Basse-Pointe : la maire conteste l’annulation des municipales devant le Conseil d’État
Marie-Thérèse Casimirius a déposé un recours suspensif le 22 juin, après que le tribunal administratif a annulé le scrutin du 15 mars en raison d'irrégularités de campagne.
La maire de Basse-Pointe, Marie-Thérèse Casimirius, a saisi le Conseil d’État pour contester l’annulation des élections municipales prononcée le 19 juin par le tribunal administratif. Ce recours suspend l’annulation et maintient l’équipe municipale en fonctions en attendant la décision de la haute juridiction.
L’essentiel
- 19 juin 2026 : le tribunal administratif de la Martinique annule le premier tour des municipales de Basse-Pointe pour irrégularités de campagne.
- 22 juin 2026 : la maire sortante Marie-Thérèse Casimirius dépose un recours devant le Conseil d’État.
- Effet suspensif : l’annulation est suspendue ; la maire et son équipe restent en fonction jusqu’à la décision définitive.
L’annulation des élections : les faits retenus par la justice
Le 19 juin dernier, le tribunal administratif de la Martinique a annulé le premier tour des élections municipales de Basse-Pointe, qui s’était tenu le 15 mars 2026. La décision fait suite à une requête déposée par Kévin Capron, tête de liste de l’opposition Synergie Pointoise.
Selon la justice, deux irrégularités ont été constatées. D’une part, la distribution tardive d’une brochure de bilan de gestion, qualifiée de « campagne de promotion publicitaire interdite » par le tribunal. D’autre part, l’usage d’un véhicule sonorisé circulant hors des emplacements autorisés pour l’affichage électoral.
L’écart entre les deux listes était de seulement 58 voix. Marie-Thérèse Casimirius avait obtenu 51,41 % des suffrages, contre 48,59 % pour Kévin Capron.
Un recours suspensif devant le Conseil d’État
Le lundi 22 juin, Marie-Thérèse Casimirius a annoncé avoir saisi le Conseil d’État pour contester l’annulation. « La maire de Basse-Pointe, Marie-Thérèse Casimirius, a officiellement déposé un recours ce lundi, contestant l’annulation de son élection », a rapporté le média local Resca.
Le recours a été préparé par Maître Philippe Edmond-Mariette, avocat de la liste Dynamique Pointoise. Il affirme que la brochure de bilan contestée était conforme à la législation électorale.
Conséquence directe : la requête devant le Conseil d’État est suspensive. L’annulation prononcée par le tribunal administratif est donc provisoirement gelée. Marie-Thérèse Casimirius et son équipe municipale conservent leurs fonctions jusqu’à ce que la haute juridiction statue.
Un contexte électoral tendu dans la commune
Cette succession d’événements intervient dans une commune où la vie politique locale est marquée par des rivalités serrées. L’opposition, menée par Kévin Capron, dénonce depuis plusieurs mois des pratiques de campagne qu’elle juge déloyales.
De son côté, la maire sortante estime que la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation trop stricte des règles. Elle espère que le Conseil d’État rétablira le scrutin initial.
À noter que d’autres recours ont été rejetés par le tribunal administratif de la Martinique : ceux visant les communes de Sainte-Anne et du Prêcheur n’ont pas abouti.
Contexte dans la Martinique
Avec environ 2 800 habitants, Basse-Pointe est une commune du nord de la Martinique, située entre l’Atlantique et la mer des Caraïbes. Le scrutin de mars 2026 s’inscrivait dans une séquence électorale tendue dans plusieurs communes de l’île. L’annulation d’une élection municipale pour irrégularités reste rare : elle concerne moins de 1 % des scrutins locaux chaque année en France.
La décision du Conseil d’État, qui pourrait prendre plusieurs semaines, sera déterminante pour la stabilité politique de la commune. Si l’annulation est confirmée, de nouvelles élections devront être organisées dans un délai de trois mois.
Prochaine étape : l’examen par le Conseil d’État
Aucune date d’audience n’a encore été fixée. D’ici là, la maire et son conseil municipal continuent d’administrer Basse-Pointe. La décision de la plus haute juridiction administrative française mettra fin à cette période d’incertitude pour la commune du nord de l’île.