Ajaccio : deux mineures mises en examen après la mort d’un trentenaire
Les adolescentes de 17 ans sont poursuivies pour non-assistance à personne en danger et vol après le décès d'un homme de 33 ans sur le cours Napoléon.
L'enquête sur le drame survenu dans le centre-ville d'Ajaccio franchit une nouvelle étape. Deux adolescentes de 17 ans ont été mises en examen le 16 juillet pour non-assistance à personne en danger, vol et diffusion d'images après la mort d'un homme de 33 ans le 8 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Deux adolescentes de 17 ans ont été mises en examen le 16 juillet 2026 pour non-assistance à personne en danger, vol et diffusion d'images.
- La victime, un homme de 33 ans, est décédée le 8 juillet des suites d'une agression survenue dans la nuit du 3 au 4 juillet sur le cours Napoléon à Ajaccio.
- Le procureur Nicolas Septe a révélé que la victime avait elle-même appelé la police après une altercation verbale, écartant la piste d'une rixe.
- Un homme majeur, Aurèle Acquaviva, a été mis en examen pour des violences commises sur la victime.
- Les deux mineures ont été laissées libres sous contrôle judiciaire à l'issue de leur audition.
Ce qui s’est passé
Un homme de 33 ans est décédé le 8 juillet 2026 des suites de ses blessures après avoir été agressé sur le cours Napoléon à Ajaccio dans la nuit du 3 au 4 juillet, selon les informations révélées par le parquet.
Deux adolescentes de 17 ans ont été mises en examen le 16 juillet pour non-assistance à personne en danger, vol en réunion sur personne vulnérable et diffusion d’images de l’infraction. Elles ont été laissées libres sous contrôle judiciaire à l’issue de leur audition.
Un homme majeur, Aurèle Acquaviva, a également été mis en examen pour des violences commises sur la victime après avoir été appelé sur place par les deux mineures, selon Entrevue.
La version du procureur contredit la piste de la rixe
Le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, a contredit la version d’une rixe en révélant que la victime avait elle-même appelé la police après une altercation verbale avec les mineures.
De l’argent liquide a été volé sur la victime alors qu’elle était inanimée au sol. Des images de l’homme inconscient ont été diffusées sur les réseaux sociaux.
La révélation du procureur modifie radicalement la qualification des faits. L’homme n’était pas impliqué dans une bagarre : il était la cible.
Les qualifications retenues
Les deux adolescentes sont poursuivies pour trois chefs d’accusation. La non-assistance à personne en danger est retenue car elles auraient laissé la victime inanimée sans appeler les secours. Le vol en réunion sur personne vulnérable concerne le prélèvement d’argent liquide sur un homme inconscient. La diffusion d’images de l’infraction vise la publication de vidéos sur les réseaux sociaux.
Le troisième mis en examen, majeur, est poursuivi pour violences. Selon les éléments du dossier, il aurait été contacté par les mineures après l’altercation initiale.
Les peines encourues pour non-assistance à personne en danger peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le vol aggravé et la diffusion d’images alourdissent le tableau pénal.
Contexte en Corse-du-Sud
Ajaccio, préfecture de la Corse-du-Sud et ville la plus peuplée de l’île avec environ 80 000 habitants, concentre une part importante de la délinquance enregistrée dans le département. Le cours Napoléon, artère centrale du centre-ville, est un lieu de passage fréquenté, notamment la nuit.
La Corse-du-Sud enregistre un taux de criminalité légèrement supérieur à la moyenne nationale, selon les données du ministère de l’Intérieur. Les violences urbaines et les affaires impliquant des mineurs soulèvent régulièrement des questions sur la prévention et l’encadrement judiciaire.
Ce drame rappelle une autre affaire récente qui a mobilisé la justice, l’enquête ouverte contre le rappeur Lyrrix en Guadeloupe pour des faits liés à la diffusion de contenus violents.
Le contrôle judiciaire et la suite de l’enquête
Les deux mineures mises en examen ont été laissées libres sous contrôle judiciaire. Cette mesure impose généralement des obligations comme l’interdiction de contact avec les co-auteurs ou la victime, une obligation de se présenter régulièrement aux autorités, ou encore l’interdiction de fréquenter certains lieux.
L’instruction se poursuit pour établir le déroulement exact des faits. Les enquêteurs devront notamment déterminer la chronologie précise des événements, le rôle de chacun et les circonstances du décès.
La question de la diffusion des images constitue un volet particulier de l’enquête. Les réseaux sociaux sont devenus un terrain d’investigation prioritaire dans ce type d’affaires, comme l’a montré le rôle croissant de la justice dans le contrôle des contenus.
Prochaine étape
Le juge d’instruction poursuivra les auditions et l’exploitation des preuves numériques. La date du procès n’a pas été fixée à ce stade. Les trois mis en examen comparaîtront devant le tribunal correctionnel pour les majeurs, et le tribunal pour enfants pour les mineures.
