Bac 2026 en Guadeloupe : les épreuves délocalisées à cause des sargasses

Environ 300 élèves du lycée des Droits de l'Homme de Petit-Bourg ont passé leurs examens dans d'autres lycées, loin des odeurs toxiques.

Bac 2026 en Guadeloupe : les épreuves délocalisées à cause des sargasses
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Jeudi 11 juin 2026, près de 185 élèves de première du lycée des Droits de l'Homme de Petit-Bourg ont composé au lycée Baimbridge des Abymes. La raison les émanations de sargasses, jugées incompatibles avec le bon déroulement des épreuves. Une décision du rectorat prise dès fin avril.

L’essentiel

  • 11 juin 2026 : environ 180-185 élèves de première du lycée des Droits de l’Homme (Petit-Bourg) ont passé leur épreuve de français au lycée Baimbridge (Les Abymes).
  • ~134 élèves des filières technologiques ont été accueillis au lycée agricole Alexandre-Buffon de Baie-Mahault.
  • Décision prise fin avril 2026 par le rectorat (recteur Gabriele Fioni) pour raisons sanitaires liées aux gaz dégagés par la décomposition des algues.
  • Transport assuré par bus financés par la Région Guadeloupe, avec escorte de la gendarmerie nationale.
  • Dispositif reconduit pour les épreuves suivantes : maths le 12 juin, philosophie et spécialités à partir du 15 juin pour les terminales, brevet prévu fin juin.

Des odeurs qui rendent les conditions d’examen impossibles

Depuis plusieurs mois, la côte est de Basse-Terre est frappée par des échouements massifs d’algues sargasses. Petit-Bourg figure parmi les communes les plus touchées. La décomposition de ces algues libère du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz. Résultat dans les établissements scolaires proches du littoral : odeurs nauséabondes, maux de tête, malaises. Des fermetures de classes avaient déjà été décidées avant le baccalauréat, selon France 24.

Organiser les épreuves nationales dans ces conditions était hors de question pour le rectorat. La décision de délocaliser a été arrêtée fin avril 2026, soit près de six semaines avant le début des examens. Un délai suffisant pour organiser la logistique, selon les déclarations de Kwakay Bride, directrice de cabinet du recteur Gabriele Fioni, rapportées par Karib Info.

Deux sites d’accueil, sept bus, une escorte

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Le jeudi 11 juin au matin, quatre bus ont acheminé les élèves des filières générales - environ 180 à 185 premières - vers le lycée Baimbridge des Abymes, à une vingtaine de kilomètres au nord. Trois autres bus ont conduit les élèves des filières technologiques, au nombre d’environ 134, vers le lycée agricole Alexandre-Buffon de Baie-Mahault.

Les convois étaient escortés par la gendarmerie nationale. Le coût du transport a été pris en charge par la Région Guadeloupe, selon les informations de Karib Info et de RCI Guadeloupe.

Les lycées d’accueil avaient été prévenus en amont. Aucun incident n’a été signalé lors de ces premières épreuves, d’après les sources disponibles à ce stade.

Un calendrier d’examens entièrement adapté

Le dispositif ne s’arrête pas au 11 juin. Les épreuves de mathématiques prévues le lendemain, vendredi 12 juin, ont suivi le même schéma. Pour les classes de terminale, la philosophie et les épreuves de spécialités, qui débutent le 15 juin, s’inscrivent dans ce même protocole de délocalisation.

Le brevet des collèges, prévu fin juin, est également concerné. Les établissements scolaires de Petit-Bourg ne sont pas les seuls à subir les effets des sargasses, mais ils concentrent la plus forte exposition selon le rectorat.

Le collège Front de Mer à Pointe-à-Pitre illustre, de son côté, d’autres tensions dans le milieu scolaire guadeloupéen en cette fin d’année.

Contexte dans la Guadeloupe (971)

La Guadeloupe est exposée aux échouements de sargasses depuis le début des années 2010. La côte sous-le-vent et la côte est de Basse-Terre sont régulièrement frappées, Petit-Bourg en tête. Le phénomène s’intensifie chaque printemps, coïncidant avec la fin de l’année scolaire.

Ce n’est pas la première fois que les sargasses perturbent la scolarité en Guadeloupe. Des précédents de fermetures d’écoles ont été enregistrés sur la commune dès avant 2026. Mais la délocalisation d’épreuves du baccalauréat constitue une réponse logistique d’une ampleur inédite à l’échelle du département, mobilisant simultanément le rectorat, la Région et les forces de l’ordre.

La qualité de l’air autour des zones d’échouement fait l’objet de veilles sanitaires régulières par les autorités locales. Le sulfure d’hydrogène, principal gaz émis, peut provoquer irritations, céphalées et, à forte concentration, des effets plus graves sur la santé.

Les incidents liés aux algues ne se limitent pas au secteur éducatif : début juin 2026, un incendie a détruit 5,7 hectares de cannes à sucre à Sainte-Rose, rappelant la vulnérabilité globale du territoire face aux risques environnementaux.

Une mesure saluée, mais qui interroge sur le long terme

La décision du rectorat a été prise pour protéger la santé des candidats. Elle témoigne d’une anticipation réelle. Reste la question de fond : si les échouements persistent ou s’aggravent, ce type de dispositif exceptionnel pourrait devoir se répéter chaque année en période d’examens.

Le recteur Gabriele Fioni et Kwakay Bride n’ont pas précisé, à ce stade, si des solutions pérennes - déplacement durable des centres d’examen, aménagements des bâtiments - étaient à l’étude pour les prochaines sessions.

Les résultats du baccalauréat 2026 pour les candidats du lycée des Droits de l’Homme seront connus aux mêmes dates que pour l’ensemble des candidats nationaux.

Marie-Claire
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Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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