Sangliers dans le Chablisien : la préfecture mobilise chasseurs et louvetiers
Le 9 mai, la secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne a participé à une battue sur trois communes du Chablisien, secteur classé « point noir ».
Rouvray, Venouse, Montigny-la-Resle. Le 9 mai 2026, Cécilia Mourgues, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne, a pris part à une battue administrative contre les sangliers dans le Chablisien. Une cinquantaine de chasseurs locaux et des lieutenants de louveterie participaient à l'opération.
Rouvray, Venouse, Montigny-la-Resle. Le 9 mai 2026, Cécilia Mourgues, secrétaire générale de la préfecture de l’Yonne, a pris part à une battue administrative contre les sangliers dans le Chablisien. Une cinquantaine de chasseurs locaux et des lieutenants de louveterie participaient à l’opération.
L’essentiel
- 9 mai 2026 : battue administrative sur les communes de Rouvray, Venouse et Montigny-la-Resle, en présence de la secrétaire générale de la préfecture.
- Cinquantaine de chasseurs mobilisés aux côtés des lieutenants de louveterie, selon la préfecture de l’Yonne.
- Classement « points noirs » : le Chablisien figure dans cette catégorie depuis la campagne 2025-2026, après une consultation publique en juin 2025.
- 24 000 sangliers prélevés dans l’Yonne en 2025, contre 18 000 en 2024, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté et L’Yonne Républicaine - sans enrayer la hausse des dégâts.
- Autorisation préfectorale couvrant les battues du 1er avril au 31 mai 2026 sur parcelles agricoles dans le département.
Une battue encadrée par l’État
La préfecture de l’Yonne a annoncé l’opération samedi sur le réseau social X. Cécilia Mourgues, en poste depuis juillet 2025 selon le Journal officiel, s’est rendue sur le terrain aux côtés des acteurs locaux de la chasse. La présence de la secrétaire générale marque une implication directe de l’État dans une problématique qui dépasse le cadre cynégétique.
Les battues administratives sur parcelles agricoles sont autorisées du 1er avril au 31 mai 2026 dans l’Yonne, sur demande adressée à la préfecture. D’autres opérations similaires sont annoncées dans les prochaines semaines, selon le compte officiel @Prefet89.
Des dégâts agricoles qui ont doublé
La pression des sangliers sur les exploitations icaunaises n’est pas nouvelle. Mais son ampleur s’est accrue. Selon L’Yonne Républicaine et France 3 Bourgogne-Franche-Comté, les surfaces détruites et les montants indemnisés ont doublé ces dernières années dans le département.
Dans le Chablisien, un agriculteur interrogé par France 3 estime perdre 20 % de sa surface fourragère du fait des sangliers. Les indemnités perçues, de 8 000 à 12 000 euros par an selon la même source, sont jugées insuffisantes pour compenser les pertes réelles.
La FDSEA de l’Yonne pointe également les chasses commerciales comme un facteur aggravant, en maintenant des populations denses à des fins économiques. Ce débat reste ouvert entre chasseurs, propriétaires de chasses et représentants agricoles.
Le Chablisien, secteur sous surveillance renforcée
Le classement du Chablisien en « points noirs » pour la gestion des sangliers remonte à la campagne 2025-2026, après une consultation publique organisée en juin 2025 par la préfecture. Ce statut justifie des mesures de régulation renforcées, dont les battues administratives auxquelles l’État peut désormais participer directement.
La zone est stratégique : le Chablisien est connu pour sa viticulture - les AOC Chablis et Petit Chablis couvrent plusieurs dizaines de communes alentour - mais aussi pour ses grandes cultures céréalières et fourragères, exposées aux retournements de labour nocturnes des sangliers. Aucun chiffre précis de pertes viticoles n’a été communiqué à ce stade.
Contexte dans l’Yonne
L’Yonne est l’un des départements de Bourgogne-Franche-Comté les plus touchés par la prolifération du sanglier. En 2025, 24 000 animaux ont été prélevés dans le département, contre 18 000 en 2024, selon France 3 et L’Yonne Républicaine. Une hausse de 33 % en un an qui n’a pas suffi à stabiliser les dégâts agricoles.
La question mobilise les acteurs locaux depuis plusieurs saisons. Comme dans d’autres départements, les préfectures sont de plus en plus sollicitées pour arbitrer des conflits d’usage du territoire entre agriculture, chasse et environnement. Dans l’Yonne, le dossier sanglier s’est durci avec la montée en puissance des indemnisations, désormais portées par la Fédération départementale des chasseurs.
La préfecture dispose d’un cadre réglementaire spécifique pour les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), qui permet d’organiser des battues hors saison de chasse classique. Ce dispositif est activé chaque printemps depuis plusieurs années dans les secteurs les plus sensibles du département.
Prochaines opérations annoncées
Selon la préfecture, d’autres battues administratives sont prévues dans les semaines à venir, toujours dans le cadre de l’autorisation courant jusqu’au 31 mai 2026. Les communes concernées et le nombre d’opérations restent à préciser. La mobilisation des représentants de l’État en terrain local devient un marqueur récurrent de la gestion des crises agricoles de proximité.
Sources
- Préfecture de l'Yonne (@Prefet89) : Battue administrative contre les sangliers – 9 mai 2026
- L'Yonne Républicaine : Les surfaces détruites et les montants indemnisés ont doublé
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté : Dégâts des sangliers : les chasses commerciales dans le viseur de la FDSEA de l'Yonne
- Préfecture de l'Yonne : Autorisation battues sanglier 1er avril – 31 mai 2026