Carburant cher : le tourisme en Drôme-Ardèche aborde la saison avec inquiétude
La flambée des prix à la pompe, liée au conflit au Moyen-Orient, menace les arrivées automobiles avant l'été.
Depuis fin février 2026, le gazole a bondi de 53 centimes par litre en Drôme-Ardèche. Les professionnels du tourisme s'inquiètent pour la saison qui s'ouvre, après des années déjà compliquées.
Le baril de Brent est passé de 70 à 100 dollars entre fin février et le 1er avril 2026, selon France Info. Conséquence directe du blocage du détroit d’Ormuz, après l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran lancée le 28 février. En Drôme-Ardèche, l’Union française des industries pétrolières et de l’énergie chiffre la hausse à 53 centimes par litre pour le gazole et 28 centimes pour le SP95 au 7 avril.
Une saison qui démarre sous pression
Richard Buffat, directeur de l’Agence de développement touristique (ADT) de l’Ardèche, anticipe une baisse des arrivées automobiles en début de saison, selon Le Dauphiné Libéré. La voiture reste le mode de transport dominant pour rejoindre les gorges de l’Ardèche ou le Vercours. Une hausse de 53 centimes sur un plein de 60 litres représente plus de 30 euros supplémentaires aller-retour depuis Paris.
Le contexte récent pèse déjà. En 2025, la fréquentation de juillet avait reculé de 11 % pour les touristes étrangers en Ardèche par rapport à 2024, et les dépenses touristiques avaient chuté de 54 % selon les professionnels locaux, d’après Ici Drôme-Ardèche. Pourtant, 2024 avait été une année record : 16 millions de nuitées en Ardèche et 14,1 millions en Drôme, soit une hausse de 15 % par rapport à 2019 pour ce département.
Des alternatives déjà à l’étude
Face à cette pression, les professionnels cherchent à diversifier l’offre. Des formules de séjours sans voiture et le développement de la filière Ardèche à Vélo sont évoqués comme pistes, selon le rapport d’activités 2024 de l’ADT Ardèche. Des alternatives qui demandent du temps pour s’installer.
Un cessez-le-feu partiel de deux semaines a été annoncé entre les États-Unis et l’Iran, avec une réouverture partielle du détroit d’Ormuz au 8 avril. Mais les prix à la pompe restent élevés, selon Le Dauphiné Libéré. Le ministre de l’Économie Roland Lescure avait déclaré début mars qu’il n’y avait « aucun risque d’approvisionnement à court terme », selon Le Monde.
Un précédent en 2022
La situation rappelle 2022. La guerre en Ukraine avait provoqué une flambée similaire, avec des impacts directs sur les déplacements touristiques estivaux. Des conventions de plafonnement tarifaire avaient alors été négociées avec certaines stations-service, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. La saison 2026 s’annonce comme un nouveau test de résistance pour un secteur qui pèse plusieurs millions de nuitées chaque année dans ces deux départements.
Sources
- Le Dauphiné Libéré : Flambée des prix à la pompe : quel impact sur le tourisme ?
- France Info : Carte. Flambée des prix des carburants : impact de la guerre au Moyen-Orient
- Ici Drôme-Ardèche : Drôme : une fréquentation touristique en légère baisse cet été
- Le Monde : Guerre au Moyen-Orient : le gouvernement prévoit une hausse de quelques centimes des carburants