40 millions de francs suisses volés : deux braqueurs rattrapés après 856 jours de cavale

Farid Aïchour et Jonathan Ferrero, condamnés à 20 ans en janvier 2024, ont été interpellés par la police judiciaire française

40 millions de francs suisses volés : deux braqueurs rattrapés après 856 jours de cavale
Opération d'interpellation de la Brigade nationale de recherche des fugitifs en France Nathalie Rousselin / INFO.FR (img2img)

La cavale s'achève après deux ans et quatre mois de traque. Farid Aïchour et Jonathan Ferrero, auteurs d'un spectaculaire braquage de fourgon blindé en Suisse en mai 2017 ayant rapporté 40 millions de francs suisses (43,8 millions d'euros), viennent d'être appréhendés par la Brigade nationale de recherche des fugitifs. Les deux hommes de 40 ans avaient été condamnés par contumace à 20 ans de réclusion criminelle en janvier 2024, avant de disparaître dans la nature.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • Farid Aïchour et Jonathan Ferrero ont été interpellés après 856 jours de cavale, respectivement le 2 et le 10 février 2026 en Haute-Savoie
  • Les deux hommes avaient été condamnés par contumace à 20 ans de réclusion criminelle en janvier 2024 pour un braquage de 40 millions de francs suisses
  • Le braquage spectaculaire s'est déroulé le 24 mai 2017 sur l'autoroute entre Genève et Lausanne, ciblant un fourgon de la société Loomis
  • Un arsenal composé de huit pains de tolite, deux bâtons de dynamite et des détonateurs a été découvert lors des perquisitions à Annecy-le-Vieux
  • Farid Aïchour était déjà connu pour sa complicité dans le braquage de la bijouterie Chopard à Genève en 2006

856 jours exactement. C’est la durée qu’aura duré la cavale de Farid Aïchour et Jonathan Ferrero, deux braqueurs chevronnés qui pensaient avoir échappé à la justice française. Selon RTL, le premier a été interpellé lundi 2 février à Annemasse en Haute-Savoie, tandis que son complice a été arrêté le mardi 10 février, mettant fin à l’une des chasses à l’homme les plus médiatisées de ces dernières années.

Un braquage digne d’un scénario hollywoodien sur l’autoroute suisse

Tout commence dans la nuit du 23 au 24 mai 2017, sur l’autoroute reliant Genève à Lausanne, dans le canton de Vaud. Comme le rapporte Le Parisien, Farid Aïchour, Jonathan Ferrero et trois complices interceptent un fourgon de la société Loomis à bord de trois voitures volées. Le mode opératoire révèle une préparation minutieuse : les malfaiteurs se font passer pour des policiers, équipés de brassards officiels et de gyrophares. Une fois le fourgon immobilisé, le commando s’empare du véhicule et ligote les deux convoyeurs dans le coffre des voitures.

Le butin est colossal. Les enquêteurs découvriront plus tard des grands sacs de sport remplis de billets de devises du monde entier, de lingots d’or et de pierres précieuses, pour une valeur estimée à 40 millions de francs suisses. Après avoir franchi la frontière française, les braqueurs abandonnent les deux agents près de la carcasse incendiée du fourgon, non sans les avoir aspergés de produit chimique pour effacer toutes traces ADN. Un détail qui témoigne du professionnalisme de l’opération.

La BRI de Lyon dans l’ombre des braqueurs depuis des mois

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Ce que les malfrats ignorent, c’est qu’ils sont sous surveillance depuis plusieurs mois. Selon RTL, la Brigade de recherche et d’intervention de Lyon avait reçu un « tuyau » plusieurs mois auparavant sur le projet de Farid Aïchour de « monter » un braquage en Suisse. Quelques heures seulement après l’interception du fourgon, les policiers débarquent dans un pavillon de Chavanod, en Haute-Savoie, situé à quelques kilomètres d’Annecy.

Sept suspects sont interpellés sur place le 24 mai 2017. Les enquêteurs mettent la main sur l’intégralité du butin, soigneusement rangé dans des sacs de sport. Farid Aïchour et Jonathan Ferrero sont placés en détention provisoire pendant plusieurs années. Mais en amont du procès prévu devant la Cour d’Assises du Rhône, les deux hommes ainsi qu’un troisième prévenu, Mehde Kerras, sont libérés sous contrôle judiciaire. Une décision qui allait se révéler lourde de conséquences.

Un procès sans accusés et une condamnation par contumace

En janvier 2024, la justice française attend en vain les trois prévenus principaux. Ni Farid Aïchour, ni Jonathan Ferrero, ni Mehde Kerras ne se présentent à l’audience. Les débats se tiennent malgré tout, et la Cour d’Assises du Rhône prononce une condamnation sévère : 20 ans de réclusion criminelle pour les deux cerveaux de l’opération. Un mandat d’arrêt est immédiatement émis, déclenchant une traque internationale.

Mehde Kerras sera le premier à craquer. Selon les informations de RTL, il se rend aux autorités dès avril 2024, trois mois après sa condamnation. Mais ses deux complices demeurent introuvables pendant près de deux ans supplémentaires, malgré les efforts conjugués de la Brigade nationale de recherche des fugitifs et de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée.

Un arsenal découvert lors des perquisitions

L’interpellation de Farid Aïchour à Annemasse le 2 février marque le début de la fin pour le duo. Mais c’est l’enquête menée le lendemain qui révèle l’ampleur de leurs activités. Selon Le Parisien, les policiers de l’OCLCO perquisitionnent un box à Annecy-le-Vieux. À l’intérieur, ils découvrent un véhicule volé équipé de fausses plaques d’immatriculation, ainsi qu’un véritable arsenal : huit pains de tolite (un explosif militaire), deux bâtons de dynamite, des détonateurs et une mèche lente.

Cette découverte suggère que les deux hommes préparaient peut-être un nouveau coup d’envergure. Jonathan Ferrero est finalement appréhendé le mardi 10 février en milieu de journée. Selon RTL, un sac d’armes supplémentaire a été retrouvé lors de sa capture. Les deux quadragénaires sont désormais écroués et vont purger leur peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Un parcours criminel déjà bien rempli

Farid Aïchour n’en était pas à son coup d’essai. Le braqueur était notamment connu des services de police pour avoir été condamné pour complicité dans un braquage spectaculaire de la bijouterie Chopard à Genève en 2006. Ce passé de récidiviste n’avait pas empêché sa libération sous contrôle judiciaire avant le procès de 2024, une décision qui interroge aujourd’hui sur les mécanismes de surveillance des prévenus en attente de jugement.

Pour l’Office central de lutte contre la criminalité organisée, dont dépend la Brigade nationale de recherche des fugitifs, cette double arrestation constitue une nouvelle victoire symbolique. Comme le souligne RTL, ce coup de filet démontre une fois de plus que « les cavales finissent (presque) toujours derrière les barreaux ». Une affirmation qui prend tout son sens après 856 jours de traque acharnée mobilisant des dizaines d’enquêteurs à travers la France et la Suisse.

Reste désormais à déterminer si d’autres complices ont aidé les deux fugitifs pendant leur longue cavale, et si l’arsenal découvert était destiné à un nouveau braquage d’envergure. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour démanteler l’éventuel réseau de soutien qui aurait permis à Aïchour et Ferrero d’échapper si longtemps à la justice. Une question demeure : combien d’autres braqueurs condamnés par contumace sont-ils encore en liberté sur le territoire français ?

Sources

  • RTL (11 février 2026)
  • Le Parisien (11 février 2026)
Nathalie Rousselin

Nathalie Rousselin

Reporter et journaliste d'investigation. Parcours en sciences sociales et journalisme de terrain. Expertise dans le traitement des faits de société et les enquêtes de fond. Expérience en presse quotidienne régionale. Rejoint INFO.FR pour couvrir l'actualité société et les faits divers.

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