Biarritz : la mairie annonce l’arrêt définitif des recherches du plongeur disparu
Après l'effondrement d'un pan de falaise de 2 000 m³ sous le phare de Miramar, la mairie de Biarritz met fin aux opérations. Le corps d'une plongeuse de 33 ans a été retrouvé, son compagnon reste introuvable.
La mairie de Biarritz a annoncé samedi 27 juin l'arrêt définitif des recherches pour retrouver le plongeur de 34 ans disparu depuis l'effondrement de la falaise mercredi 24 juin. Le corps de sa compagne a été repêché le soir du drame.
L’essentiel
- 2 000 m³ : le volume du pan de falaise effondré mercredi 24 juin sous le phare Miramar à Biarritz, selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
- 33 ans : l’âge de la plongeuse décédée, repêchée le soir même. Son compagnon, 34 ans, est toujours introuvable.
- 27 juin : date de l’arrêt définitif des recherches par la mairie, après l’échec des drones subaquatiques et le risque persistant de nouveaux éboulements.
Trois apnéistes locaux pratiquaient la plongée en apnée au pied de la falaise surplombant la plage du Miramar, à Biarritz, quand un pan de falaise d’environ 2 000 m³ s’est effondré sur eux. Le bilan est lourd : une femme de 33 ans est morte, un homme de 34 ans est porté disparu, un troisième plongeur est ressorti indemne mais très choqué. La mairie de Biarritz a annoncé samedi 27 juin l’arrêt définitif des recherches de l’homme disparu, après quatre jours d’opérations.
Le déroulement du drame
Mercredi 24 juin, en fin d’après-midi, un éboulement s’est produit sous le phare de Biarritz, un site emblématique fréquenté par les amateurs de plongée. Selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, les trois apnéistes se trouvaient au pied de la falaise, côté océan, lorsque celle-ci s’est détachée. Les secours, dépêchés rapidement, ont pu extraire le corps d’une plongeuse de 33 ans, qui gisait sous les blocs. Le troisième homme, indemne, a été pris en charge psychologiquement. Le plongeur de 34 ans, lui, n’a jamais refait surface.
Les recherches ont immédiatement été lancées, mobilisant les pompiers du SDIS 64, des plongeurs de la sécurité civile et des moyens nautiques. Pendant trois jours, les équipes ont ratissé la zone, mais sans succès.
La décision d’arrêter les recherches
Jeudi 25 et vendredi 26 juin, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a évalué la stabilité de la falaise. Leurs conclusions sont sans appel : la zone présente un risque élevé de nouveaux effondrements. Le SDIS 64 a donc suspendu les fouilles physiques dès le 26 juin, jugeant trop dangereux de maintenir des plongeurs sur place.
Samedi 27 juin, après le passage infructueux de drones subaquatiques qui n’ont rien donné, la mairie de Biarritz a officialisé l’arrêt définitif des opérations. « Les recherches sont désormais closes », a déclaré Serge Blanco, maire de Biarritz, cité par la municipalité. Un arrêté municipal a été pris pour interdire la baignade, la navigation et l’accès à la zone sinistrée, jusqu’à nouvel ordre.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Biarritz, commune de 25 000 habitants située sur la côte basque, est un haut lieu du tourisme balnéaire et de la glisse. La plage du Miramar et le phare qui la surplombe attirent chaque année des milliers de promeneurs et de sportifs. Le littoral basque est marqué par une géologie fragile : les falaises de flysch, soumises à l’érosion marine et aux précipitations, sont sujettes à des éboulements réguliers. En 2022 déjà, un pan de falaise s’était effondré à Bidart, à quelques kilomètres, sans faire de victime. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture rappelle que les accidents en mer ou sur le littoral restent rares, mais souvent mortels. Ce drame intervient alors que la saison estivale commence à peine, et que la surveillance des zones dangereuses va être renforcée, selon la mairie.
Les proches et la communauté des plongeurs
La communauté des apnéistes de la côte basque est sous le choc. Les deux victimes étaient des plongeurs expérimentés, connus localement pour leur pratique régulière dans ce secteur. Un hommage leur a été rendu sur les réseaux sociaux, et une cellule psychologique a été mise en place à la mairie pour les proches et les témoins. Notre précédent article relatait la suspension des recherches.
Le troisième apnéiste, rescapé, a été entendu par les enquêteurs. Selon Sud Ouest, il a expliqué que les trois amis plongeaient en apnée dans une zone réputée pour ses failles sous-marines, mais qu’ils n’avaient pas anticipé un effondrement de cette ampleur.
La famille du disparu a été informée de l’arrêt des recherches. Dans un communiqué, la mairie exprime « sa profonde tristesse et adresse ses sincères condoléances aux proches des victimes ».
Mobilisation et moyens engagés
Les opérations de recherche ont mobilisé d’importants moyens : une trentaine de pompiers du SDIS 64, des plongeurs de la sécurité civile, un hélicoptère de la gendarmerie, ainsi que des drones sous-marins fournis par le BRGM. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques s’est rendu sur place jeudi 25 juin. La coordination a été assurée par la mairie de Biarritz, en lien avec la préfecture et le procureur de la République de Bayonne.
L’arrêt des recherches a été motivé par trois raisons : l’absence de signes de vie après plus de 72 heures, l’extrême dangerosité du site (risque de nouvel éboulement), et l’échec des drones subaquatiques à localiser le corps dans les éboulis. La mairie précise que « toutes les techniques disponibles ont été employées ».
Un précédent similaire en France
Ce type de drame rappelle d’autres accidents sur le littoral français. En mai 2025, un effondrement de falaise en Normandie avait blessé deux promeneurs. Plus récemment, les recherches pour un homme ayant sauté du pont de Saint-Nazaire ont été levées sans succès. Dans les deux cas, les conditions naturelles et l’absence de visibilité ont conduit à l’arrêt des opérations. La préfecture des Pyrénées-Atlantiques rappelle que chaque année, des arrêtés municipaux interdisent l’accès à certaines falaises jugées instables, mais que « le risque zéro n’existe pas ».
La mairie de Biarritz a annoncé qu’une enquête administrative serait menée pour déterminer les causes exactes de l’effondrement. Le BRGM doit remettre un rapport détaillé sur la stabilité du massif dans les semaines à venir. En attendant, l’accès à la plage du Miramar et au sentier côtier est totalement interdit.
Serge Blanco, maire de Biarritz, s’est dit « profondément affecté » par ce drame. Il a promis que la municipalité ferait tout pour « sécuriser le secteur et éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise ». Une réunion publique est prévue en mairie début juillet pour informer les habitants sur les mesures prises.
Prochaine étape : la remise du rapport du BRGM sur la stabilité de la falaise, attendue d’ici la mi-juillet, et l’éventuel lancement de travaux de consolidation.