Bobigny : Lakhdar M. justifie le démembrement de sa femme devant la cour
Jugé depuis lundi pour meurtre, l'accusé de 53 ans a expliqué ce mercredi avoir découpé le corps car il était « trop lourd » pour sortir de l'appartement
Le procès de Lakhdar Matoug s'est ouvert lundi 6 juillet devant la cour d'assises de Paris. L'homme de 53 ans est jugé pour le meurtre et le démembrement de son épouse Assia en janvier 2023. Lors de son interrogatoire ce mercredi, il a décrit la découpe du corps comme « la seule solution » pour l'évacuer de leur domicile de Montreuil.
L’essentiel
- Ouverture du procès : lundi 6 juillet 2026 devant la cour d’assises de Paris
- Interrogatoire : mercredi 8 juillet, Lakhdar Matoug justifie le démembrement comme « la seule solution pour faire sortir » le corps
- Achat du matériel : le 2 février 2023, l’accusé s’est rendu dans un Castorama à Nation pour acheter une meuleuse et une bâche
- Dispersion des restes : parc des Buttes-Chaumont à Paris et friche industrielle à Bobigny
- Peine encourue : réclusion criminelle à perpétuité, verdict attendu date non confirmée en recherche
« C’était la seule solution pour la faire sortir »
Lakhdar Matoug a été interrogé ce mercredi 8 juillet par la cour d’assises de Paris. Face aux juges, l’homme de 53 ans a reconnu avoir démembré le corps de son épouse Assia. « Cette idée de découper le corps vous est venue comment ? » a demandé le président. La réponse de l’accusé a glacé la salle : le démembrement était selon lui « la meilleure solution et la plus facile » pour évacuer le cadavre de leur appartement de Montreuil.
« Le corps était trop lourd », a-t-il expliqué devant la cour, selon Boursorama. Lakhdar Matoug a justifié son geste par l’impossibilité pratique de transporter le corps entier hors du domicile conjugal. Une version qui contraste avec la gravité des faits reprochés.
Un meurtre sur fond de tensions financières
Les faits remontent à janvier 2023. Lakhdar Matoug a étranglé sa femme Assia au domicile conjugal à Montreuil, selon TV5MONDE. Le couple traversait une période de fortes tensions liées à des dettes fiscales. La dispute qui a conduit au meurtre portait sur ces difficultés financières.
Après avoir tué son épouse, l’accusé a dissimulé le cadavre pendant plusieurs jours dans un débarras de l’appartement. Leurs trois enfants vivaient à proximité immédiate, ignorant tout du drame qui venait de se jouer. Cette cohabitation macabre a duré jusqu’au 2 février 2023.
L’achat du matériel et le démembrement
Le 2 février 2023, Lakhdar Matoug s’est rendu dans un magasin Castorama à Nation, selon Boursorama. Il y a acheté une meuleuse et une bâche. Le lendemain ou dans les jours suivants, il a procédé à la découpe du corps à la scie dans l’appartement familial.
L’accusé a ensuite transporté les restes en plusieurs trajets. Une partie a été abandonnée dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris. D’autres morceaux ont été dispersés dans une friche industrielle à Bobigny, selon Algerie360. Cette dissémination visait manifestement à compliquer l’identification de la victime et la reconstitution des faits.
Trois enfants représentés au procès
Les trois enfants du couple sont représentés au procès par Me Manuela Lalot, selon Boursorama. L’avocate conteste fermement l’argument de Lakhdar Matoug selon lequel il aurait agi pour protéger ses enfants. « Comment peut-on prétendre protéger ses enfants en dissimulant le corps de leur mère dans l’appartement familial, puis en le découpant ? » interroge la défense des parties civiles.
Le traumatisme subi par les trois mineurs est au cœur des débats. Ils ont vécu pendant des jours à quelques mètres du corps de leur mère, sans savoir qu’elle avait été tuée par leur père. La découverte ultérieure des circonstances du meurtre et du démembrement a aggravé le choc initial.
Contexte en Seine-Saint-Denis
Le procès se déroule à Paris mais les faits se sont déroulés en Seine-Saint-Denis, entre Montreuil où vivait le couple et Bobigny où une partie des restes a été retrouvée. Le département compte 1,67 million d’habitants selon l’INSEE. Les violences conjugales y demeurent un enjeu majeur, comme dans l’ensemble de l’Île-de-France.
Ce féminicide s’inscrit dans une série de drames similaires qui ont marqué le département ces dernières années. Les associations locales de défense des femmes victimes de violences conjugales rappellent régulièrement la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et d’accompagnement. L’affaire a suscité une forte émotion en Seine-Saint-Denis lors de la découverte des faits en 2023.
Un verdict attendu vendredi
Lakhdar Matoug encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre et dissimulation de cadavre, selon TV5MONDE. Le procès, ouvert lundi 6 juillet, doit se poursuivre jusqu’au vendredi 10 juillet. Le verdict sera rendu à l’issue des plaidoiries et des délibérations du jury populaire.
La cour d’assises devra trancher sur la qualification des faits et la peine à prononcer. Les débats portent notamment sur la préméditation, contestée par la défense, et sur le mobile exact du meurtre. L’attitude de l’accusé pendant le procès, décrite comme marquée par une « contrition de façade », pèsera dans l’appréciation du jury.