Besançon : un touriste interpellé après un salut nazi au Musée de la Résistance, le 11e incident depuis janvier
Le 27 juin, un Vénézuélien de 34 ans a été arrêté à la Citadelle pour un salut nazi devant un portrait d'Hitler. Depuis janvier, onze faits similaires ont été recensés dans ce haut lieu de mémoire.
Un touriste vénézuélien de 34 ans a été interpellé samedi 27 juin au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon après avoir effectué un salut nazi devant un portrait d’Adolf Hitler. Il s’agit du onzième incident de ce type depuis le début de l’année, une hausse inquiétante par rapport à 2025.
L’essentiel
- Fait 1 : Un touriste vénézuélien de 34 ans interpellé le 27 juin 2026 à la Citadelle de Besançon.
- Fait 2 : Onzième incident de salut nazi au Musée de la Résistance depuis janvier 2026.
- Fait 3 : Seulement 5 cas recensés pour toute l’année 2025.
- Fait 4 : La municipalité dépose systématiquement plainte et applique une tolérance zéro.
Les faits se sont déroulés en milieu d’après-midi, samedi 27 juin, dans l’une des salles d’exposition permanente du Musée de la Résistance et de la Déportation, situé dans la Citadelle de Besançon. Un touriste vénézuélien de 34 ans s’est approché du portrait d’Adolf Hitler et a levé le bras droit en signe de salut nazi, devant plusieurs visiteurs.
Les agents de surveillance, alertés par le poste de contrôle, ont immédiatement prévenu la police municipale. L’homme a été interpellé sans résistance et placé en garde à vue. L’ensemble de la scène a été filmé par les caméras de vidéosurveillance de l’établissement, selon les informations communiquées par la mairie.
Une multiplication des provocations
Cet incident est le onzième du genre recensé au musée depuis le début de l’année 2026. En 2025, seul un cas avait été signalé. La hausse est nette et interroge les responsables du site mémoriel.
Selon L’Est Républicain, les gestes de provocation se répètent toujours dans la même salle, devant une vitrine présentant un grand drapeau à croix gammée. Les auteurs sont aussi bien des adultes que des mineurs. Le musée a renforcé la vigilance de son personnel mais ne peut filtrer chaque visiteur.
Le 27 juin, le geste a été commis par un touriste étranger. Son identité n’a pas été divulguée, et les motivations restent inconnues. La police judiciaire de Besançon est saisie de l’enquête.
La mairie réaffirme sa politique de tolérance zéro
Christine Werthe, adjointe au maire de Besançon en charge de la Citadelle, a condamné fermement cet acte. Interrogée par l’AFP, elle a déclaré que ces comportements sont « contraires à la loi » et qu’ils ne peuvent en aucun cas être considérés comme de simples provocations ou plaisanteries.
« La ville applique une politique de tolérance zéro. Chaque fois, nous déposons plainte systématiquement », a-t-elle rappelé. La municipalité entend ainsi dissuader les récidives, même si pour l’instant l’effet dissuasif paraît limité.
Cette affaire s’ajoute à d’autres dossiers récents à Besançon, comme la grève des facteurs du centre Proudhon contre la surcharge de travail ou l’enquête ouverte après le suicide d’un détenu au quartier disciplinaire.
Contexte dans le Doubs
Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon occupe une place particulière dans le département du Doubs. Installé au cœur de la Citadelle, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est un haut lieu de mémoire régional. Sous l’Occupation allemande, une centaine de résistants ont été fusillés dans cette même enceinte.
Rouvert en septembre 2023 après trois années de rénovation, le musée attire chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Il abrite des collections uniques sur la Seconde Guerre mondiale, la Résistance et la Déportation. La recrudescence d’incidents ces derniers mois suscite l’inquiétude des associations mémorielles et des élus locaux. Par ailleurs, le Doubs connaît en ce mois de juin 2026 des conditions climatiques particulières, avec une vigilance orange canicule qui a contraint chantiers et écoles à s’adapter.
Le poids de la mémoire
Pour l’historien local Jean-Pierre Mazzoni, interrogé par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, la multiplication de ces actes ne doit pas être minimisée. « Ce n’est pas une simple blague de mauvais goût. Dans un lieu où des résistants ont perdu la vie, faire le salut nazi, c’est insulter leur mémoire et bafouer les valeurs républicaines. »
Le musée a annoncé qu’il allait renforcer la signalétique dans la salle concernée et sensibiliser davantage le personnel à la détection des comportements suspects. Des discussions sont également en cours avec la préfecture pour évaluer la possibilité d’une présence plus régulière des forces de l’ordre sur le site.
Le touriste vénézuélien, toujours en garde à vue ce dimanche 28 juin, pourrait être jugé en comparution immédiate pour apologie de crimes de guerre et provocation à la haine raciale, des délits passibles de plusieurs années d’emprisonnement. La mairie de Besançon n’a pas exclu de se constituer partie civile.