Avignon placée sous surveillance financière par l’État
La préfecture de Vaucluse officialise l'intégration d'Avignon au réseau d'alerte des finances publiques après un audit révélant 200 millions d'euros de dette
La ville d'Avignon a été officiellement placée en réseau d'alerte des finances publiques le 16 juillet par le préfet de Vaucluse et le directeur départemental des finances publiques. Cette décision fait suite à la publication d'un audit et d'un rapport de la Chambre régionale des comptes révélant une situation financière alarmante.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La ville d'Avignon a été officiellement placée en réseau d'alerte des finances publiques le 16 juillet 2026 par le préfet de Vaucluse
- L'audit du cabinet Klopfer révèle une dette de 200 millions d'euros, soit 2 124 € par habitant fin 2025
- L'épargne brute a chuté de 33,6% en un an, passant de 28 à 18,6 millions d'euros entre 2024 et 2025
- Le conseil municipal a rejeté le compte administratif 2025 le 30 juin, ouvrant la voie à un contrôle renforcé de l'État
La préfecture de Vaucluse et la direction régionale des finances publiques ont confirmé jeudi l’intégration d’Avignon au réseau d’alerte des finances publiques. Cette procédure, prévue par le code général des collectivités territoriales, intervient lorsqu’une commune présente des indices de fragilité financière nécessitant un accompagnement renforcé de l’État.
Une dette de 200 millions d’euros révélée
L’audit financier commandé par le nouveau maire Olivier Galzi et réalisé par le cabinet Michel Klopfer, présenté le 26 juin 2026, dresse un constat sévère. L’endettement global de la ville atteint 200 millions d’euros, soit 2 124 € par habitant au 31 décembre 2025, un montant supérieur aux moyennes régionale et nationale selon l’audit.
L’épargne brute s’est effondrée de 33,6% en un an, passant de 28 millions d’euros en 2024 à 18,6 millions en 2025. Selon le rapport Klopfer, cette capacité d’autofinancement ne permet plus de couvrir le remboursement de la dette.
La Chambre régionale des comptes PACA a publié le 1er juillet 2026 un rapport d’observations définitives sur la gestion 2019-2025, pointant des « lacunes de gestion et de gouvernance » et une « absence de fiabilité des comptes ». Le document confirme la fragilité des finances municipales et les tensions sur l’autofinancement.
Un conseil municipal qui rejette les comptes 2025
Le 30 juin 2026, le conseil municipal a refusé d’approuver le compte administratif 2025, marquant un tournant dans la crise. Ce rejet ouvre la voie à une prise en main par les services de l’État, qui peuvent désormais imposer des mesures de redressement.
Les autorités préfectorales ont relevé une dégradation rapide entre 2024 et 2025, avec notamment une augmentation de 6,6 millions d’euros des dépenses de fonctionnement, selon La Provence.
Accusations croisées entre ancienne et nouvelle majorités
Olivier Galzi, élu maire en mars 2026, a qualifié la situation héritée de « champ de ruines » financier. Il accuse l’ancienne majorité de « manipulation comptable » et de « maquillage des comptes », selon La Marseillaise.
L’ancienne maire Cécile Helle a réagi publiquement aux accusations, défendant la gestion de son administration et contestant plusieurs interprétations du rapport d’audit, rapporte Actu Locale 365. Elle pointe notamment l’héritage d’une dette déjà élevée lors de son arrivée aux responsabilités.
Contexte dans le Vaucluse
Avignon, préfecture du Vaucluse avec environ 94 000 habitants, est la plus grande commune du département. Sa situation financière dégradée contraste avec d’autres villes de taille comparable en région PACA. Le placement en réseau d’alerte est une procédure rare qui concerne les collectivités dont les indicateurs financiers franchissent des seuils d’alerte définis par l’État.
Le département a connu récemment d’autres situations de tension financière dans des communes plus petites, mais Avignon représente le cas le plus significatif par sa taille et son rôle de préfecture. La ville accueille chaque été le Festival d’Avignon, événement culturel majeur dont le poids économique dépasse le cadre local.
Un plan de redressement à venir
L’intégration au réseau d’alerte impose à la commune d’élaborer un plan de redressement sous contrôle de l’État. Ce dispositif peut inclure des restrictions sur les dépenses de fonctionnement, un encadrement des investissements et un suivi rapproché des équilibres budgétaires.
La préfecture et la direction des finances publiques accompagneront la ville dans la définition des mesures correctrices. Les premières orientations du plan devraient être présentées dans les prochaines semaines.
