46 gardes à vue après les manifestations interdites d’ultradroite et antifascistes à Paris

Malgré deux refus de justice, 97 militants ont tenté de se rassembler le 9 mai 2026 à Paris, entraînant 46 gardes à vue pour port d'armes et violences.

46 gardes à vue après les manifestations interdites d'ultradroite et antifascistes à Paris
Illustration Julie Renault / info.fr

Le Conseil d'État avait confirmé l'interdiction quelques heures plus tôt. Cela n'a pas suffi. Le 9 mai 2026, 97 personnes ont été interpellées à Paris en marge des rassemblements illégaux du Comité du 9-Mai et de groupes antifascistes. Quarante-six ont été placées en garde à vue, dont trois mineurs.

Le Conseil d’État avait confirmé l’interdiction quelques heures plus tôt. Cela n’a pas suffi. Le 9 mai 2026, 97 personnes ont été interpellées à Paris en marge des rassemblements illégaux du Comité du 9-Mai et de groupes antifascistes. Quarante-six ont été placées en garde à vue, dont trois mineurs.

L’essentiel

  • 97 interpellations : militants d’ultradroite et d’ultragauche arrêtés le 9 mai 2026 dans plusieurs quartiers de Paris.
  • 46 gardes à vue, dont 3 mineurs, pour participation à un groupement en vue de commettre des violences et port d’armes prohibées (couteaux, matraques, gants coqués).
  • Triple validation judiciaire : préfecture le 5 mai, tribunal administratif le 8 mai, Conseil d’État le 9 mai 2026 - tous ont confirmé l’interdiction.
  • Première interdiction effective de la manifestation du Comité du 9-Mai depuis 2008, hors période Covid.
  • Quartiers concernés : République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse.

Une interdiction confirmée à trois reprises

La préfecture de police de Paris a pris un arrêté d’interdiction le 5 mai 2026, visant simultanément la manifestation annuelle du Comité du 9-Mai et les contre-manifestations antifascistes prévues le même jour. Motif : risque de troubles à l’ordre public.

Les organisateurs ont contesté. Le tribunal administratif de Paris a rejeté leur recours le 8 mai, selon Le Parisien. Le lendemain matin, le Conseil d’État a confirmé l’interdiction à son tour, selon la même source. C’est la première fois depuis 2008, hors période Covid, que la marche du Comité du 9-Mai est effectivement interdite et que cette interdiction tient.

En 2025, une interdiction initiale avait été suspendue par le tribunal administratif. Environ 1 000 militants avaient défilé, selon BFMTV, avec des saluts nazis observés en marge du cortège.

Qui est le Comité du 9-Mai ?

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Le groupuscule a été fondé en 1994 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant nationaliste de 22 ans tombé d’un immeuble le 7 mai 1994 lors d’une manifestation interdite à Paris, selon Wikipédia et Midi Libre. Chaque année depuis, des militants ultranationalistes français et européens se rassemblent à Paris autour de cette date.

La manifestation du Comité du 9-Mai est l’un des rendez-vous annuels de l’ultradroite radicale les plus surveillés en France. Elle attire des participants venus de plusieurs pays européens et s’accompagne régulièrement de symboles néonazis, selon Le Monde.

Ce qui s’est passé le 9 mai

Malgré l’interdiction, des militants des deux bords ont tenté de se regrouper dans Paris. Les interpellations ont eu lieu dans quatre quartiers : République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse, selon France 3 Paris Île-de-France et franceinfo.

Les 46 personnes placées en garde à vue - sur 97 interpellées au total - l’ont été pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, ainsi que pour port d’armes prohibées : couteaux, matraques télescopiques et gants coqués, selon Le Monde et BFMTV. Trois mineurs figurent parmi les personnes en garde à vue.

Selon Le Parisien, les gardes à vue se déroulent dans des commissariats parisiens. Les suites judiciaires restent en cours ; aucune date d’audience n’a été annoncée publiquement à ce stade.

Le contexte : mort de Quentin Deranque et polarisation

L’interdiction de 2026 s’explique en partie par un événement survenu trois mois plus tôt. Le 14 février 2026 à Lyon, Quentin Deranque, militant néonazi, est mort lors d’affrontements avec des membres du collectif antifasciste La Jeune Garde, dissous depuis, selon Le Monde. Ce décès a exacerbé les tensions entre les deux camps et pesé sur l’évaluation du risque par les autorités parisiennes.

Cette polarisation s’inscrit dans un calendrier politique sensible. À un an de l’élection présidentielle, les mobilisations aux marges du spectre politique - ultradroite et ultragauche - sont scrutées de près. La multiplication des interpellations pour port d’armes en milieu urbain illustre une radicalisation des pratiques de certains groupes, des deux côtés.

Sur un autre registre sécuritaire à Paris, 500 manifestants pro-Palestine avaient été dispersés à la Sorbonne quelques jours plus tôt, avec 3 gardes à vue. Et à Saint-Denis, une interpellation pour tenue jugée indécente avait également suscité des tensions dans l’espace public.

Contexte dans le département de Paris (75)

Paris concentre historiquement les manifestations à fort risque de débordements liées aux extrêmes. La préfecture de police dispose de pouvoirs d’interdiction étendus, mais leur exercice est systématiquement contesté devant les juridictions administratives. La séquence du 5 au 9 mai 2026 - arrêté préfectoral, validation par le tribunal administratif, puis par le Conseil d’État en moins de quatre jours - est rare dans sa rapidité et sa cohérence judiciaire.

La capitale a par ailleurs connu plusieurs épisodes de tensions liées à des groupes radicaux ces dernières années, de la dissolution de la Jeune Garde à la surveillance accrue des mouvances identitaires. Les autorités ont maintenu un dispositif de sécurité renforcé dans plusieurs arrondissements le 9 mai, selon les médias locaux. Le nombre de personnels mobilisés n’a pas été précisé par la préfecture.

La présence de trois mineurs parmi les gardés à vue soulève une question sur le rajeunissement du recrutement dans ces mouvances, sans que des données comparatives soient disponibles à ce stade.

Suites attendues

Selon Le Parisien, les 46 personnes en garde à vue risquent des poursuites pour participation à un groupement violent et port d’armes prohibées. Les procédures judiciaires sont en cours. L’éventuelle reconduction de l’interdiction pour 2027 dépendra des suites données à ces affaires et de l’évolution du contexte politique à l’approche de la présidentielle.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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