Aude : l’arrachage massif de vignes menace 3 000 emplois et la filière viticole

4 436 hectares concernés en 2026, après 4 955 ha supprimés en 2025, dans un plan national de 130 millions d'euros

Aude : l'arrachage massif de vignes menace 3 000 emplois et la filière viticole
Illustration Nicolas Serrano / info.fr

L'Aude va perdre près de 15 % de son vignoble en deux ans. Après 4 955 hectares arrachés en 2025, 4 436 ha supplémentaires sont concernés en 2026. Une décision qui menace des milliers d'emplois et bouleverse l'économie locale, dans un contexte de surproduction et de crise viticole.

L’Aude entre dans une phase critique de son histoire viticole. FranceAgriMer a donné le 20 avril 2026 le feu vert pour l’arrachage de 4 436 hectares de vignes dans le département, selon L’Indépendant. Ces travaux s’ajoutent aux 4 955 hectares déjà supprimés en 2025, portant la perte totale à près de 15 % du vignoble audois en deux ans.

Un plan national de 130 millions d’euros

Ce plan s’inscrit dans un dispositif national doté de 130 millions d’euros, visant à arracher 27 929 hectares de vignes en France en 2026. L’Aude concentre 16 % de ces surfaces, avec une aide de 4 000 € par hectare, comme l’indique Vitisphere. La production viticole audoise a chuté de 52 % ces dernières années, passant de 3,9 à 2 millions d’hectolitres, selon Le JDD.

Des milliers d’emplois en péril

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La filière viticole française soutient 600 000 emplois directs et indirects, avec un chiffre d’affaires de 32 milliards d’euros. L’Aude, bassin clé de cette économie, voit aujourd’hui des milliers de postes menacés. Damien Onorre, président du Syndicat des vignerons de l’Aude, résume la situation : « On se coupe un bras pour rééquilibrer le marché », cité par Vitisphere.

Les impacts ne se limitent pas à l’emploi. Les friches laissées par les arrachages augmentent les risques d’incendies et modifient durablement les paysages. Le gouvernement a prolongé les prêts garantis par Bpifrance et allégé les charges sociales de 10 millions d’euros en 2026 pour atténuer les effets de la crise, comme le rapporte 20 Minutes.

Validation européenne en attente

La Commission européenne doit encore valider le plan d’arrachage 2026, avec une notification française envoyée fin mars. Les travaux doivent être achevés d’ici le 31 décembre 2026 pour impacter le millésime 2027. Sébastien Lecornu, ministre de l’Agriculture, a annoncé sur X la mobilisation de 130 millions d’euros pour ce plan, avec des paiements étalés jusqu’en 2027.

À l’échelle nationale, la France pourrait perdre 10 % de son vignoble en trois ans (2024-2026), soit environ 75 000 hectares, principalement dans l’Aude, le Languedoc et Bordeaux, selon TF1 Info.

Contexte

En 2025, l’Occitanie a déjà vu plus de 10 000 hectares de vignes arrachés, contribuant à une baisse de 7,2 % de la production régionale par rapport à 2024, d’après la DRAAF Occitanie. Cette crise s’inscrit dans un contexte de surproduction persistante et de difficultés économiques pour les exploitants, malgré les aides publiques.

Sources

Nicolas Serrano

Nicolas Serrano

Installé à Carcassonne, couvre la viticulture, les tensions sur l'eau, le tourisme de masse dans la Cité et les restructurations hospitalières. Formé à l'IPJ Dauphine, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans l'Aude. Conviction éditoriale : le local exige de connaître les caves coopératives, les syndicats agricoles, les élus de terrain, pas seulement les attachés de presse.

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