A69 : des militants XR bloquent une usine à bitume à Puylaurens, à six jours du Conseil d’État

Une quinzaine d'activistes d'Extinction Rebellion ont investi la centrale d'enrobés du chantier le 9 juin 2026, à la veille d'une audience décisive.

A69 : des militants XR bloquent une usine à bitume à Puylaurens, à six jours du Conseil d'État
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

Le 9 juin 2026, une quinzaine de militants d'Extinction Rebellion ont bloqué symboliquement la centrale d'enrobés du chantier de l'A69 à Puylaurens, dans le Tarn. L'action précède de six jours l'audience au Conseil d'État, fixée au 15 juin, sur le recours des opposants à l'autoroute.

L’essentiel

  • Action le 9 juin 2026 : une quinzaine de militants XR ont investi et bloqué symboliquement la centrale d’enrobés du chantier A69 à Puylaurens (Tarn).
  • Audience le 15 juin 2026 à 14h : le Conseil d’État examine le recours des opposants contre la validation du chantier par la cour administrative d’appel de Toulouse.
  • Projet à 450-500 M€ : l’A69 (62 km, Toulouse-Castres) est concédée à Atosca pour 55 ans ; les travaux ont débuté en mars 2023, la mise en service complète est prévue fin 2026.
  • Intervention calme : les gendarmes ont extrait les manifestants sans heurts, selon La Dépêche du Midi et Le Tarn Libre.

Banderole et chaîne humaine sur le site

Mardi 9 juin 2026, en milieu de matinée, une quinzaine de militants du mouvement Extinction Rebellion ont pénétré dans la centrale d’enrobés (usine à bitume) de Puylaurens, commune du Tarn-Sorézois directement traversée par le tracé de l’A69. Banderole déployée, chaîne humaine assise au sol : l’activité du site a été paralysée pendant la durée de l’action, par mesure de sécurité, selon La Dépêche du Midi et Le Tarn Libre.

Les gendarmes sont intervenus dans le calme. L’extraction des militants s’est déroulée sans heurts majeurs, dans un dialogue qualifié de « cordial » par les deux médias locaux. Aucune interpellation n’a été signalée à ce stade.

« Rappeler que ce projet est anachronique »

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Le choix du site n’est pas anodin. La centrale d’enrobés produit le bitume utilisé pour la chaussée de l’autoroute. En la ciblant, XR entend pointer les impacts environnementaux directs du chantier : émissions de polluants dans l’air et dans l’eau, selon le communiqué relayé par le compte officiel @xrFrance.

Extinction Rebellion a documenté l’action sur X le 10 juin 2026 :

L’objectif affiché est explicitement lié au calendrier judiciaire : « rappeler que ce projet est anachronique » à quelques jours de l’audience au Conseil d’État, indique La Dépêche du Midi. Le mouvement se saisit de la fenêtre médiatique ouverte par la procédure contentieuse.

Le 15 juin, rendez-vous au Conseil d’État

L’audience est fixée au lundi 15 juin 2026 à 14h. Elle porte sur le pourvoi formé par le collectif La Voie est libre (LVEL) contre l’arrêt de la cour administrative d’appel de Toulouse, qui avait validé l’autorisation environnementale du chantier.

Dans un communiqué repris par France 24 et ToulÉco, LVEL déclare : « Il est l’heure pour le Conseil d’État de remettre le Tarn sur le Droit chemin » et affirme que « sauf à tordre le droit, le Conseil d’État n’aura d’autre choix que de corriger l’erreur de droit manifeste de la cour d’appel de Toulouse. » La juridiction suprême n’a pas encore rendu son avis.

Une annulation de l’autorisation pourrait, en théorie, contraindre à l’arrêt du chantier. Mais à ce stade, aucune décision n’est connue. La mise en service complète de l’autoroute reste prévue pour fin 2026, selon le calendrier officiel du concessionnaire Atosca.

Contexte dans le Tarn

L’A69 est l’un des sujets les plus polarisants du département depuis plusieurs années. Long de 62 km, le projet relie Toulouse (Verfeil) à Castres. Il a été déclaré d’utilité publique en juillet 2018. Les travaux ont débuté en mars 2023, sous maîtrise d’ouvrage d’Atosca, concessionnaire pour 55 ans depuis avril 2022. Le coût total est estimé entre 450 et 500 millions d’euros, financé majoritairement par des fonds privés, avec environ 6 % de subventions publiques (soit environ 23 millions d’euros), selon Wikipedia et le site d’Atosca.

Une section (l’ancienne A680) est ouverte à la circulation depuis juillet 2025. La mobilisation contre le chantier est continue depuis le début des travaux : Albi et Castres restent des foyers de protestation réguliers sur plusieurs thématiques liées à l’aménagement du territoire tarnais.

XR Albi est l’une des antennes locales les plus actives sur ce dossier. L’action de Puylaurens s’inscrit dans une série d’interventions sur le chantier depuis 2023, dont certaines avaient mobilisé des effectifs plus importants. Les raisons du choix précis de cette centrale d’enrobés plutôt qu’un autre site du chantier n’ont pas été détaillées publiquement par le mouvement.

Prochaine étape

L’audience au Conseil d’État du 15 juin 2026 à 14h constituera l’étape juridique la plus déterminante depuis la validation en appel. La décision de la haute juridiction pourrait fixer durablement le cadre légal du chantier - dans un sens ou dans l’autre.

Virginie
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Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Virginie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Tarn (81), avec Albi pour chef-lieu. Spécialité du département : cite episcopale Albi UNESCO et Toulouse-Lautrec. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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