Bearman et Colapinto débrief : Spa montre la lenteur, le souvenir de Suzuka reste
Un week-end belge difficile ravive les tensions nées d'un choc à 50G au Japon
Oliver Bearman termine 14e à Spa, Franco Colapinto 10e. Pas de quoi pavoiser. Les deux pilotes débrief un Grand Prix marqué par la lenteur de leurs monoplaces et le souvenir tenace d'un accident violent trois mois…
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fiabilité Haas en question
Malgré la 4e place au championnat, les problèmes techniques persistent. Ocon perd une demi-seconde en ligne droite, Komatsu reconnaît des soucis de fiabilité plus sérieux.
Tensions Bearman-Colapinto
L'accident de Suzuka à 50G en mars 2026 plane encore. Bearman avait qualifié la défense de Colapinto d'inacceptable. Les retrouvailles à Spa sont tendues.
Alpine dans le même bateau
Colapinto termine 10e mais reconnaît que les voitures Alpine ne sont simplement pas assez bonnes. La nécessité d'améliorer la vitesse devient urgente.
Écart microscopique en qualifs
Colapinto rate la Q3 pour 0,061 seconde. Six centièmes qui séparent une qualification réussie d'une monoplace qui ne suit pas. Le détail qui tue.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Oliver Bearman termine 14e et Esteban Ocon 17e lors du Grand Prix de Belgique disputé le 19 juillet 2026.
- Franco Colapinto arrache la 10e place et 1 point pour Alpine malgré une monoplace jugée trop lente.
- Les qualifications du 18 juillet virent au désastre Bearman 16e, Ocon 18e, Colapinto éliminé en Q2 pour 0,061 seconde.
- L'accident de Suzuka du 29 mars (choc à 50G suite à un delta de vitesse de 50 km/h) reste un sujet de tension entre Bearman et Colapinto.
- Haas conserve la 4e place au championnat constructeurs avec 21 points mais Komatsu reconnaît des problèmes de fiabilité persistants.
Spa-Francorchamps, 19 juillet 2026. Oliver Bearman franchit la ligne en 14e position. Esteban Ocon - son coéquipier chez Haas, termine 17e. Franco Colapinto - au volant de l’Alpine, arrache la 10e place et 1 point. Les trois hommes descendent de leurs voitures. Pas un mot. Le paddock sent la déception.
Le week-end belge était pourtant parti sur une note d’espoir. Le vendredi, Colapinto avait signé une « très impressionnante septième place » lors des essais libres. Alpine croyait tenir une chance de décrocher la Q3. Bearman, de son côté, saluait l’arrivée d’un nouvel aileron avant, qu’il qualifiait de « pas dans la bonne direction ». Ayao Komatsu - directeur de Haas, jugeait la journée « assez bon ».
Le samedi a tout cassé. Les qualifications ont tourné au calvaire. Bearman éliminé en Q1, 16e. Ocon ne passe même pas la Q1, 18e. Colapinto, lui aussi sorti en Q2 - à 0,061 seconde de Pierre Gasly. Six centièmes. L’écart entre une Q3 ratée et une monoplace qui ne suit pas.
Gros déficit dans les lignes droites
En course, Ocon encaisse. Il refuse de détailler la nature exacte de ses problèmes mais lâche: « gros déficit dans les lignes droites ». Il perd jusqu’à une demi-seconde dans les accélérations. La voiture manque d’appui, elle est instable. Komatsu ne comprend pas: pourquoi Ocon est-il si loin du rythme de Bearman?
Bearman, lui, nuance. La voiture était « assez rapide ». L’équilibre, meilleur. Il a pu « pousser sans faire beaucoup d’erreurs ». Un week-end « très propre » en termes de pilotage. Mais 14e reste 14e. Et derrière ce résultat médiocre, une question lancinante: jusqu’où Haas peut-elle tenir avec une monoplace qui peine?
Suzuka, 29 mars: l’ombre du choc à 50G
Le débrief de Bearman et Colapinto ne se résume pas à Spa. Il y a ce jour-là, au Japon, le 29 mars 2026. L’Alpine de Colapinto manque d’énergie électrique en pleine ligne droite. Différence de vitesse soudaine: environ 50 km/h. Bearman arrive à pleine charge. Il doit éviter. Il sort de la piste. Percute les barrières à 50G.
Bearman en sort avec des contusions. Il reprend la compétition à Miami. Mais il n’oublie pas. Il avait qualifié la défense de Colapinto d' »inacceptable » compte tenu des écarts de vitesse. Colapinto, lui, s’était décrit comme une « cible facile » - vulnérable, sans défense possible.
Trois mois plus tard, à Spa, les deux hommes se croisent dans le paddock. Ils se parlent peu. L’accident de Suzuka plane. Pas besoin de mots. Les 50G - les six centièmes perdus en qualifs - la lenteur des voitures: tout se mélange. Ce que personne ne dit, c’est que ce week-end belge ressemble à une métaphore. Deux pilotes qui se battent contre des monoplaces qui ne suivent pas. Un débrief où chacun sait que l’autre a raison, mais où personne ne peut rien y faire.
Haas 4e, mais combien de temps?
Haas reste 4e au championnat constructeurs avec 21 points. L’écurie a marqué un point dans chaque course depuis le début de saison. Komatsu s’en félicite: « C’est bien que dans ces nouvelles réglementations. Nous ayons marqué un point à chaque course ». Mais il reconnaît des problèmes de fiabilité plus sérieux. À Barcelone, lors des essais, l’équipe a résolu de nombreux soucis. « Quand nous roulions en piste aujourd’hui, j’ai pu voir un énorme pas en avant » - confiait-il.
Un pas en avant qui n’empêche pas Ocon de perdre une demi-seconde en ligne droite. Un pas en avant qui laisse Bearman 16e en qualifs. Alpine, de son côté, n’est guère mieux lotie. Colapinto admettait lui-même la nécessité d’améliorer la vitesse. Ses voitures n’étaient « simplement pas assez bonnes ».
Le Grand Prix de Hongrie approche. Bearman et Colapinto repartent avec leurs doutes. Leurs monoplaces lentes. Et ce souvenir de Suzuka qui ne les lâche pas.