Bobigny : un vice-procureur rétrogradé pour consommation de drogues de synthèse
Le Conseil supérieur de la magistrature a prononcé le 9 juin 2026 une rétrogradation assortie d'un déplacement d'office contre un vice-procureur du parquet de Bobigny qui consommait régulièrement méthamphétamine, 3MMC et GBL depuis 2019.
Un vice-procureur du parquet de Bobigny a été rétrogradé et déplacé d'office par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour avoir consommé des drogues de synthèse de 2019 à 2024. L'avis, rendu le 9 juin, a été transmis au garde des Sceaux pour décision finale.
L’essentiel
- Le 9 juin 2026 : le CSM émet un avis de rétrogradation assortie d’un déplacement d’office contre un vice-procureur de Bobigny.
- Consommation : méthamphétamine, 3MMC et GBL de septembre/octobre 2019 à 2024, achetés auprès d’un dealer de son ressort judiciaire.
- Incidence professionnelle : retards, absences aux audiences, dont une aux assises, et perturbation du fonctionnement du parquet.
- Volet pénal : classé sans suite avec injonction thérapeutique en février 2025.
- Sanction : le CSM a écarté la révocation, jugée disproportionnée, et exclu toute fonction de responsabilité hiérarchique intermédiaire.
Un vice-procureur du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a été sanctionné par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour consommation régulière de drogues de synthèse. L’avis disciplinaire, rendu le 9 juin 2026, prévoit une rétrogradation et un déplacement d’office. Il a été transmis au garde des Sceaux pour décision finale.
Des faits de consommation étalés sur cinq ans
Selon la décision du CSM, le magistrat consommait de la méthamphétamine, de la 3MMC et du GBL depuis septembre ou octobre 2019 jusqu’en 2024. Il s’approvisionnait auprès d’un fournisseur unique, un trafiquant condamné relevant de son ressort judiciaire. Sa consommation avait lieu environ une fois par semaine, le week-end. Il dépensait, selon Europe 1, environ 500 euros par mois en stupéfiants.
Lors d’une audition policière le 28 janvier 2025, dans le cadre d’une enquête pour chemsex et homicide involontaire où il était entendu comme témoin, il a reconnu les faits. Le volet pénal a été classé sans suite avec injonction thérapeutique, notifiée en février 2025.
Une sanction disciplinaire intermédiaire
L’audience disciplinaire publique s’est tenue le 12 mai 2026. Le CSM, statuant en formation disciplinaire du parquet, a estimé que la révocation, plaidée par certaines parties, était disproportionnée au vu des bonnes notations antérieures du magistrat et de sa reconnaissance des faits. Le ministère public avait demandé un simple déplacement d’office, jugé insuffisant par le CSM. La sanction retenue - rétrogradation et déplacement d’office - exclut toute fonction de responsabilité hiérarchique intermédiaire.
Dans son avis, le CSM souligne que la consommation a eu des incidences professionnelles : retards à répétition, absences aux audiences - dont une en cour d’assises - et perturbation générale du fonctionnement du parquet. Le magistrat dirigeait la division de lutte contre le narcotrafic, ce qui ajoute à la gravité des faits.
Contexte dans le département
Le parquet de Bobigny est l’un des plus importants de France, avec une forte activité en matière de stupéfiants en Seine-Saint-Denis. Le fait qu’un haut magistrat chargé de la lutte contre le narcotrafic ait lui-même consommé des drogues de synthèse a eu un retentissement local. Le CSM a rappelé que la probité et la loyauté sont des devoirs essentiels de l’état de magistrat. Bobigny a connu récemment d’autres faits marquants, comme un incendie maîtrisé rue Henri-Gautier. La Seine-Saint-Denis a par ailleurs été placée en vigilance orange canicule ce jeudi.
Prochaine étape : la décision du garde des Sceaux
L’avis du CSM a été transmis au garde des Sceaux, seul compétent pour prendre la décision finale dans le cadre disciplinaire du parquet. La sanction, non susceptible de recours, sera effective dès sa notification. Le magistrat, dont l’identité n’a pas été divulguée, sera affecté à d’autres fonctions hors de Bobigny.
Sources
- Conseil supérieur de la magistrature : Avis du CSM - P110-52026
- Franceinfo : Un vice-procureur de Bobigny rétrogradé et déplacé pour avoir consommé des drogues de synthèse
- Europe 1 : Bobigny : un vice-procureur rétrogradé mais pas révoqué après avoir consommé des drogues
- Actu-Juridique : Le magistrat du parquet de Bobigny qui consommait des stupéfiants sanctionné par le CSM

