Agroalimentaire en Aveyron : le rapport 2024 confirme une filière solide

Le secteur emploie 3 800 personnes dans 250 établissements, avec le Roquefort comme locomotive économique du département.

Agroalimentaire en Aveyron : le rapport 2024 confirme une filière solide
Illustration Claire Rouquier / info.fr

Le rapport d'activité 2024 du conseil départemental de l'Aveyron dresse un bilan positif pour l'agroalimentaire local. Chiffres d'affaires en hausse, nouveaux labels, contrats territoriaux : le secteur consolide sa place dans l'économie régionale. Decazeville a signé son propre contrat le 17 juillet dernier.

Le secteur agroalimentaire aveyronnais représente 250 établissements et 3 800 emplois, selon le rapport d’activité 2024 du conseil départemental. Il contribue à plus de 20 % de l’activité agricole et agroalimentaire d’Occitanie. L’agriculture compte 7 600 exploitations, pour un chiffre d’affaires global de 1,2 milliard d’euros, dont 237 millions issus de produits labellisés, d’après les données publiées sur aveyron.fr.

Le Roquefort, pilier indétrônable

L’AOP Roquefort reste la pièce maîtresse du dispositif. Première appellation de l’Histoire, créée en 1925, elle génère 120 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel via sept caves et environ 300 emplois directs, selon Ecomnews. Elle s’appuie sur 1 334 élevages et plus de 5 000 emplois directs non délocalisables, comme le rappelle Midi Libre. Le groupe Lactalis, acteur central de la filière à Roquefort-sur-Soulzon, a annoncé en avril 2025 un chiffre d’affaires de 30,3 milliards d’euros en 2024, en hausse de 2,7 %, selon Centre Presse Aveyron.

Le marché mondial du Roquefort devrait progresser de 1,52 milliard de dollars en 2024 à 2,01 milliards d’ici 2032, soit un taux de croissance annuel composé de 3,53 %, porté par la demande européenne et asiatique, d’après WiseGuyReports.

Decazeville dans la boucle des contrats territoriaux

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En 2024, cinq nouveaux Contrats de Performance Agroalimentaire Territoriaux (CPAT) ont été signés, dont celui de Decazeville le 17 juillet, portant le total à 21 contrats actifs dans le département, selon le rapport officiel. Ces contrats visent notamment à renforcer les circuits courts à l’échelle locale.

Toujours en 2024, 30 nouvelles entreprises ont décroché un produit labellisé, portant le total à 320 entreprises labelisées en Aveyron. Le Projet Alimentaire Territorial (PAT) aveyronnais, labellisé par l’État le 1er juin 2023, a reçu un financement de 100 000 euros sur trois ans via l’appel à projet du Programme National de l’Alimentation.

Des signaux de vigilance

Le tableau n’est pas entièrement sans ombre. L’Aveyron a perdu 1 000 exploitations en six ans. Le nombre d’entreprises de l’aval bio a légèrement reculé de 0,5 % sur cinq ans, et les surfaces bio ont baissé de 0,3 % (-254 hectares), selon l’Agence Bio. Des tensions sur les prix du lait ont également agité la filière Roquefort ces derniers mois, comme en témoignent les mobilisations d’éleveurs.

Le salon Provinlait, tenu à Réquista, a été l’occasion d’échanges sur la transmission des exploitations et l’installation des jeunes agriculteurs, selon le préfet de l’Aveyron.

Sources

Claire Rouquier

Claire Rouquier

Correspondante à Rodez, elle traite l'élevage, le fromage Roquefort, les débats sur l'éolien sur l'Aubrac et la désertification médicale. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi dans l'Aveyron et sillonne les cantons ruraux. Ligne de travail : vérifier chaque projet sur le cadastre, interroger les conseillers départementaux, donner la parole aux habitants avant de conclure.

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