Art Rock : un élu des Côtes-d’Armor dénonce la charte anti-bœuf du festival
Mickaël Chevalier, maire de Plumaugat, critique une mesure qu'il juge incohérente sur le plan carbone
Le festival Art Rock impose depuis cette édition une charte aux restaurateurs ambulants, leur demandant notamment de ne pas servir de bœuf. Un élu du conseil départemental des Côtes-d'Armor y voit une « posture » et réclame plus de cohérence de la part des organisateurs.
L’essentiel
- 43e édition : Art Rock s’est tenu les 22, 23 et 24 mai 2026 à Saint-Brieuc, avec environ 81 000 festivaliers sur trois jours.
- Charte imposée : Les restaurateurs du site payant doivent signer un engagement incluant l’absence de bœuf au menu, la valorisation des produits locaux et la réduction des déchets.
- Parti pris assumé : Aurélie Denis (communication Art Rock) a déclaré à Ouest-France le 23 mai 2026 : « C’est un parti pris que l’on assume ».
- Réaction politique : Mickaël Chevalier, chef de file de l’Union du centre et de la droite au conseil départemental, a dénoncé une « posture » le 27 mai 2026 dans les colonnes d’Ouest-France.
- Précédent régional : Le festival Panoramas à Morlaix a pris des mesures similaires de suppression de viande rouge pour réduire son empreinte carbone.
Une charte signée avant d’entrer sur le site
Pour accéder aux espaces de restauration du site payant d’Art Rock, les vendeurs ambulants doivent désormais s’engager sur plusieurs points. Selon Ouest-France, la charte porte sur trois axes : favoriser les produits locaux, limiter les déchets, et s’abstenir de proposer de la viande de bœuf.
Cette dernière exigence est justifiée par les organisateurs sur le plan climatique. Aurélie Denis, chargée de communication du festival, l’a expliqué sans détour à Ouest-France : « Nous demandons de ne pas proposer de bœuf, car c’est la viande qui génère le plus d’émissions de carbone. C’est un parti pris que l’on assume ».
Le festival, qui en est à sa 43e édition, a réuni environ 81 000 festivaliers cette année, un chiffre stable par rapport aux éditions précédentes (82 000 en 2024, environ 80 000 en 2025, selon Ouest-France et Wikipedia).
L’élu dénonce un « bon et un mauvais carbone »
Mickaël Chevalier, maire de Plumaugat (4e mandat depuis 2026) et chef de file de l’Union du centre et de la droite au conseil départemental des Côtes-d’Armor, a réagi publiquement. Il salue l’intention environnementale du festival, mais conteste la logique de la démarche.
Selon Ouest-France (27 mai 2026), il dénonce une « posture » qui crée selon lui un « bon et un mauvais carbone » : cibler la viande bovine sans questionner les déplacements des festivaliers, la logistique des équipements scéniques ou les installations énergivores reviendrait, selon lui, à une sélectivité contestable.
Mickaël Chevalier est également vice-président de Dinan Agglomération. Son intervention s’inscrit dans un contexte agricole sensible en Côtes-d’Armor, département où l’élevage bovin reste une activité économique significative. La question du dialogue entre acteurs agricoles et pouvoirs publics agite régulièrement d’autres territoires ruraux français.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Les Côtes-d’Armor sont l’un des premiers départements agricoles de Bretagne. La filière bovine, lait et viande, y représente une part non négligeable de l’activité rurale. La prise de position d’un festival urbain comme Art Rock - basé à Saint-Brieuc, préfecture du département - sur la question de la viande bovine ne passe pas inaperçue dans ce contexte.
Art Rock est l’un des festivals les plus anciens de Bretagne. Sa 43e édition confirme son ancrage dans le paysage culturel régional. La question de l’empreinte carbone des grands événements est montée en puissance ces dernières années. En Bretagne, le Finistère voisin et le Morbihan sont aussi concernés par les enjeux environnementaux liés aux activités de plein air estivales.
D’autres festivals bretons ont ouvert la voie. Panoramas, à Morlaix (Finistère), a supprimé la viande rouge de ses stands et mis en place des trajets en train et une jauge réduite, selon Ouest-France. Art Rock s’inscrit dans cette tendance, mais avec une approche qui divise.
Une mesure contractuelle, pas réglementaire
Il convient de préciser que l’interdiction du bœuf ne s’applique qu’aux restaurateurs du site payant, signataires de la charte. Elle ne concerne pas les commerces alentour ni les espaces hors périmètre festival. La charte est un document contractuel privé, pas une réglementation municipale ou préfectorale.
Les organisateurs n’ont pas précisé à ce stade si des contrôles sont effectués ou quelles conséquences s’appliquent en cas de non-respect. La mairie de Saint-Brieuc n’a pas fait de déclaration publique sur le sujet selon les sources disponibles. La question du rôle des élus locaux face aux choix des organisateurs d’événements culturels reste posée dans plusieurs communes bretonnes.
Le débat, relayé sur X dès la publication de l’article d’Ouest-France, illustre les tensions entre démarches environnementales volontaires dans le secteur culturel et réalités économiques et symboliques du monde agricole local. Art Rock n’a pas communiqué de suite à la réaction de Mickaël Chevalier à la date de publication de cet article.
Sources
- Ouest-France : Art Rock « demande de ne pas proposer de bœuf » : cet élu des Côtes-d'Armor dénonce la posture du festival
- Ouest-France : Pour pouvoir servir à manger sur ce gros festival des Côtes-d'Armor, ces restaurateurs doivent respecter une charte
- Ouest-France : Plus de viande rouge, des trajets en train, une jauge réduite... Voici comment Panoramas réduit son empreinte carbone
- Wikipédia : Festival Art Rock