A36 à Écot : un routier condamné à 4 mois avec sursis pour la mort d’un piéton
Le tribunal de Montbéliard a rendu son verdict le 4 juin 2026, trois ans après l'accident nocturne qui avait coûté la vie à un homme de 50 ans.
Un routier hongrois de 67 ans a été condamné le 4 juin 2026 à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal de Montbéliard. Son camion avait percuté une Peugeot 307 en panne sur l'A36 à Écot (Doubs) dans la nuit du 23 juillet 2023, tuant un homme et grièvement blessant une femme.
L’essentiel
- Verdict : 4 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire et blessures involontaires, rendu le 4 juin 2026.
- Accident : 23 juillet 2023, vers 23h15, A36 à Écot (Doubs) - un homme de 50 ans décédé, une femme de 31 ans grièvement blessée.
- Cause retenue : distraction GPS d’environ 8 à 10 secondes au volant d’un poids lourd.
- Procédure : jugé près de trois ans après les faits en raison d’un problème de dashcam lors de l’enquête.
- Suite civile : audience sur les dommages-intérêts prévue en décembre 2026.
Les faits : une panne fatale dans une montée sans refuge
Le 23 juillet 2023, vers 23h15, une Peugeot 307 tombe en panne sur la voie lente de l’A36, en direction de Besançon, dans la montée d’Écot (Doubs). Deux voisins du Pays de Montbéliard - une femme de 31 ans et un homme de 50 ans - poussent le véhicule. Les feux de détresse et les phares sont allumés.
La section ne dispose d’aucune bande d’arrêt d’urgence. L’accotement se réduit à un fossé en bord de côte, rendant tout refuge derrière la glissière impossible, selon L’Est Républicain.
Un camion conduit par un routier hongrois, 67 ans à l’époque et résidant en Allemagne, percute la voiture de plein fouet. Le véhicule est projeté à une centaine de mètres. L’homme de 50 ans décède de ses blessures environ seize jours plus tard. La conductrice est polytraumatisée, une ITT supérieure à trois mois lui est reconnue ; elle ne peut plus travailler.
Une distraction de quelques secondes
Selon les éléments retenus à l’audience, le routier circulait à vitesse modérée - entre 60 et 90 km/h selon les sources - et regardait son GPS au moment de l’impact. La vidéo de sa dashcam, diffusée à l’audience, montre que les victimes étaient visibles pendant environ huit secondes avant la collision. Aucun freinage ni manœuvre d’évitement n’a été enregistré.
Le prévenu a reconnu les faits. Il a présenté ses excuses via un interprète. Casier vierge, respect des temps de conduite réglementaires, tests négatifs à l’alcool et aux stupéfiants : aucune circonstance aggravante de ce type n’a été relevée.
ICI Belfort Montbéliard rapporte que le routier ne conduit plus de poids lourd depuis le drame : « Même en voiture, j’ai peur », aurait-il confié.
Trois ans d’attente à cause d’un CD vide
Le procès s’est tenu près de trois ans après les faits. Le retard est dû à un problème lors de l’enquête : la copie du CD contenant les images de la dashcam transmise aux enquêteurs était vide. Un supplément d’information a été ordonné en janvier 2026 pour récupérer l’enregistrement original et procéder à des mesures des voies, selon L’Est Républicain. Plusieurs renvois avaient précédé ce rebond procédural. Ce type d’affaire judiciaire locale rejoint d’autres dossiers du Doubs où des lenteurs de procédure ont retardé la justice.
Des réactions divergentes sur la peine
Le substitut du procureur Frédérik Muyle a commenté la décision avec prudence, selon ICI Belfort Montbéliard : « La peine est compliquée parce qu’il y a mort d’homme. Mais ça aurait pu arriver à chacun d’entre nous. »
L’avocat des parties civiles a estimé la peine trop faible, évoquant une « véritable négligence ». L’avocat de la défense, Me Yannick Barré, a qualifié la décision de « mesurée et adaptée » et rappelé que son client « n’est pas un délinquant ».
La conductrice blessée n’était pas présente à l’audience finale. À Montbéliard, d’autres affaires mobilisent le tribunal correctionnel ces dernières semaines, comme en témoigne la mise en examen récente d’un homme à Belfort pour tentative de meurtre.
Contexte dans le Territoire de Belfort et le Doubs
L’accident s’est produit sur la section doubiste de l’A36, à proximité immédiate du Territoire de Belfort (90), axe routier majeur reliant Mulhouse à Besançon. Cette autoroute supporte un trafic de poids lourds dense en provenance et à destination de l’Allemagne et de la Suisse.
La configuration de la chaussée à Écot - absence de bande d’arrêt d’urgence sur plusieurs kilomètres de montée à trois voies - est un point documenté dans les sources locales. Aucune décision d’aménagement n’a été annoncée à ce stade par les gestionnaires de l’infrastructure.
Les accidents impliquant des poids lourds sur cette portion de l’A36 ne sont pas inédits, mais la couverture de ce dossier est restée limitée aux médias locaux : L’Est Républicain et ICI Belfort Montbéliard.
La suite en décembre
Le volet pénal est désormais clos, le prévenu n’ayant pas annoncé d’appel. Une audience civile sur les dommages-intérêts est prévue en décembre 2026 - la date exacte n’a pas été communiquée.
Sources
- L'Est Républicain : Du sursis pour le routier qui avait percuté de plein fouet les occupants d'une voiture en panne sur l'autoroute A36
- L'Est Républicain : Un routier avait fauché les occupants d'une voiture en panne sur l'A36 : un couac dans l'enquête retarde le procès
- ICI Belfort Montbéliard (France Bleu / Radio France) : "Ça aurait tous pu nous arriver" : son camion percute mortellement deux piétons en panne sur l'A36, un routier condamné
- ICI Belfort Montbéliard (X) : Tweet @icibelfort — verdict du tribunal de Montbéliard, 4 juin 2026