Aveyron : le médico-social mobilise à Rodez le 26 mai contre salaires gelés et manque d’attractivité
Une intersyndicale nationale (CFDT, FO, Sud, CFTC, CFE-CGC) appelle à un rassemblement devant la préfecture de Rodez le 26 mai à 14h.
Aide à domicile, EHPAD, protection de l'enfance, petite enfance le secteur médico-social aveyronnais descend à nouveau dans la rue le 26 mai 2026. Rassemblement prévu devant la préfecture de Rodez à partir de 14h. Deuxième journée d'action depuis le 10 mars, sur fond de recrutement en crise.
Aide à domicile, EHPAD, protection de l’enfance, petite enfance : le secteur médico-social aveyronnais descend à nouveau dans la rue le 26 mai 2026. Rassemblement prévu devant la préfecture de Rodez à partir de 14h. Deuxième journée d’action depuis le 10 mars, sur fond de recrutement en crise.
L’essentiel
- Date et lieu : Rassemblement le 26 mai 2026 devant la préfecture de Rodez à partir de 14h, avec des débrayages locaux dans le département.
- Deuxième action : Une première journée de mobilisation avait déjà eu lieu le 10 mars 2026 en Aveyron.
- Cinq syndicats : Appel intersyndical national CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et Sud - dit « Acte 4 » - couvrant les branches sanitaire, social, médico-social, aide à domicile, petite enfance, protection de l’enfance et insertion.
- Contexte démographique : En Aveyron, plus d’un habitant sur trois a 60 ans ou plus, selon l’INSEE.
- Chiffre national : 175 000 départs de CDI enregistrés en 2024 dans le secteur au niveau national, selon Opco Santé.
Un rassemblement devant la préfecture, des débrayages en local
Le rendez-vous est fixé le 26 mai à 14h devant la préfecture de Rodez. En parallèle, des débrayages sont prévus dans plusieurs structures du département, selon Centre Presse Aveyron et La Dépêche du Midi. Établissements médico-sociaux, services d’aide à domicile, structures de protection de l’enfance et d’insertion sont concernés.
Cette journée s’inscrit dans l’appel national « Acte 4 » lancé par l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et Sud. Les organisations réclament un plan d’urgence d’embauches et de qualifications, des financements supplémentaires, l’amélioration des conditions de travail et l’arrêt de la financiarisation du secteur - dont la réforme de tarification SERAFIN-PH est citée comme exemple par la CFDT.
« Aujourd’hui, le métier n’attire plus »
Marie-Christine Maurel, secrétaire générale départementale adjointe de la CFDT Santé-Sociaux, résume la situation en une phrase : « La reconnaissance de toutes ces professions passe par une augmentation des salaires. Aujourd’hui, le métier n’attire plus. » Elle appelle à un plan d’urgence portant sur les embauches, les qualifications et les conditions de travail, ainsi qu’à mettre fin à la financiarisation du secteur.
Karine Conte, déléguée CFDT, va plus loin. Elle alerte sur des risques concrets pour les salariés comme pour les personnes prises en charge, liés à la dégradation des conditions de travail. Elle appelle les familles et les particuliers - pas seulement les professionnels - à rejoindre le mouvement le 26 mai.
Pour mémoire, Rodez a récemment honoré d’autres acteurs locaux à l’Hôtel de Ville, mais c’est dans le secteur du soin et de l’accompagnement que les tensions sociales se concentrent ce mois de mai.
Contexte dans l’Aveyron
L’Aveyron est un département rural marqué par une population âgée. Selon l’INSEE, plus d’un habitant sur trois y a 60 ans ou plus. La prise en charge de la dépendance y est un enjeu structurel, et la pénurie de personnels dans le médico-social fragilise directement ce maillage territorial.
La mobilisation du 26 mai n’est pas une première dans le département. Une journée d’action avait déjà eu lieu le 10 mars 2026 sur les mêmes revendications. Des mouvements antérieurs avaient également touché d’autres secteurs de santé dans le territoire aveyronnais ces dernières années, notamment autour des urgences hospitalières à Decazeville.
Dans ce contexte, l’aide carburant de 50 € pour les grands rouleurs qui s’ouvre le 27 mai en Aveyron concerne d’ailleurs en partie des salariés du secteur de l’aide à domicile, dont les déplacements professionnels sont importants.
Une crise nationale qui se lit dans les chiffres
Les difficultés de recrutement dans le secteur social et médico-social se sont aggravées au niveau national ces dernières années. Selon Opco Santé, 175 000 départs de CDI ont été enregistrés en 2024 dans la branche au niveau national. Une large majorité d’établissements déclarent des difficultés à pourvoir leurs postes, selon les données relayées par la presse spécialisée (ASH, Le Media Social).
Le turn-over élevé et les postes vacants alimentent un cercle difficile : moins de personnels, charge de travail accrue pour ceux qui restent, dégradation des conditions, nouvelles démissions. C’est ce mécanisme que dénonce l’intersyndicale avec son « Acte 4 ».
Les revendications portées à Rodez rejoignent celles formulées dans d’autres territoires confrontés à des problématiques similaires de vieillissement de la population et de désertification des métiers du care. La vulnérabilité des seniors est d’ailleurs au cœur d’alertes dans plusieurs départements, signe d’un tissu de protection fragilisé.
Prochaines étapes
La CFDT Santé-Sociaux indique que le mouvement « Acte 4 » prévoit la poursuite des actions à compter du 26 mai, selon un calendrier national. Les modalités locales - poursuite des débrayages, nouvelles dates - n’avaient pas encore été précisées au 22 mai, selon les informations disponibles.
Sources
- Centre Presse Aveyron : "Aujourd'hui, le métier n'attire plus" : le secteur du médico-social organise une nouvelle journée de mobilisation à Rodez le 26 mai
- La Dépêche du Midi : Rodez. Une nouvelle journée de mobilisation pour le médico-social
- CFDT Santé Sociaux : Acte 4 : Grève et mobilisation - BASSMS - BAD
- INSEE : L'Aveyron, un département rural aux dynamiques d'emploi et de population