Zidane bloqué par un plafond salarial : pourquoi la FFF attend une dérogation ministérielle
Une loi fixe le salaire maximal des fédérations à 450 000 € brut par an. Paris négocie une dérogation pour offrir à Zidane ce que Deschamps touchait 3,8 millions.
L'arrivée de Zinedine Zidane à la tête des Bleus est conditionnée à une dérogation du ministère des Sports. En cause un plafond salarial de 450 000 euros que la FFF doit contourner pour lui offrir une rémunération…
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Dérogation ministérielle obligatoire
La FFF doit obtenir l'autorisation de Marina Ferrari pour dépasser le plafond salarial de 450 000 € et offrir à Zidane une rémunération comparable aux 3,8 millions de Deschamps.
Calendrier sous tension
La loi doit être promulguée après le 15 juillet 2026, juste avant le dernier match de Deschamps le 18 juillet. La prise de fonction de Zidane est prévue pour le 25 septembre.
Précédent institutionnel
Cette dérogation, surnommée « Loi Zidane », créera un précédent pour les fédérations sportives confrontées au même plafond. Le ministère n'a jamais refusé ce type de demande dans le sport de haut niveau.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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mars 2026
Accord verbal FFF-Zidane
Zinedine Zidane signe un accord verbal avec la Fédération pour succéder à Didier Deschamps après la Coupe du Monde.
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début juil. 2026
Dérogation votée
Une commission mixte paritaire Sénat-Assemblée valide un texte ouvrant la voie à une dérogation au plafond salarial de 450 000 €.
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18 juil. 2026
Dernier match de Deschamps
Didier Deschamps dirige son dernier match pour la troisième place de la Coupe du Monde, clôturant 14 ans à la tête des Bleus.
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25 sept.
Prise de fonction prévue
Date envisagée pour l'entrée officielle de Zinedine Zidane au poste de sélectionneur de l'équipe de France.
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2028
Euro, première échéance
L'Euro 2028 sera le premier grand tournoi de Zidane avec les Bleus, avant un mandat pouvant aller jusqu'au Mondial 2030.
Dans les bureaux de la FFF, avenue d’Iéna, on attend un feu vert. Pas celui de Zinedine Zidane - l’accord verbal avec l’ancien entraîneur du Real Madrid a été scellé en mars 2026. Pas celui de Didier Deschamps non plus: son dernier match, la petite finale de la Coupe du Monde, est prévu pour le 18 juillet. Le blocage vient d’ailleurs: du ministère des Sports, et d’une ligne budgétaire qu’on croyait anodine.
Le nœud du problème tient dans une réforme votée il y a trois ans. La gouvernance du sport professionnel en France impose désormais un plafond annuel brut de 450 000 euros pour les salaires des employés des fédérations. Une mesure censée limiter les dérives budgétaires. Problème: Didier Deschamps percevait 3,8 millions d’euros bruts par an - hors primes. Soit près de huit fois le plafond légal.
Zidane, lui, vise au minimum ce montant. La FFF devra obtenir une dérogation pour lui permettre de toucher plus de 450 000 € par an. Karl Olive avait soulevé la question en commission: peut-on recruter le meilleur sélectionneur du pays avec un tel cadre? La réponse est venue début juillet 2026 - par une commission mixte paritaire Sénat-Assemblée nationale. Le texte maintient le plafond mais ouvre la porte à une dérogation exceptionnelle.
La promulgation de la loi est attendue pour les jours suivant le 15 juillet 2026. Une fois le texte publié, Marina Ferrari - ministre des Sports, devra valider la demande. Personne à la FFF ne parle de difficulté. On dit: formalité. Mais tant que la signature n’est pas là, l’annonce officielle de Zidane reste en suspens.
Ce que personne ne dit: Deschamps gagnait déjà au-delà du plafond
Le paradoxe est là, dans les chiffres. Didier Deschamps, en poste depuis 2012 - touchait 3,8 millions d’euros bruts par an - hors primes. Le plafond de 450 000 euros a été voté pendant son mandat. Comment la FFF a-t-elle continué à le payer?
Parce que la réforme ne s’appliquait pas rétroactivement. Les contrats en cours restaient valables. Mais pour Zidane, nouveau contrat, nouvelle règle. D’où le passage obligé par le ministère. Cette dérogation - qu’on surnomme déjà informellement la « Loi Zidane » - permet de contourner le plafond pour des profils d’exception. Le ministère n’a jamais refusé ce type de demande dans le sport de haut niveau. Mais il doit valider.
Le staff est prêt, le calendrier est calé
Zidane, de son côté, n’a pas étudié d’autre proposition depuis huit mois. Il travaille déjà à la composition de son staff. Deux noms circulent: David Bettoni et Hamidou Msaidie - ses fidèles adjoints du Real Madrid. Le trio a remporté trois Ligues des Champions ensemble, lors des saisons 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018.
Leur méthode: peu de mots, beaucoup de vidéo, des séances courtes et intenses. À Clairefontaine, cette approche va bouleverser les habitudes. Philippe Diallo - président de la FFF, gère le dossier en direct et anticipe déjà les réorganisations internes.
La prise de fonction est envisagée pour le 25 septembre. Premier objectif: l’Euro 2028. Mandat long, jusqu’à la Coupe du Monde 2030. Diallo a tiré les leçons de janvier 2023 - quand Noël Le Graët - son prédécesseur, avait déclaré qu’il n’avait « rien à secouer » si Zidane allait entraîner le Brésil et qu’il ne l’aurait « même pas pris au téléphone ». Le tollé avait conduit à la démission de Le Graët.
Une succession qui ne supporte plus l’improvisation
Depuis 1964 - l’équipe de France a connu 16 sélectionneurs. Michel Hidalgo - Michel Platini - Aimé Jacquet - Laurent Blanc. Des figures qui ont porté le maillot avant de diriger les Bleus. Zidane s’inscrit dans cette lignée. Mais avec une différence: il arrive après une défaite de la France contre l’Espagne en demi-finale - 0-2 - tension budgétaire et de réforme institutionnelle.
La FFF avait nommé Thierry Henry à la tête des Espoirs et de l’équipe olympique pour remettre ces sélections sous les projecteurs. Zidane, c’est un autre niveau. Un nom qui génère de l’audience, des sponsors, des attentes. Mais aussi des contraintes administratives que personne n’avait anticipées il y a trois ans.
Pour l’instant, la FFF attend. Le texte de loi doit être promulgué. Marina Ferrari doit signer. Philippe Diallo doit annoncer. Zidane, lui, n’a rien dit publiquement depuis des mois. Il attend aussi. Dans son bureau de Madrid, avec Bettoni et Msaidie, il regarde des vidéos de matchs des Bleus. Mbappé contre la Suède, 3-0. La victoire contre la Norvège, 4-1. Le parcours de Deschamps jusqu’à la demi-finale.
Le 18 juillet, Deschamps dirigera son dernier match. Rideau sur douze ans de mandat. Ensuite, ce sera l’été. Et en septembre, si tout se passe comme prévu, Zidane entrera par la porte principale de Clairefontaine. Pas par la grille du fond.
Sources
- RMC Sport - Réforme du football français et plafond salarial
- Foot Mercato - Négociations FFF-Zidane
- ESPN - Accord verbal Zidane
- Sports.fr - Salaire Deschamps et blocage Zidane
- Ouest-France - Détail administratif majeur
- Le 10 Sport - Polémique et réponse du président FFF
- CNews - Historique des sélectionneurs
