Bastia : tensions au conseil municipal sur la régulation des meublés touristiques
Le bilan présenté par la majorité sur le retour de 233 logements dans le parc locatif a provoqué une confrontation vive avec l'opposition le 16 juillet.
La séance du conseil municipal de Bastia du 16 juillet 2026 a viré à l'affrontement politique. La majorité de Gilles Simeoni a défendu son action sur les meublés de tourisme. L'opposition conteste les chiffres avancés et dénonce une autosatisfaction administrative.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le conseil municipal de Bastia s'est tenu le 16 juillet 2026 sous la présidence de Gilles Simeoni, dans un climat de vives tensions politiques.
- La majorité revendique le retour de 233 logements dans le parc locatif et une baisse de 10 % du prix au m² à la Citadelle depuis 2024.
- L'opposition conteste les chiffres de la mairie et réclame des audits indépendants sur la régulation des meublés de tourisme.
- Une altercation verbale entre Nicolas Battini et François Fabiani a conduit au retrait du groupe d'opposition du Conseil des quartiers Sud.
Le conseil municipal de Bastia s’est réuni jeudi 16 juillet 2026 sous la présidence du maire Gilles Simeoni, dans un climat de fortes tensions. L’ordre du jour comportait la présentation d’un bilan de deux ans de régulation des locations saisonnières, sujet devenu central dans la politique municipale.
Un bilan municipal contesté
La majorité a présenté un rapport affirmant le retour de 233 logements sur le marché de la location longue durée. Selon le document municipal, 191 meublés touristiques ont cessé leur activité commerciale depuis la mise en place de la mesure en 2024. La municipalité fait également état d’un recul de 10 % des prix au mètre carré dans le secteur historique de la Citadelle.
Le périmètre de cette politique s’étend du quartier de Toga jusqu’à Saint-Joseph, couvrant environ 70 % des 500 à 700 meublés de tourisme bastiais, selon la mairie.
L’opposition dénonce une « usine à gaz »
L’opposant municipal Julien Morganti a qualifié le rapport d’autosatisfaction. Il a mis en doute la méthodologie interne de la mairie et l’absence de vérification par un organisme tiers. Selon lui, le dispositif constitue une usine à gaz administrative qui incite les propriétaires à ne pas déclarer leurs meublés de tourisme.
L’opposition réclame des audits périodiques confiés à des organismes indépendants pour valider les statistiques municipales. Elle a annoncé qu’elle resterait vigilante sur ce dossier.
Altercation entre élus au sujet des conseils de quartier
La séance a également été marquée par une altercation verbale entre le conseiller d’opposition Nicolas Battini et l’adjoint au maire François Fabiani. L’échange, survenu lors des débats sur les conseils de quartier, a conduit Nicolas Battini à annoncer le retrait de son groupe du Conseil des quartiers Sud.
Contexte en Haute-Corse
Bastia, préfecture de la Haute-Corse, compte environ 47 000 habitants. La pression immobilière liée au tourisme y est forte, comme dans plusieurs villes littorales corses. La question des meublés de tourisme fait l’objet de débats récurrents dans les conseils municipaux de l’île depuis plusieurs années.
D’autres communes corses ont mis en place des dispositifs similaires, avec des résultats variables selon les territoires. La tension sur le marché du logement reste un enjeu majeur en Corse, comme dans plusieurs départements français confrontés à une forte attractivité touristique.
La municipalité maintient le cap
La municipalité de Bastia a réaffirmé son intention de poursuivre cette politique de régulation tout en perfectionnant ses outils de suivi statistique. La majorité défend une approche progressive visant à rééquilibrer l’offre de logements sans bloquer l’économie touristique.
Le prochain conseil municipal devrait permettre de mesurer si les tensions politiques persistent ou si un dialogue peut s’engager sur les modalités de contrôle et d’évaluation de cette politique.
