40 ans après Tchernobyl : la radioactivité persiste en Alsace et Vosges, selon l’ASNR

Des zones de l’Est de la France affichent encore des niveaux élevés de césium-137, sans risque sanitaire majeur selon les autorités.

40 ans après Tchernobyl : la radioactivité persiste en Alsace et Vosges, selon l'ASNR
Illustration Lucie Meyer / info.fr

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’Alsace et les Vosges restent les régions françaises les plus marquées par les retombées radioactives. L’Agence de sûreté nucléaire et radiologique (ASNR) confirme des concentrations de césium-137 supérieures à la moyenne nationale, mais en baisse constante.

Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl libérait un nuage radioactif qui a touché une partie de l’Europe. En France, les zones de rémanence élevée (ZRE) comme l’Alsace et les Vosges conservent des traces mesurables de cette contamination. Selon l’ASNR, les sols y affichent en moyenne 51 becquerels par kilogramme (Bq/kg) de césium-137, soit huit fois plus que la moyenne nationale (6,5 Bq/kg).

Des niveaux élevés, mais en diminution

Les retombées initiales avaient atteint jusqu’à 1 000 Bq/m² en Alsace et dans les Vosges, avec des points chauds dépassant 100 000 Bq/m² dans les zones montagneuses, rappelle Dernières Nouvelles d’Alsace. En 2026, les concentrations restent plus élevées dans les produits locaux : lait, fromages, viande bovine et surtout champignons. L’ASNR précise que 80 % des champignons analysés en France contiennent des traces de césium-137, avec des niveaux plus marqués dans l’Est et le Sud-Est.

Pour les habitants des ZRE, la dose annuelle moyenne due à Tchernobyl s’élève à 37 microsieverts (µSv/an), contre 5,4 µSv/an ailleurs en France. Cette exposition provient principalement des sols. Pour les consommateurs réguliers de produits locaux (champignons, gibier), elle peut atteindre 80 à 570 µSv/an, selon les habitudes alimentaires. Un rapport de l’ASNR publié en 2025 confirme une rémanence plus marquée dans les Vosges, avec des doses locales pouvant aller jusqu’à 79 µSv/an.

Un risque sanitaire jugé minime

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L’ASNR souligne que ces niveaux ne présentent pas de danger immédiat pour la santé. « Depuis plusieurs décennies, une diminution des concentrations de césium-137 et de strontium-90 est observée dans les sols et les denrées », indique l’agence. Aucune hausse significative de cancers liée à Tchernobyl n’a été démontrée en France, bien que des interrogations persistent sur les cancers de la thyroïde dans l’Est.

En Franche-Comté voisine, un scientifique a récemment décrypté les impacts de cette contamination persistante. Si les doses restent faibles, elles rappellent l’empreinte durable d’un accident nucléaire sur les écosystèmes. Les producteurs locaux des zones touchées restent vigilants, notamment pour les champignons et le gibier, dont la consommation est parfois déconseillée dans certaines zones forestières.

Quarante ans après, Tchernobyl reste un marqueur environnemental pour l’Alsace et les Vosges, sans pour autant constituer une menace sanitaire majeure.

Sources

Lucie Meyer

Lucie Meyer

Correspondante à Strasbourg, elle suit l'Eurométropole, les tensions sur les transports, les institutions européennes et les débats sur le bilinguisme. Diplômée de l'ESJ Lille, elle a commencé en agence. Ligne de travail : interroger les élus, les fonctionnaires européens, les associations, vérifier les budgets de la CUS avant de publier.

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