Aulnay-sous-Bois : des parents d’élèves alertent sur l’air respiré dans les écoles

En Seine-Saint-Denis, des familles réclament des mesures concrètes face à une pollution intérieure et extérieure documentée.

Aulnay-sous-Bois : des parents d'élèves alertent sur l'air respiré dans les écoles
Illustration Fatima Benali / info.fr

Des parents d'élèves d'Aulnay-sous-Bois tirent la sonnette d'alarme sur la qualité de l'air dans les établissements scolaires. Un enjeu de santé publique qui dépasse largement la commune, mais que le contexte local rend particulièrement sensible.

L’alerte n’est pas nouvelle, mais elle revient avec insistance. À Aulnay-sous-Bois, des parents d’élèves interpellent les autorités sur l’air que respirent leurs enfants en classe. En cause : la pollution extérieure - la ville a connu un épisode de mauvaise qualité de l’air le 4 mars 2025, selon Aulnay Libre - mais aussi les conditions de ventilation à l’intérieur des bâtiments.

Des chiffres nationaux qui inquiètent

Une campagne nationale menée en 2025 par l’Observatoire de la qualité de l’environnement intérieur (OQEI) livre des résultats préoccupants : 41 % des écoles françaises présentent un confinement de l’air élevé dans au moins une salle de classe. Plus frappant encore, 96 % dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour les particules fines PM2.5. Ces polluants, liés à la combustion et au trafic routier, affectent la concentration et la santé des enfants sur le long terme.

La Seine-Saint-Denis est particulièrement exposée. En 2021, l’Unicef alertait déjà que plus de trois enfants français sur quatre respirent un air non conforme aux normes OMS - avec une surexposition documentée dans le 93, selon Ouest-France.

Un historique qui pèse en Île-de-France

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Dès 2019, le WWF recensait 682 établissements scolaires franciliens dépassant les seuils légaux de pollution atmosphérique - potentiellement des écoles d’Aulnay-sous-Bois parmi eux. La même année, des parents de l’école Angela-Davis à Montreuil dénonçaient une pollution due à la proximité d’un axe routier, selon Le Parisien. En 2022, un projet d’échangeur autoroutier près d’un groupe scolaire à Saint-Denis avait ravivé les mêmes craintes.

Le cadre réglementaire a évolué. Depuis 2023, la loi impose une surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les écoles, avec évaluation annuelle des moyens d’aération et mesures de CO2. Pour 2026, les collectivités locales ont l’obligation de poursuivre ces plans de surveillance, notamment via l’installation de capteurs et l’optimisation de la ventilation, selon le ministère et les acteurs du secteur.

Reste à savoir si ces obligations se traduisent concrètement dans les écoles d’Aulnay-sous-Bois. Les parents, eux, attendent des réponses. La mairie n’a pas encore communiqué sur le détail des mesures engagées dans les établissements de la commune.

Prochaine étape : Les collectivités franciliennes doivent se conformer aux exigences du plan national de réduction des émissions de polluants (PREPA 2026-2029), en cours de préparation pour atteindre les objectifs européens de 2030.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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