Blocages de lycées en Haute-Corse : la mobilisation pour Scola Corsa s’intensifie
Pour la troisième journée consécutive, des lycéens bloquent des établissements scolaires en Haute-Corse en défense du réseau d'enseignement immersif en langue corse.
Depuis le 27 avril 2026, des lycéens et étudiants corses perturbent l'accès à plusieurs établissements scolaires en soutien à Scola Corsa, réseau d'écoles immersives en langue corse menacé par des incertitudes financières et un blocage de l'État sur la contractualisation de ses enseignants. Ce 29 avril, le mouvement se maintient à Bastia.
Depuis le 27 avril 2026, des lycéens et étudiants corses perturbent l’accès à plusieurs établissements scolaires en soutien à Scola Corsa, réseau d’écoles immersives en langue corse menacé par des incertitudes financières et un blocage de l’État sur la contractualisation de ses enseignants. Ce 29 avril, le mouvement se maintient à Bastia.
L’essentiel
- 27 avril : La cité scolaire Pascal-Paoli de Corte est la première à être bloquée, selon France 3 Corse.
- 28 avril : Les lycées de Corte, Fium’Orbu, Porto-Vecchio et Montesoro (Bastia) sont bloqués ; plus de 400 personnes se rassemblent devant la préfecture de Haute-Corse à Bastia.
- 29 avril : Le blocage se poursuit à la cité Montesoro de Bastia, troisième journée consécutive d’action.
- Financement : La Collectivité de Corse verse 1,3 million d’euros annuels à Scola Corsa (60 % de son budget), subvention contestée devant le tribunal administratif par le préfet.
- État : Seuls 2 postes d’enseignants sur 11 demandés ont été contractualisés par l’État.
Trois jours de blocages, un mouvement qui tient
Tout commence lundi 27 avril à Corte. La cité scolaire Pascal-Paoli, en Haute-Corse, est bloquée dès le matin par des lycéens mobilisés pour Scola Corsa, selon France 3 Corse. Le lendemain, le mouvement gagne du terrain : les lycées de Corte, Fium’Orbu, Porto-Vecchio et celui de Montesoro à Bastia rejoignent les actions, rapporte Corse-Matin.
Ce mercredi 29 avril, la cité Montesoro de Bastia reste perturbée. France Télévisions via Stella confirme la poursuite des blocages.
La mobilisation ne se limite pas aux portes des lycées. Le 28 avril, plus de 400 personnes se sont réunies devant la préfecture de Haute-Corse à Bastia, selon Corsica Infurmazione et Alta Frequenza.
Scola Corsa : un réseau sous pression financière
Fondé en 1971 par Ghjuvan Battista Stromboni et Carlu Castellani, Scola Corsa est un réseau associatif d’écoles immersives en langue corse. Relancé en 2021, il compte aujourd’hui cinq établissements et scolarisait environ 200 élèves à la rentrée 2025, soit approximativement 1 % des 47 500 élèves scolarisés en Corse à la rentrée 2024 (source : INSEE).
Le nerf de la guerre est financier. La Collectivité de Corse lui accorde une subvention annuelle de 1,3 million d’euros, représentant environ 60 % de son budget. Problème : le préfet de Corse a contesté cette subvention devant le tribunal administratif, selon France 3 Corse et ici.fr. Parallèlement, l’État n’a contractualisé que deux postes d’enseignants sur les 11 demandés par le réseau, d’après Corse Net Infos et le site de Scola Corsa.
Ghjiseppu Turchini, président de Scola Corsa, est clair sur les attentes du réseau. Il a déclaré à France 3 Corse : « La contractualisation généralisée représente l’unique manière de pérenniser le réseau de Scola Corsa. » Sans avancée sur ce point, les responsables évoquent un risque de fermeture.
Des rassemblements annoncés dès le 25 avril
La mobilisation n’est pas spontanée. Des rassemblements étaient prévus depuis le 25 avril 2026, selon Corsica Infurmazione, face aux incertitudes persistantes sur le financement du réseau. Le syndicat STC avait lui-même appelé à la mobilisation contre le blocage de l’État, des actions similaires ayant déjà eu lieu en 2025, rappelle Corse Net Infos.
À Ajaccio également, des rassemblements étaient prévus les 28 et 29 avril, selon France 3 Corse, élargissant la mobilisation à la Corse-du-Sud.
Contexte dans la Haute-Corse
La Haute-Corse (département 2B) est le territoire historique de Corte, ville universitaire et symbole de l’identité culturelle corse, siège de l’Università di Corsica Pasquale Paoli. La langue corse y occupe une place particulière dans les débats publics et éducatifs. La question de l’enseignement immersif en corse dépasse le seul cadre scolaire : elle touche à la politique linguistique de la Collectivité de Corse, compétente en matière d’enseignement de la langue régionale depuis la loi de 2002.
La tension entre la Collectivité et l’État sur le financement de Scola Corsa illustre un désaccord plus large sur les prérogatives de la Collectivité en matière éducative. Le recours préfectoral devant le tribunal administratif contre la subvention de 1,3 million d’euros place le litige sur le terrain juridique, en attente de décision.
À titre de comparaison, des actions de blocage dans d’autres secteurs ont récemment illustré une tendance à la mobilisation par obstruction physique dans plusieurs régions françaises, y compris dans l’éducation.
Une réunion en préfecture la semaine du 5 mai
Une délégation de Scola Corsa a déjà été reçue en préfecture, selon France 3 Corse. Une nouvelle réunion est prévue la semaine du 5 mai 2026 pour discuter de la contractualisation et du financement du réseau.
Ghjiseppu Turchini a indiqué que le mouvement resterait « vigilant et mobilisé » dans l’attente d’avancées concrètes, selon Alta Frequenza. Les responsables du réseau conditionnent la levée de la mobilisation à des engagements fermes de l’État sur les 11 postes demandés.
La réunion du 5 mai constituera un premier test de la volonté de l’État à sortir de l’impasse. Sans accord, la mobilisation pourrait se prolonger au-delà des vacances de printemps.
Sources
- France 3 Corse : Soutien à Scola corsa : les blocages de lycées se poursuivent ce mercredi
- Corse-Matin : Lycées bloqués en Corse : mobilisation en soutien à Scola Corsa ce mardi 28 avril
- Corse Net Infos : Scola Corsa : le STC appelle à la mobilisation face au blocage de l'État
- Alta Frequenza : Scola Corsa mobilise à Bastia comme à Ajaccio mais reste dans l'incertitude