Autain (Seine-Saint-Denis) tacle le ‘cirque PS’ et presse pour une primaire unie avant 2027
La députée L'Après dénonce les blocages socialistes et exige un arbitrage avant l'été sur la primaire du 11 octobre 2026
Clémentine Autain, députée L'Après de la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, a haussé le ton le 12 mai 2026 sur Public Sénat. Elle exige que le PS tranche sur sa participation à la primaire unitaire de la gauche avant l'été, sous peine de compromettre l'union face à 2027.
Clémentine Autain, députée L’Après de la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, a haussé le ton le 12 mai 2026 sur Public Sénat. Elle exige que le PS tranche sur sa participation à la primaire unitaire de la gauche avant l’été, sous peine de compromettre l’union face à 2027.
L’essentiel
- 12 mai 2026 : Autain déclare sur Public Sénat « Nous sommes otages du cirque du PS », lors d’une interview relayée par plus de 67 000 vues sur X.
- 11 octobre 2026 : date annoncée de la primaire unitaire de la gauche non-mélenchoniste, fixée en janvier 2026.
- 8 mai 2026 : Boris Vallaud quitte la direction du PS, fragilisant le processus unitaire.
- 10 mai 2026 : François Hollande déclare « C’est fini, que chacun le comprenne bien », enterrant l’idée d’une primaire élargie au-delà du PS.
- Municipales 2026 : la gauche remporte 19 villes sur 39 en Seine-Saint-Denis, LFI victorieuse à Saint-Denis avec 50,77 % au premier tour.
« Otages du cirque du PS » : la sortie d’Autain
Le ton est direct. Sur Public Sénat ce 12 mai 2026, Clémentine Autain n’a pas ménagé le Parti socialiste. « Il faut que le PS tranche et qu’ils arrêtent de nous prendre en otage dans leur congrès permanent. Jusqu’à l’été je me battrai pour que cette primaire existe », a-t-elle déclaré, selon Public Sénat.
Cofondatrice en 2024 du mouvement L’Après, issu d’une scission avec LFI, Autain se positionne comme candidate à la primaire depuis juin 2025. Elle siège au groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale. Sa démarche repose sur une logique d’union : elle dit être prête à perdre la primaire, mais refuse d’être une « candidate de la division ».
Une primaire sous pression depuis des semaines
La primaire unitaire de la gauche hors LFI, Place publique et PCF a été annoncée en janvier 2026 pour le 11 octobre, selon Le Monde. Mais depuis, le calendrier a dérapé.
Le 8 mai, Boris Vallaud a quitté la direction du PS sur fond de désaccords autour de ce processus, selon BFMTV et Libération. Deux jours plus tard, François Hollande, toujours influent au sein du parti, a enfoncé le clou. « C’est fini, que chacun le comprenne bien », a-t-il déclaré, selon Libération, écartant toute primaire élargie et plaidant pour une « union des centres » plutôt qu’une union de la gauche.
Autain y voit une ligne de fracture nette : « François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », a-t-elle répondu sur Public Sénat.
Un meeting de relance s’était tenu le 5 mai à La Bellevilloise à Paris. Autain, François Ruffin, Olivier Faure (PS) et Marine Tondelier (EELV) y avaient tenté de réanimer la dynamique unitaire, selon Le Parisien. Sans décision tranchée à la sortie.
Ruffin en embuscade, la pression monte
Autain n’est pas seule à menacer d’agir sans le PS. Le 12 mai également, François Ruffin a annoncé qu’il serait candidat à la présidentielle si aucune primaire n’est organisée. Il cite 75 % des électeurs de gauche favorables à une investiture commune, selon LCP et Le Parisien.
Les deux ex-LFI convergent sur le diagnostic - l’union est nécessaire - mais leurs stratégies pourraient se percuter si la primaire n’a pas lieu. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, a confirmé sa propre candidature, hors du périmètre de la primaire.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Le département pèse dans l’équation. Aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la gauche (LDVG, LUG, LVEC confondus) a remporté 19 villes sur 39 en Seine-Saint-Denis, selon mesinfos.fr et les données Wikipedia sur ces scrutins. L’une des victoires symboliques : Saint-Denis, où Bally Bagayoko (LFI) a été élu dès le premier tour avec 50,77 % des suffrages.
Ce résultat illustre la domination électorale de la gauche dans le 93 - et la fragmentation qui la traverse. LFI y reste une force autonome, hors du périmètre de la primaire qu’Autain défend. La tension entre union nationale et rivalités locales y est particulièrement lisible.
Autain représente la 7e circonscription du département. Son parti L’Après, fondé sur les cendres d’un courant LFI dissident, cherche à occuper l’espace entre le PS hésitant et un LFI campé sur sa ligne. Dans ce département très urbanisé, à forte densité de population précaire et de primo-votants, la capacité à mobiliser une gauche unie en 2027 est un enjeu concret, pas seulement rhétorique.
Les tensions au PS après les municipales - notamment sur les alliances avec LFI, critiquées par Hollande - avaient déjà menacé la primaire unitaire annoncée en novembre 2025, selon Le Monde.
Une échéance à définir avant l’été
Autain pose une condition claire : une décision du PS avant l’été 2026. Sans réponse, elle dit qu’elle se battra « bec et ongles » pour que la primaire du 11 octobre existe malgré tout. Les enjeux de la présidentielle 2027 rendent l’arbitrage d’autant plus urgent que le calendrier se resserre.
La prochaine étape est donc dans le camp socialiste : le PS doit se prononcer sur sa participation à la primaire avant la fin juin, selon le cadre posé par Autain. Faute de quoi, l’édifice unitaire construit depuis novembre 2025 risque de s’effondrer avant même le scrutin d’octobre.
Sources
- Public Sénat : François Hollande veut l'union des centres, nous voulons l'union de la gauche, estime Clémentine Autain
- Libération : «C'est fini» : après le départ de Boris Vallaud, François Hollande enterre l'idée d'une primaire avec la gauche au-delà du PS
- Le Parisien : Présidentielle 2027 : François Ruffin sera candidat même s'il n'y a pas de primaire à gauche
- Le Monde : Présidentielle 2027 : la primaire de la gauche unitaire aura lieu le 11 octobre