Affaire Lyhanna : l’enquête sur la plainte pour viols de la petite Rosa transférée à Agen
L'antenne d'Agen de la Section de recherches de Bordeaux reprend les investigations après un rapport d'inspection pointant des dysfonctionnements graves dans le traitement de la plainte déposée en août 2025.
La plainte pour viols déposée par la mère d'une fillette de 12 ans, Rosa, a été retirée à la gendarmerie de Condom (Gers) et confiée à l'antenne d'Agen de la Section de recherches de Bordeaux. Un rapport d'inspection du 22 juin 2026 a mis au jour des retards et négligences dans le suivi de cette procédure.
L’essentiel
- Fait 1 : La plainte pour viols déposée en août 2025 par la mère d’une fillette de 11 ans, Rosa, accusant Jérôme Barella de viol a fait l’objet d’une enquête.
- Fait 2 : L’enquête est désormais menée par l’antenne d’Agen de la Section de recherches (SR) de Bordeaux, service spécialisé dans les affaires graves.
- Fait 3 : Un rapport d’inspection ministériel du 22 juin 2026 a révélé que la plainte n’avait pas été traitée en priorité et que le suspect, Jérôme Barella, n’avait pas été auditionné pendant près d’un an.
- Fait 4 : Le ministre de l’Intérieur Sébastien Lecornu a reconnu que « la chaîne de protection a failli », et des premières sanctions ont été prononcées.
Ce qui s’est passé
La mère d’une fillette de 12 ans, prénommée Rosa dans les médias, avait déposé plainte en août 2025 à la gendarmerie de Condom, dans le Gers. Elle accusait Jérôme Barella, 45 ans, d’une cinquantaine de viols commis sur sa fille. Rosa n’est pas la sœur de Lyhanna, une adolescente disparue dont l’affaire a connu un retentissement national, mais une amie et camarade de classe des filles du suspect.
Pendant près d’un an, la plainte n’a donné lieu à aucune audition de Barella, ni à des vérifications prioritaires. Ce n’est qu’après la publication d’un rapport d’inspection ministériel, le 22 juin 2026, que le dossier a été retiré à la gendarmerie de Condom et confié à l’antenne d’Agen de la Section de recherches de Bordeaux, une unité spécialisée dans les enquêtes complexes et sensibles.
Les révélations du rapport d’inspection
Le rapport d’inspection, rendu public le 22 juin 2026, épingle la gestion du dossier par la gendarmerie du Gers. Selon les informations de BFM TV, confirmées par plusieurs médias, la plainte « n’a pas été traitée comme une procédure prioritaire », malgré la gravité des faits. L’inspection note également que Jérôme Barella n’a pas été auditionné dans le cadre de cette plainte, alors que des signalements antérieurs pour viols sur mineure le visaient déjà.
Le ministre de l’Intérieur Sébastien Lecornu a réagi immédiatement, déclarant que « la chaîne de protection a failli ». Il a annoncé des premières sanctions contre les responsables des défaillances, sans préciser leur nature ni leur nombre, comme le rapporte Ouest-France.
Un transfert rapide vers l’antenne agenaise
Dès le 26 juin 2026, l’enquête a été confiée à l’antenne d’Agen de la Section de recherches de Bordeaux. Cette unité, basée dans le Lot-et-Garonne, est habilitée à traiter les affaires criminelles les plus graves, en lien avec les parquets locaux. Le parquet d’Agen a confirmé la saisine, indiquant que les investigations reprendraient à zéro.
Ce transfert marque un changement d’échelle dans le traitement judiciaire de l’affaire. La SR de Bordeaux dispose de moyens techniques et humains plus importants pour mener des investigations approfondies, notamment des auditions de mineurs protégées et des expertises médico-légales.
Dans le même temps, une fausse alerte mobilisait dix pompiers à la cathédrale Saint-Étienne de Cahors, dans le département voisin du Lot, illustrant la diversité des interventions de secours dans la région.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Le Lot-et-Garonne, département rural de 330 000 habitants, est habituellement peu confronté à des affaires criminelles d’une telle ampleur médiatique. L’antenne d’Agen de la SR de Bordeaux, forte d’une vingtaine d’enquêteurs, intervient sur l’ensemble du département mais aussi dans le Gers et une partie des Landes. Selon les données de la gendarmerie, elle traite en moyenne une quinzaine de dossiers sensibles par an (meurtres, viols, disparitions).
Cette affaire intervient alors que Jérôme Barella est également mis en examen dans la disparition de Lyhanna, une adolescente de 13 ans dont le corps n’a pas été retrouvé. Barella, qui participait aux recherches le soir de la disparition selon les enquêteurs, est en détention provisoire depuis avril 2026. Plusieurs autres plaintes pour viols sur mineure le visent, certaines remontant à plusieurs années.
Le maire d’Agen, Jean Dionis du Séjour, n’a pas souhaité commenter cette affaire en cours. Le parquet d’Agen précise que les investigations sont menées sous la direction d’un juge d’instruction.
Dans un registre différent, une passation de commandement père-fille chez les pompiers à Bastide-des-Jourdans (Var) a marqué la vie locale, rappelant l’importance des services de secours sur l’ensemble du territoire.
Prochaine étape : la confirmation des auditions
Les enquêteurs de la SR d’Agen doivent désormais reprendre l’intégralité de la procédure et auditionner les témoins, dont la fillette et son entourage, ainsi que le suspect Jérôme Barella. Aucune date d’audition n’a été communiquée à ce stade. Le parquet d’Agen n’exclut pas de nouvelles mises en examen si les investigations confirment les accusations.
L’affaire Rosa continue de susciter une vive émotion dans le Gers et le Lot-et-Garonne, où les familles des victimes présumées attendent des réponses.