Aude : « On conduisait au milieu des flammes », six pompiers racontent Saumos
Six sapeurs-pompiers audois ont témoigné de leur mission de 72 heures sur l'incendie de Saumos en Gironde, décrivant des conditions extrêmes et une solidarité nationale.
Six sapeurs-pompiers de l'Aude sont revenus le 27 juillet après une mission de trois jours sur l'incendie de Saumos en Gironde. Ils décrivent des conditions extrêmes, avec une progression au milieu des flammes et des méthodes de lutte inédites.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Six sapeurs-pompiers de l'Aude ont effectué une mission de 72 heures sur l'incendie de Saumos en Gironde, du 24 au 27 juillet 2026.
- L'incendie a parcouru 42 000 hectares, provoqué l'évacuation de 220 000 personnes et mobilisé 2 750 pompiers avec 88 blessés.
- Les Audois décrivent des conditions extrêmes conduite au milieu des flammes, vent tournant, progression sans répit.
- Un seul fourgon urbain a été envoyé depuis l'Aude, département déjà touché par les incendies estivaux.
- Population et commerçants locaux ont assuré le logement et le ravitaillement des pompiers à Mérignac.
Six sapeurs-pompiers du département de l’Aude sont rentrés le 27 juillet vers midi après 72 heures passées à combattre l’incendie de Saumos en Gironde. Partis le 24 juillet vers 19h, ils ont été les premiers volontaires audois à répondre à l’appel du Centre opérationnel de zone (COZ), rattachés à une colonne d’appui.
« On conduisait au milieu des flammes », résume l’un d’eux dans L’Indépendant. Les conditions sur place n’avaient rien à voir avec les feux habituels de l’Aude : vent tournant, progression rapide, feu qui ne s’arrête jamais.
Des conditions de travail extrêmes
L’incendie de Saumos a parcouru 42 000 hectares et entraîné l’évacuation de 220 000 personnes, selon la préfecture de Gironde. Au total, 2 500 pompiers ont été mobilisés, avec des renforts nationaux et européens. Le bilan provisoire fait état de 84 sapeurs-pompiers blessés.
Les six Audois ont dirigé le feu depuis un axe, en utilisant les méthodes girondines : coupe d’arbres pour créer des pare-feux avant noyage. « Le vent tournait sans arrêt, contrairement à chez nous où il est unidirectionnel », expliquent-ils. La progression se faisait littéralement au cœur des flammes, sans possibilité de repli rapide.
Un seul fourgon a été envoyé depuis l’Aude, un fourgon urbain. Le département, déjà touché par les incendies estivaux, a mobilisé les moyens disponibles. Une équipe de six pompiers de la Mayenne a pris la relève le 27 juillet.
Solidarité nationale et locale
L’appel à renfort est passé par le Centre opérationnel de zone, en lien avec le SDIS 33. La solidarité interdépartementale a fonctionné à plein régime. D’autres départements comme la Seine-et-Marne et le Vaucluse ont également envoyé des renforts ces derniers jours.
Sur place, la population et les commerçants locaux ont assuré le logement et le ravitaillement des pompiers. Un supermarché a été ouvert uniquement pour eux, selon L’Indépendant. Basés à Mérignac, les Audois ont travaillé en rotation continue pendant trois jours.
Contexte dans l’Aude
L’Aude compte environ 380 000 habitants, avec Carcassonne comme préfecture. Le SDIS 11 intervient régulièrement sur des incendies de végétation, notamment dans les massifs de la Montagne Noire et des Corbières. Le département connaît un risque incendie élevé chaque été, amplifié par les épisodes de canicule qui touchent le sud de la France.
Les sapeurs-pompiers audois sont formés aux feux de forêt, mais les conditions rencontrées en Gironde dépassent les standards locaux. Le volume de surface brûlée à Saumos équivaut à plusieurs années d’incendies cumulés dans l’Aude.
Un engagement qui marque
Les six volontaires sont revenus marqués par l’ampleur du sinistre et la violence du feu. Ils soulignent l’efficacité des méthodes girondines, adaptées aux grandes surfaces boisées, et la coordination entre les différentes colonnes de renfort.
L’expérience acquise à Saumos servira pour les prochaines interventions dans l’Aude. Le SDIS 11 reste mobilisé sur le territoire départemental, où le risque incendie demeure élevé jusqu’à fin août.