Angers : le lait contaminé écarté, l’asphyxie accidentelle retenue dans la mort du nourrisson
Le parquet d'Angers écarte tout lien entre le lait Guigoz et le décès du bébé de 27 jours, mort le 23 décembre 2025.
Un bébé de 27 jours est mort le 23 décembre 2025 dans un domicile angevin. Il avait consommé du lait Guigoz d'un lot contaminé rappelé par Nestlé. Les analyses toxicologiques ont écarté ce lien le parquet retient désormais la piste d'une asphyxie involontaire liée au co-dormir.
Un bébé de 27 jours est mort le 23 décembre 2025 dans un domicile angevin. Il avait consommé du lait Guigoz d’un lot contaminé rappelé par Nestlé. Les analyses toxicologiques ont écarté ce lien : le parquet retient désormais la piste d’une asphyxie involontaire liée au co-dormir.
L’essentiel
- Décès : un nourrisson de 27 jours est mort le 23 décembre 2025 à Angers (Maine-et-Loire).
- Lait hors de cause : les analyses toxicologiques écartent tout lien causal avec le lait Guigoz contaminé par la toxine céréulide.
- Piste retenue : l’autopsie conclut à une asphyxie involontaire liée au co-dormir mère-enfant dans le même lit.
- Garde à vue : la mère a été entendue fin avril 2026 dans le cadre de l’enquête.
- Dossier non clos : une expertise toxicologique finale reste attendue avant toute décision sur les suites judiciaires.
Un décès survenu dans un contexte de rappel national
Le 23 décembre 2025, un nourrisson de 27 jours décède au domicile familial à Angers. La famille utilisait du lait infantile Guigoz appartenant à un lot rappelé par Nestlé depuis le 10 décembre 2025 pour présence potentielle de Bacillus cereus produisant la toxine céréulide. Ce rappel avait été élargi le 5 janvier 2026 à plus de vingt références, selon les informations croisées par Le Parisien et Franceinfo.
La concomitance entre la consommation du lait rappelé et le décès avait conduit le parquet d’Angers à ouvrir une enquête. Pendant plusieurs semaines, le lien potentiel avec la contamination était la piste principale examinée.
Les analyses toxicologiques innocentent le lait
Les résultats des analyses toxicologiques ont écarté tout lien de causalité entre la consommation du lait contaminé et la mort du bébé, selon Le Figaro et Franceinfo. Le procureur d’Angers, Éric Bouillard, a été explicite : « On écarte le lien entre le lait et le décès », précisant que l’hypothèse d’une asphyxie est désormais privilégiée.
L’autopsie pointe une asphyxie involontaire : la mère avait dormi dans le même lit que le nourrisson dans la nuit du décès, selon Le Parisien et Franceinfo. Cette situation, désignée sous le terme de co-dormir ou bed-sharing, figure parmi les facteurs de risque identifiés de mort inattendue du nourrisson.
La mère entendue en garde à vue fin avril 2026
La mère de l’enfant a été placée en garde à vue fin avril 2026, selon Le Parisien et Ouest-France. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une enquête pour mort suspecte. Elle ne préjuge pas de la qualification pénale retenue par le parquet.
Le parquet d’Angers attend la remise d’une expertise toxicologique finale avant de décider des suites judiciaires à donner au dossier, selon Le Figaro et Franceinfo. La décision - classement, ouverture d’une information judiciaire ou autre orientation - n’a pas encore été annoncée. Cette affaire illustre la complexité des dossiers judiciaires en Maine-et-Loire où les premières apparences peuvent conduire à des investigations prolongées.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Angers est la préfecture du Maine-et-Loire, département de 830 000 habitants environ. Ce dossier a mobilisé le parquet d’Angers dès fin décembre 2025 dans un contexte national tendu autour du scandale des laits infantiles contaminés.
Au niveau national, quatre décès de nourrissons avaient été signalés en lien potentiel avec des laits contaminés - à Angers, Bordeaux, Toulouse et Blois - depuis décembre 2025, selon Franceinfo et Le Monde. À ce stade, aucun lien causal n’a été établi dans les enquêtes en cours pour ces différents cas.
Sur la question du co-dormir, l’Observatoire National de la Mort Inattendue du Nourrisson (OMIN) recense environ 244 cas de mort subite du nourrisson par an en France pour la période 2015-2022, une part significative étant liée à des facteurs de sommeil dont le partage du lit adulte-nourrisson. Les recommandations pédiatriques déconseillent systématiquement cette pratique pour les bébés de moins de six mois.
Un scandale national toujours en cours
Le rappel des laits Guigoz avait été initié par Nestlé le 10 décembre 2025 après détection de Bacillus cereus susceptible de produire la toxine céréulide, une substance thermostable pouvant provoquer des vomissements sévères et des troubles gastro-intestinaux. L’alerte avait été élargie le 5 janvier 2026 à plus de vingt références commerciales, générant une forte inquiétude chez les parents.
Dans ce contexte, plusieurs décès de nourrissons ayant consommé des produits concernés par le rappel avaient été signalés aux autorités judiciaires. Le cas angevin est le premier pour lequel le parquet rend publiquement ses conclusions intermédiaires, en écartant formellement la responsabilité du lait. Les enquêtes relatives aux autres décès - à Bordeaux, Toulouse et Blois - suivent leur propre calendrier judiciaire. Des affaires comparables impliquant des décès suspects font l’objet d’investigations similaires, comme en témoigne l’enquête ouverte à Rennes après un autre décès brutal en mai 2026.
Dossier non clos, suites à venir
Malgré les conclusions intermédiaires du parquet, le dossier angevin n’est pas formellement clos. Une expertise toxicologique finale doit encore être rendue, selon Le Figaro et Franceinfo. C’est sur la base de l’ensemble de ces éléments que le procureur Éric Bouillard décidera des suites à donner - qu’il s’agisse d’un classement sans suite, d’un renvoi devant un juge ou d’une autre orientation judiciaire.
La prochaine étape : la remise de l’expertise toxicologique finale déterminera si le parquet engage des poursuites dans ce dossier, ou s’oriente vers un classement.
Sources
- Le Parisien : Le lait contaminé hors de cause dans la mort d'un bébé à Angers, la piste de l'asphyxie privilégiée
- Le Figaro : Le lait contaminé consommé par un bébé mort à Angers mis hors de cause
- Franceinfo : Un lait infantile contaminé mis hors de cause dans la mort d'un bébé à Angers
- Ouest-France : Décès suspect d'un nourrisson à Angers : la thèse du lait Guigoz écartée, la mère entendue en garde à vue