Belfort : 350 millions et 500 emplois pour l’usine de turbines Arabelle

La filiale d'EDF investit massivement dans son site belfortain pour doubler la production de turbines EPR2 d'ici 2029.

Belfort : 350 millions et 500 emplois pour l'usine de turbines Arabelle
Illustration Thierry Muller / info.fr

Arabelle Solutions, filiale d'EDF depuis 2024, injecte 350 millions d'euros dans son usine de Belfort. Le plan prévoit 300 à 500 créations d'emplois en cinq ans. Un renversement de tendance après des années de suppressions de postes sous General Electric.

L’usine Arabelle Solutions de Belfort, dans le Territoire de Belfort, entre dans une phase d’expansion inédite. EDF, qui a racheté les activités nucléaires de General Electric en 2024, va investir 350 millions d’euros d’ici 2029 sur le site, selon Le Figaro et Le Dauphiné Libéré. Objectif : doubler la production de turbines Arabelle pour les futurs réacteurs EPR2.

Une nouvelle usine de 20 000 m²

Le programme, lancé en septembre 2025 avec les premiers travaux démarrés début 2026, comprend la construction d’une nouvelle halle industrielle de 20 000 m² et le renforcement du parc machines. L’usine emploie aujourd’hui environ 1 700 salariés sur les 3 400 que compte Arabelle Solutions dans le monde, selon Le Figaro. Le plan table sur 300 à 500 créations d’emplois à Belfort dans les cinq prochaines années, avec un objectif de 600 recrutements d’ici 2030. La montée en cadence des embauches est prévue dès 2026, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

Le maire de Belfort Damien Meslot (LR) a salué la démarche : « C’est très positif pour Belfort, l’investissement est énorme », a-t-il déclaré selon Sud Ouest. Un CSE central s’est tenu le 25 mars 2026 pour évaluer les impacts sociaux du projet.

Le porte-avions et la Pologne en commandes

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La dynamique dépasse le seul programme EPR2 français. En mars 2026, Naval Group a sélectionné Arabelle Solutions pour fournir quatre turbines destinées au futur porte-avions nucléaire France Libre, avec production à Belfort et livraison prévue d’ici 2030, selon L’Usine Nouvelle. Le carnet de commandes s’étend également à l’international.

Un retournement après dix ans de recul

Le contraste avec la période General Electric est net. Depuis 2015, l’usine belfortaine avait perdu 1 200 postes sous la direction américaine, selon Transitions Énergies. Le site fabrique des turbines Arabelle depuis les années 1970, sous Alstom à l’origine, et équipe aujourd’hui plus d’un tiers du parc nucléaire mondial, rappelle Connaissance des Énergies. Emmanuel Macron y avait annoncé la relance du nucléaire français en février 2022.

Le secteur nucléaire dans son ensemble annonce des besoins massifs en main-d’œuvre. EDF, Orano et leurs sous-traitants prévoient entre 6 000 et 10 000 recrutements par an, dans un contexte où la filière vise 100 000 embauches d’ici 2035.

Prochaine étape : la finalisation de la nouvelle usine est programmée d’ici 2029, pour permettre la production d’au moins deux réacteurs EPR2 par an.

Sources

Thierry Muller

Thierry Muller

Basé à Belfort, traite l'industrie ferroviaire, les tensions sur l'emploi chez Alstom, les projets de reconversion et les débats sur le Lion. Formé à l'ESJ Lille, il a grandi dans le Territoire. Posture éditoriale : interroger les ouvriers, les syndicalistes, les élus, vérifier les carnets de commandes d'Alstom avant de publier.

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