Yvelines : enquête ouverte après le signalement d’un policier traité de « singe » dans sa brigade
Le parquet de Versailles a confirmé le 5 juin 2026 l'ouverture d'une enquête préliminaire pour injures et harcèlement visant deux agents de la BAAJ des Yvelines.
Un gardien de la paix affecté à la Brigade d'aide et d'assistance judiciaire des Yvelines a signalé fin 2025 des propos racistes répétés de collègues. Le directeur interdépartemental de la police nationale des Yvelines a transmis un signalement au parquet de Versailles le 29 mai 2026. Une enquête préliminaire a été confirmée publiquement le 5 juin.
L’essentiel
- Faits dénoncés : Cédric B., gardien de la paix de peau noire affecté à la BAAJ des Yvelines, a remis fin 2025 un rapport interne dénonçant des propos racistes répétés, dont des appels de « singe » par un major devant témoins le 7 octobre 2025 et plusieurs fois par une collègue le même jour.
- Signalement officiel : Le directeur interdépartemental de la police nationale des Yvelines, Olivier Dimpre, a transmis un signalement article 40 au parquet de Versailles, reçu le 29 mai 2026.
- Enquête confirmée : Le parquet de Versailles a annoncé le 5 juin 2026 l’ouverture d’une enquête préliminaire pour injures non publiques et harcèlement, confiée à la direction interdépartementale de la police nationale des Yvelines (DIPN 78).
- Sanction administrative : Le major mis en cause a été muté dans un autre commissariat et aurait perdu son grade de major RULP (responsable d’unité locale de police), selon 20 Minutes et Sud Ouest.
Un rapport interne remis fin 2025
Cédric B. est gardien de la paix. Il est affecté à la BAAJ des Yvelines, une brigade spécialisée dans l’aide et l’assistance judiciaire : surveillance de juridictions, extractions de détenus, présentations devant magistrats. De peau noire, il a formalisé fin 2025 un rapport à sa hiérarchie relatant des propos racistes de la part de deux collègues.
Selon L’Humanité, qui a révélé l’affaire le 22 mai 2026 dans un article d’enquête plus large sur le racisme au sein de la police, un major de la brigade lui aurait explicitement dit « singe » devant témoins le 7 octobre 2025. Une collègue lui aurait adressé le même mot à plusieurs reprises au cours de la même journée. Ces faits sont rapportés par L’Humanité sur la base du rapport interne de Cédric B. ; la teneur exacte du document n’a pas été rendue publique.
Le signalement du 29 mai 2026
À la suite des révélations de L’Humanité, la hiérarchie policière a enclenché la procédure légale obligatoire. Olivier Dimpre, directeur interdépartemental de la police nationale des Yvelines en poste depuis avril 2024, a adressé un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale au parquet de Versailles. Ce signalement a été reçu le 29 mai 2026, selon les informations confirmées par le parquet.
L’article 40 du CPP oblige tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou délit dans l’exercice de ses fonctions à en informer le procureur de la République. Son activation dans ce dossier signifie que la direction de la police nationale des Yvelines a qualifié les faits dénoncés comme susceptibles de constituer une infraction pénale.
Le parquet de Versailles ouvre une enquête préliminaire
Le vendredi 5 juin 2026, le parquet de Versailles a confirmé publiquement l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les qualifications retenues sont les injures non publiques et le harcèlement. L’enquête est confiée à la direction interdépartementale de la police nationale des Yvelines (DIPN 78) elle-même, ce qui implique qu’une structure policière est chargée d’enquêter sur des faits commis en son sein.
Cette annonce intervient deux semaines après les premières révélations de L’Humanité, et fait suite à un second article du même journal publié le 5 juin 2026, qui précisait les suites données au signalement.
Le major muté, son grade retiré
Sur le plan administratif, des mesures ont déjà été prises avant même l’ouverture de l’enquête judiciaire. Selon 20 Minutes et Sud Ouest, le major mis en cause a été muté dans un autre commissariat. Il aurait également perdu son grade de major RULP - responsable d’unité locale de police - à la suite des premières publications de L’Humanité en mai 2026. Ces informations sont rapportées par les médias précités ; la préfecture des Yvelines et la DIPN 78 n’ont pas confirmé publiquement le détail de ces sanctions à la date de publication de cet article.
La collègue également mise en cause dans le rapport de Cédric B. n’a fait l’objet d’aucune mention de sanction administrative dans les sources disponibles à ce stade.
Contexte dans les Yvelines
Les Yvelines comptent environ 1,47 million d’habitants et font partie des départements les mieux dotés en effectifs policiers d’Île-de-France, avec plusieurs commissariats et brigades spécialisées sur le territoire, dont la BAAJ concernée par cette affaire. La DIPN 78, qui instruit désormais l’enquête, chapeaute l’ensemble des services de police nationale du département.
L’affaire s’inscrit dans un contexte de débat national sur le racisme au sein des forces de l’ordre. L’Humanité a publié dès le 22 mai 2026 une enquête plus large sur la présence de l’extrême droite dans la police, dont le cas des Yvelines constituait un volet. Plusieurs affaires similaires ont été traitées en justice ces dernières années dans d’autres départements, sans qu’un précédent direct et comparable dans les Yvelines ne soit documenté dans les sources disponibles.
Du côté des transports et de l’actualité yvelinoise, la semaine a également été marquée par des perturbations sur la ligne L entre Versailles Rive Droite et Saint-Cloud, sans lien avec ce dossier. Par ailleurs, des faits de violence contre des policiers ont été signalés ailleurs en Île-de-France, comme à Vénissieux où des agents ont été pris à partie lors d’une tentative d’incendie.
La suite de la procédure
L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Versailles devra établir si les faits dénoncés dans le rapport de Cédric B. sont constitutifs des infractions retenues. Les qualifications d’injures non publiques et de harcèlement relèvent de régimes juridiques distincts, avec des seuils de preuve et des peines encourues différents.
Aucun mis en examen n’a été annoncé à ce stade. Le parquet de Versailles n’a pas précisé de calendrier pour la suite de la procédure. La DIPN 78, en charge de l’enquête judiciaire, n’a pas non plus communiqué sur ses modalités d’instruction, notamment sur la question de l’impartialité d’une enquête interne sur des faits internes.
Cédric B. n’a pas fait de déclaration publique identifiée dans les sources disponibles. Son statut dans la brigade - maintien ou changement d’affectation - n’a pas été précisé.
Sources
- L'Humanité : Racisme entre policiers des Yvelines : après nos révélations, une enquête préliminaire ouverte
- 20 Minutes : Yvelines : Enquête ouverte après des accusations de propos racistes entre policiers
- Sud Ouest : Yvelines : enquête ouverte après des accusations de propos racistes dans la police
- France 3 Paris Île-de-France : Propos racistes au sein de la police : le parquet de Versailles ouvre une enquête