fesenko, analyste politique au think tank Penta [73], qualifie l’affaire de « mine à retardement pour le président Zelensky, qui n’explosera peut-être pas tout de suite, mais plus tard » [74]. Les conditions sont posées sur le papier. Leur mise en œuvre opérationnelle reste à documenter.
Contactés par INFO.FR, le ministère délégué chargé de l’Europe et la représentation permanente de la France auprès de l’UE n’ont pas répondu à nos sollicitations sur le mécanisme français de contrôle des décaissements ukrainiens. Le calendrier - désignation officielle de Yermak comme suspect le 12 mai, détention provisoire le 14 mai, prêt voté le 23 avril - pose la question dans des termes que l’opinion publique posera.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (74)
« L'ancien chef de cabinet du président ukrainien, Andriy Yermak, a été désigné comme suspect dans le cadre d'une vaste enquête sur la corruption »
fr.euronews.com ↗ ↩
« In a statement on Monday, Ukraine’s anti-corruption agencies said the 'former head of the Office of the President of Ukraine' was among those suspected of participating in a criminal group »
theguardian.com ↗ ↩
« La Haute cour anticorruption ukrainienne a ordonné ce jeudi 14 mai le placement en détention provisoire d'Andriy Yermak »
lexpress.fr ↗ ↩
« Le tribunal a également fixé une caution à 140 millions de hryvnias (2,72 millions d'euros) »
lexpress.fr ↗ ↩
« Le tribunal a également fixé une caution à 140 millions de hryvnias (2,72 millions d'euros) »
lexpress.fr ↗ ↩
« La Haute cour anticorruption ukrainienne a ordonné ce jeudi 14 mai le placement en détention provisoire d'Andriy Yermak, proche du président Volodymyr Zelensky et ancien chef de son cabinet »
lexpress.fr ↗ ↩
« "Je n'ai pas cet argent, et mon avocat va maintenant travailler avec des amis et des connaissances [pour réunir la caution]" »
lexpress.fr ↗ ↩
« Le 23 avril 2026, le Conseil est convenu d'accorder à l'Ukraine un prêt de 90 milliards d'euros pour répondre aux besoins les plus urgents du pays en matière de budget et de défense pour 2026 et 2027. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Le 23 avril 2026, le Conseil est convenu d'accorder à l'Ukraine un prêt de 90 milliards d'euros. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Le financement sera assorti de conditions strictes auxquelles la partie ukrainienne devra se soumettre, telles que le respect de l'état de droit, y compris la lutte contre la corruption. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Ukraine’s National Anti-Corruption Bureau (NABU) and the Specialized Anti-Corruption Prosecutor’s Office (SAPO) say Yermak is suspected of involvement in an organised criminal group that allegedly laundered about 460 million hryvnias ($10.5m) through a luxury real estate project near Kyiv. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Ukraine’s National Anti-Corruption Bureau (NABU) and the Specialized Anti-Corruption Prosecutor’s Office (SAPO) say Yermak is suspected of involvement in an organised criminal group that allegedly laundered about 460 million hryvnias ($10.5m) through a luxury real estate project near Kyiv. »
aljazeera.com ↗ ↩
« blanchi environ 9 millions d'euros (460 millions de hryvnias) entre 2021 et 2025 »
fr.euronews.com ↗ ↩
« six autres personnes avaient également été désignées comme suspectes mardi »
fr.euronews.com ↗ ↩
« construire quatre manoirs privés d'environ 1 000 mètres carrés chacun »
fr.euronews.com ↗ ↩
« un complexe de bien-être commun comprenant un spa et une piscine »
fr.euronews.com ↗ ↩
« Prosecutors are seeking to impose bail of about $5.4m on the 54-year-old while they continue their investigation. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Ancien producteur de cinéma et avocat spécialisé dans le divertissement »
lexpress.fr ↗ ↩
« Andriy Yermak, qui a démissionné de son poste en novembre »
fr.euronews.com ↗ ↩
« Yermak was widely seen as Ukraine’s second most powerful person after Zelenskyy »
theguardian.com ↗ ↩
« il avait également été le principal négociateur de Kiev dans les pourparlers de paix soutenus par les États-Unis avec la Russie »
lexpress.fr ↗ ↩
« At one point during the hearing, Yermak told reporters that he “owns only one apartment and one car”. »
aljazeera.com ↗ ↩
« His lawyer, Ihor Fomin, labelled the allegations against his client “groundless” and denied any role by Yermak in laundering funds through the high-end development. »
aljazeera.com ↗ ↩
« His lawyer, Ihor Fomin, labelled the allegations against his client “groundless” and denied any role by Yermak in laundering funds through the high-end development. »
aljazeera.com ↗ ↩
« "Mon équipe juridique va interjeter appel. Nous utiliserons tous les moyens légaux pour obtenir justice et faire éclater la vérité" »
lexpress.fr ↗ ↩
« The case is part of a broader anticorruption operation, dubbed “Midas” and led by NABU and SAPO. »
aljazeera.com ↗ ↩
« The case is part of a broader anticorruption operation, dubbed “Midas” and led by NABU and SAPO. »
aljazeera.com ↗ ↩
« The operation was first made public in November, when prosecutors accused Mindich of engineering a $100m kickback scheme at Energoatom, charges the businessman has refuted. »
aljazeera.com ↗ ↩
« He left for Israel after corruption allegations surfaced last year. »
aljazeera.com ↗ ↩
« The probe has also brought Rustem Umerov, the head of Ukraine’s National Security and Defence Council, into the crosshairs of the authorities. Umerov, who until last year was Ukraine’s defence minister, is Zelenskyy’s main representative in United States-backed diplomatic efforts to end Russia’s war on Ukraine. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Prosecutors say Umerov has been interviewed as a witness in the luxury real estate development case. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Zelenskyy’s communications adviser, Dmytro Lytvyn, told reporters »
theguardian.com ↗ ↩
« Dmytro Lytvyn, conseiller du président Zelensky, a déclaré qu'il était "trop tôt pour évaluer les actions procédurales en cours" »
fr.euronews.com ↗ ↩
« NABU director Semen Kryvonos defended the proceedings, stating that authorities move to issue formal notices only when they believe they possess enough evidence to sustain charges in court. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Ukraine’s government in July passed a law in an effort to strip the independence of NABU and SAPO, which were established in 2014 after a pro-democracy uprising against the then-government of President Viktor Yanukovych. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Ukraine’s government in July passed a law in an effort to strip the independence of NABU and SAPO, which were established in 2014 after a pro-democracy uprising against the then-government of President Viktor Yanukovych. »
aljazeera.com ↗ ↩
« Within days, protests broke out against the move, forcing Zelenskyy to reverse course and sign a new law to restore the anticorruption institutions’ independence. »
aljazeera.com ↗ ↩
« 54 % des personnes interrogées estiment que la corruption représente une menace plus importante pour le développement de l'Ukraine que la guerre menée par la Russie »
lexpress.fr ↗ ↩
« Un sondage réalisé le 6 mai a toutefois révélé que 54 % des personnes interrogées »
lexpress.fr ↗ ↩
« Ce prêt sera financé par un emprunt de l'UE sur les marchés des capitaux et couvert par le budget de l'UE. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Le prêt doit être remboursé par des réparations de guerre dues par la Russie à l'Ukraine. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« La moitié de cette somme, qui doit permettre à l'Ukraine de financer sa guerre contre la Russie pour la période 2026-2027, sera versée cette année »
tf1info.fr ↗ ↩
« et le reste en 2027 »
tf1info.fr ↗ ↩
« une première de 60 milliards d'euros, qui doit permettre de financer l'effort de guerre ukrainien »
tf1info.fr ↗ ↩
« L'argent servira alors à l'achat d'équipement militaire et au développement de la production d'armement »
tf1info.fr ↗ ↩
« Les 30 milliards restants serviront à couvrir les autres besoins budgétaires liés au fonctionnement du pays »
tf1info.fr ↗ ↩
« faire tourner les écoles, les hôpitaux, ou encore prendre en charge le relogement des personnes déplacées »
tf1info.fr ↗ ↩
« Le prêt sera soumis à des conditions, notamment une sur l'utilisation des fonds »
tf1info.fr ↗ ↩
« L'Union européenne, qui a déjà fourni près de 200 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine sous différentes formes depuis le début de la guerre avec la Russie en 2022 »
tf1info.fr ↗ ↩
« Financières, humanitaires et militaires, les différentes aides comptent pour près de 193,3 milliards d'euros. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« En février 2026, le soutien total de l'Union et de ses États membres à l'Ukraine s'élevait à 193,3 milliards d'euros, selon les dernières données du Conseil de l'UE et du Conseil européen. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« À ce jour, 104,6 milliards d'euros d'aide financière, économique et humanitaire ont été mobilisés. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Le montant total de l'aide apportée à l'Ukraine, comprenant le soutien militaire, le produit des avoirs russes immobilisés et le soutien aux réfugiés ukrainiens, s'élève à 200,6 milliards d'euros. »
consilium.europa.eu ↗ ↩
« Ce prélèvement atteindrait 30,5 milliards d’euros en 2026 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« Le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne est estimé à 29,3 milliards d’euros en 2025 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« et à 14,3 % en 2026 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« La part de la France dans le financement du budget de l’Union européenne s’élèverait à 14,5 % en 2025 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« et à 7,8 milliards d’euros en 2026 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« La contribution nette de la France au budget de l’Union européenne s’établirait à 6,9 milliards d’euros en 2025 »
ccomptes.fr ↗ ↩
« le prélèvement dans le budget de l'État dédié à l'Union européenne, qui doit s'élever à près de 28,8 milliards d'euros en 2026 »
bfmtv.com ↗ ↩
« La contribution de la France en 2026 est de "5,7 milliards d'euros de plus qu'en 2025" »
bfmtv.com ↗ ↩
« a déclaré dans l'hémicycle le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad »
bfmtv.com ↗ ↩
« "Ce n'est pas une dérive", mais une hausse qui s'explique par un "rattrapage" prévu "dans la trajectoire qui avait été votée par les États membres et par les parlementaires en 2021 lors de la négociation du cadre financier pluriannuel" »
bfmtv.com ↗ ↩
« a fait valoir la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin »
bfmtv.com ↗ ↩
« La contribution française à l'UE représente "moins que 1% de notre PIB" »
bfmtv.com ↗ ↩
« Plusieurs amendements visant à baisser l'enveloppe, déposés par La France insoumise, les communistes et le Rassemblement national, ont été rejetés par l'Assemblée »
bfmtv.com ↗ ↩
« Elle espère désormais que d'autres pays alliés de l'Ukraine, comme le Canada, le Royaume-Uni ou le Japon, viendront compléter cette somme »
tf1info.fr ↗ ↩
« menée par le Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAPO) »
fr.euronews.com ↗ ↩
« menée par le Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAPO) »
fr.euronews.com ↗ ↩
« a ainsi récemment déclaré Oleksandr Merezhko, président de la commission parlementaire des Affaires étrangères »
lexpress.fr ↗ ↩
« "Nos partenaires constatent que l’Ukraine dispose d’un système anticorruption indépendant qui remplit sa fonction" »
lexpress.fr ↗ ↩
« German Chancellor Friedrich Merz last month cautioned against a quick accession of Ukraine to the EU, saying Ukraine cannot join the bloc due to several key concerns, including ending the war and fighting corruption. »
aljazeera.com ↗ ↩
« estime ainsi auprès de Reuters Volodymyr Fesenko, analyste politique au sein du think tank Penta »
lexpress.fr ↗ ↩
« "Toute cette affaire est une mine à retardement pour le président Zelensky, qui n'explosera peut-être pas tout de suite, mais plus tard" »
lexpress.fr ↗ ↩
Sources
- Zelenskyy’s ex-chief of staff accused in Ukraine corruption investigation
- Guerre en Ukraine : à quoi vont servir les 90 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne à Kiev ?
- Guerre en Ukraine : quels sont les montants des aides de l'Union européenne depuis 2022 ?
- Key Zelenskyy aides under corruption cloud: What are they accused of?
- L'ex-bras droit de Zelensky, mis en cause dans une vaste enquête anticorruption
- Soutien financier de l'UE en faveur de l'Ukraine
- Corruption en Ukraine : l'ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky placé en détention provisoire
- Il s'élève à 28,8 milliards d'euros pour 2026: l'Assemblée nationale valide le budget de l'État dédié dédié à l'Union européenne
- www.ccomptes.fr
