Angers : l’opposition dénonce le vote d’une nouvelle indemnité pour le président de la SPL de restauration scolaire
Le 23 juin, l'assemblée générale de la SPL Alrest a créé une indemnité mensuelle de 1 000 € pour son président, l'adjoint à l'Éducation Antoine Lelarge.
Le groupe d’opposition Demain Angers a vivement réagi au vote d’une indemnité de fonction de 1 000 € par mois pour le président de la SPL Alrest, Antoine Lelarge. Cette décision intervient alors que la structure affiche un déficit et que les tarifs de cantine augmentent.
L’essentiel
- 23 juin 2026 : l’assemblée générale de la SPL Alrest (Papillote et Compagnie) vote une indemnité de 1 000 €/mois pour son président Antoine Lelarge.
- 24 juin : le groupe Demain Angers publie un communiqué intitulé « L’indemnité de trop » dénonçant cette décision.
- Déficit : Alrest enregistre un deuxième exercice déficitaire, avec -146 652 € en 2025, et la Ville d’Angers a gelé sa subvention.
- Contexte social : les familles subissent une hausse des tarifs de la restauration scolaire ; une proposition de gel des tarifs pour les plus modestes (estimée à 6 000 €) avait été rejetée.
Une nouvelle polémique agite la vie municipale d’Angers. Le 23 juin 2026, l’assemblée générale de la société publique locale (SPL) Alrest, qui gère la marque de restauration scolaire Papillote et Compagnie, a voté la création d’une indemnité de fonction pour son président, Antoine Lelarge. Ce dernier est également adjoint à l’Éducation de la Ville d’Angers. Le montant fixé est de 1 000 € par mois, soit 12 000 € par an.
Une décision votée malgré des réserves
Selon le compte rendu de l’assemblée générale publié par le groupe d’opposition Demain Angers, cette délibération a été adoptée par les représentants des collectivités actionnaires. Cependant, trois abstentions ont été enregistrées. Aucune voix contre n’est mentionnée. Contacté, le cabinet d’Antoine Lelarge n’a pas encore répondu à nos sollicitations.
Le groupe Demain Angers, qui regroupe des élus de gauche et écologistes, a rapidement réagi. Dès le 24 juin, il a diffusé un communiqué intitulé « L’indemnité de trop ». L’élue Kildine Le Proux de la Rivière, qui siège au conseil d’administration d’Alrest, en est la signataire principale.
« Une indemnité de trop » dans un contexte budgétaire tendu
L’opposition dénonce un paradoxe financier. « Alors que la SPL Alrest enregistre son deuxième déficit annuel consécutif (146 652 € en 2025), que la Ville d’Angers a décidé de geler sa subvention et que les familles angevines subissent une hausse des tarifs de cantine, créer une indemnité de 1 000 € par mois pour le président est incompréhensible », écrit le groupe dans son communiqué.
Le communiqué rappelle également qu’une proposition visant à geler les tarifs pour les familles les plus modestes, estimée à 6 000 €, avait été rejetée précédemment au nom de la rigueur budgétaire. « Ce rejet et cette indemnité nouvelle montrent un problème d’équité et de priorités », ajoute l’opposition.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Angers, préfecture du Maine-et-Loire et deuxième ville de la région Pays de la Loire, compte environ 155 000 habitants. La SPL Alrest, détenue par la Ville d’Angers et des communes de l’agglomération, assure chaque jour la production et la livraison de repas dans les écoles primaires du territoire. Elle emploie plusieurs centaines de salariés et représente un budget annuel de plusieurs millions d’euros. Le déficit de 146 652 € pour 2025 est significatif dans ce contexte de tensions inflationnistes sur les matières premières et les transports. La décision de geler la subvention municipale a été prise au printemps dernier par la majorité du maire Christophe Béchu (Horizons).
L’opposition réclame désormais des explications sur les critères retenus pour l’attribution de cette indemnité et sur ses modalités de versement. « Nous demandons la publication des comptes détaillés de la SPL et le retour du conseil d’administration sur cette délibération », précise Kildine Le Proux de la Rivière.
De son côté, la majorité municipale n’a pas encore réagi officiellement. Interrogé par Ouest-France, le cabinet d’Antoine Lelarge a indiqué qu’une conférence de presse serait organisée d’ici la fin de la semaine.
Dans un autre registre, la question de la transparence des rémunérations des élus dans les sociétés publiques locales agite régulièrement les conseils municipaux. Un précédent en Savoie avait déjà soulevé des interrogations sur ce type d’indemnités. Plus localement, l’intervention des pompiers en Sarthe a mobilisé les forces de secours ce week-end.
Prochaine étape
Le groupe Demain Angers a annoncé son intention de saisir le préfet du Maine-et-Loire pour demander un contrôle de légalité de cette délibération. Aucune date d’audience n’est encore fixée.