Besançon : séance du conseil municipal du 28 mai marquée par des échanges vifs
Dès l'ouverture de la séance du 28 mai 2026, l'opposition de gauche a interpellé le maire Ludovic Fagaut sur plusieurs sujets sensibles, provoquant des réponses sèches de sa part.
Le conseil municipal de Besançon du jeudi 28 mai 2026 a tourné à l'affrontement verbal dès ses premières minutes. Face à une opposition plurielle - LFI, PCF, écologistes - le maire Ludovic Fagaut (LR) a répondu point par point, sans concessions. La séance s'est tenue à 17h à l'Hôtel de Ville.
L’essentiel
- Séance du 28 mai 2026 : conseil municipal de Besançon ouvert à 17h à l’Hôtel de Ville, immédiatement marqué par des tensions entre majorité et opposition.
- Fagaut élu le 27 mars 2026 : premier maire de droite à Besançon depuis 1953, élu avec 53,29 % des voix (21 781) contre Anne Vignot (46,71 %).
- Trois interpellations de l’opposition : Hélène Magnin-Feysot (LFI) sur des tags légitimistes, Hasni Alem (PCF) sur un suicide aux Clairs-Soleils, Anthony Poulin (écologiste) sur le procès Némésis.
- Réplique du maire : « L’esprit revanchard dans lequel vous êtes n’intéresse pas les Bisontins », selon L’Est Républicain.
- Contre-réplique LFI : « Nous ne sommes pas des Playmobil », a lancé Séverine Véziès.
Une ouverture de séance sous haute tension
La séance n’avait pas encore abordé l’ordre du jour que les premières interpellations fusaient déjà. Selon L’Est Républicain, qui couvrait la séance, l’ambiance était « pesante » dès l’entrée en salle. Depuis sa prise de fonction fin mars, Ludovic Fagaut a multiplié les prises de position publiques - et l’opposition n’a manifestement pas renoncé à lui en demander compte en séance.
L’Est Républicain qualifie les échanges d' »explosifs » et décrit une « assemblée fracturée ». Deux articles distincts du quotidien régional couvrent la même séance, signe de l’intensité des échanges.
Les trois points d’accrochage
Premier échange : les tags légitimistes. Hélène Magnin-Feysot (LFI) a interpellé le maire sur des tags attribués au Cercle d’action légitimiste, un groupuscule aux positions anti-avortement et anti-mariage pour tous. Elle a également cité un tweet publié par Fagaut en 2012, dans lequel il se déclarait opposé au mariage pour tous. Le maire a balayé le rapprochement : « extrême droite et extrême gauche : même combat », selon L’Est Républicain.
Deuxième accrochage : le suicide aux Clairs-Soleils. Hasni Alem (PCF) a dénoncé l’absence de réaction publique de la Ville à la suite du suicide d’une femme dans le quartier des Clairs-Soleils. Fagaut l’a interrompu, estimant que ce fait ne relevait pas du rapport en cours d’examen.
Troisième tension : le procès Némésis. Anthony Poulin, élu écologiste, a regretté que la majorité n’ait pas apporté de soutien public fort à Anne Vignot, ancienne maire, dans son procès en diffamation contre le groupuscule Némésis. Le contexte politique bisontín reste animé depuis le changement de majorité.
La réplique du maire, et la contre-réplique
Face à l’accumulation des interpellations, Ludovic Fagaut a haussé le ton. « L’esprit revanchard dans lequel vous êtes n’intéresse pas les Bisontins. Vous cherchez des prétextes pour porter votre politique partisane et nationale. Nous ne tolérerons pas cela », a-t-il déclaré, toujours selon L’Est Républicain.
Séverine Véziès, élue LFI, a répondu sèchement : « Nous ne sommes pas des Playmobil. » La formule résume l’état des rapports entre majorité et opposition depuis l’installation du nouveau conseil.
Contexte dans le Doubs
Besançon est la préfecture du Doubs et la principale ville du département, avec environ 117 000 habitants. La commune était dirigée sans interruption par la gauche depuis 1953 - soit plus de sept décennies. L’élection de Ludovic Fagaut le 27 mars 2026, avec 53,29 % des suffrages exprimés, a mis fin à cette séquence. Ce basculement nourrit un climat de tensions structurelles entre une majorité LR fraîchement installée et une opposition de gauche plurielle (LFI, PCF, écologistes) qui reste numériquement significative au conseil.
Le Doubs connaît par ailleurs une actualité sociale et sécuritaire chargée ce printemps. Quatre hommes ont été écrouées à Besançon après un vol d’or de 550 000 € en Suisse. Dans la même période, Montbéliard a connu des tensions au lycée Germaine-Tillion, avec un enseignant blessé lors d’une manifestation. Le contexte politique départemental reste sous surveillance.
Un conseil installé depuis deux mois
Le nouveau conseil municipal de Besançon a été installé fin mars 2026. Deux mois après, les règles du débat entre majorité et opposition sont encore en train de se fixer. La séance du 28 mai illustre la difficulté à trouver un registre commun : l’opposition réclame des comptes sur des sujets de société, la majorité répond qu’il s’agit de politique partisane déguisée en questions locales.
La prochaine séance du conseil municipal de Besançon n’a pas encore été annoncée à l’heure de publication de cet article. Le ton du 28 mai laisse présager des échanges similaires.