Circuits courts à Besançon : les producteurs locaux face à la grande distribution
Dans le Doubs, les petits producteurs peinent à rivaliser avec les supermarchés malgré un soutien départemental et une demande locale forte.
À Besançon et dans le Doubs, les circuits courts luttent pour leur visibilité face aux grandes surfaces. Manque de moyens marketing, inflation à 5 % en 2026 et consommation en baisse compliquent leur développement. Pourtant, des initiatives comme Agrilocal ou l’épicerie Tarrabio montrent une résilience locale.
Un marché en tension
Les producteurs locaux du Doubs font face à une concurrence accrue des grandes surfaces. « On n’a pas de grosse machine marketing », résume un maraîcher bisontin cité par France 3 Franche-Comté. L’inflation, attendue à 5 % en 2026, et la baisse de la consommation, revenue aux niveaux de 2014, aggravent la situation.
Pourtant, les circuits courts résistent. L’épicerie Tarrabio à Besançon, ouverte en 2019 et convertie en vente directe en 2021, propose 90 % de ses tomates cultivées sur place. Un modèle qui illustre l’adaptation des producteurs, malgré des prix perçus comme plus élevés.
Un soutien départemental actif
Le Département du Doubs mise sur des initiatives pour dynamiser les circuits courts. Le portail Agrilocal, qui met en relation producteurs et acheteurs publics, a permis de servir 1,94 million de repas dans les collèges en 2024. Un groupement d’achats territorialisé, lancé en janvier 2026, couvre désormais 31 établissements avec des produits locaux comme la viande ou les laitages.
En 2025, la Semaine « Au pré de l’assiette » a mobilisé 23 collèges pour des repas 100 % locaux. Le Département finance également 3 euros par repas pour intégrer des composantes locales. Christine Bouquin, présidente du Département, souligne : « Nous relions les producteurs, les collèges, les élèves et les familles. » (source officielle).
Une demande locale forte malgré les défis
En Bourgogne-Franche-Comté, 78 % des habitants achètent en circuits courts en 2025, contre 64 % au niveau national. Les ventes de produits bio ont même augmenté de 8 % en 2024 dans la région, malgré une baisse de 17 % des surfaces en légumes bio. À Besançon, la plateforme Locavor, active depuis 2016, rassemble 45 producteurs pour des commandes hebdomadaires.
Les prochaines étapes incluent le renouvellement des marchés de producteurs dans les collèges au printemps 2026 et l’extension du programme « Aventuriers du goût ». Le Département a aussi alloué 300 000 euros en 2025 pour les nouveaux locaux de la Banque Alimentaire à Chalezeule, soutenant la redistribution de produits locaux.
Contexte
En 2024, les surfaces en bio pour les légumes ont reculé de 17 % en Bourgogne-Franche-Comté, selon l’Agence Bio. Malgré cela, la région reste un bastion des circuits courts, avec une consommation supérieure à la moyenne nationale.
Et maintenant ?
Les marchés de producteurs dans les collèges du Doubs seront renouvelés au printemps 2026. Le Département prévoit également d’étendre le programme « Aventuriers du goût » pour sensibiliser les jeunes aux produits locaux.
Sources
- France 3 Franche-Comté : "On n'a pas de grosse machine marketing" : face aux grandes surfaces, pas simple d'exister pour les circuits courts
- Département du Doubs : Magazine Vivre le Doubs - Décembre 2025
- Pour de Bon : Circuit court et baromètre 2025 : les attentes des Français
- Agence Bio : Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France - 2024