Bordeaux : 85 M€ de déficit pour Euratlantique, l’État maintient son engagement

Après un audit interministériel de plus de 500 pages, élus et préfecture font bloc pour défendre l'opération d'intérêt national autour de la gare Saint-Jean

Bordeaux : 85 M€ de déficit pour Euratlantique, l'État maintient son engagement
Illustration Hugo Castaing / info.fr

La préfète Sophie Brocas a réuni le 4 juin 2026 les maires de Bordeaux, Bègles et Floirac pour présenter les conclusions d'un audit IGF/IGEDD sur l'EPABE Euratlantique. Résultat un déficit structurel de plus de 85 millions d'euros projeté à l'horizon 2030. L'État ne se désengage pas.

L’essentiel

  • Déficit projeté : plus de 85 millions d’euros à l’horizon 2030, selon l’audit IGF/IGEDD rendu mi-mai 2026
  • Réunion du 4 juin 2026 : préfète Sophie Brocas, maires de Bordeaux (Thomas Cazenave), Bègles et Floirac, Métropole, département et région
  • Projet lancé en 2010 : 738 hectares sur trois communes, objectifs initiaux de 25 000 logements et 30 000 emplois
  • Précédent en 2023 : une rallonge de 150 M€ de fonds publics et une prolongation jusqu’en 2040 déjà accordées
  • CA du 12 juin 2026 : changement de gouvernance, Thomas Cazenave prend la présidence de l’EPABE

Une réunion de crise à la préfecture

Le 4 juin 2026, la préfète de Gironde Sophie Brocas a convoqué à la préfecture les élus des trois communes concernées par l’opération Euratlantique - Thomas Cazenave pour Bordeaux, Christian Bagate pour Bègles, et un représentant de Floirac - ainsi que les représentants de la Métropole, du Conseil départemental et du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. L’ordre du jour : la présentation des conclusions de l’audit conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD).

Ce rapport de plus de 500 pages, accompagné d’une quatre-vingts recommandations, avait été rendu environ dix jours avant la réunion par les ministères des Finances et du Logement. Son diagnostic est sévère : l’Établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique (EPABE) présente un déficit structurel dépassant 85 millions d’euros à l’horizon 2030, selon ICI Gironde et Sud Ouest.

Le marché immobilier en cause

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Le modèle économique de l’EPABE repose sur l’achat, la viabilisation puis la revente de terrains à des promoteurs. Ce mécanisme a été mis en échec par le retournement du marché immobilier depuis le début des années 2020. L’audit pointe des milliers de mètres carrés de bureaux invendus et qualifie l’opération de « structurellement fragile », selon Sud Ouest.

La répartition des financements illustre l’ampleur des enjeux : l’État et la Métropole apportent environ 35 % chacun, Bordeaux 20 %, Bègles 7 %, Floirac 3 %. Toute dégradation du bilan pèse donc sur l’ensemble de ces contributeurs.

L’État dit non au désengagement

Malgré ce tableau financier, l’État et les collectivités ont affiché une position commune. La préfète Sophie Brocas a qualifié Euratlantique d’« outil utile », selon les déclarations du maire de Bordeaux Thomas Cazenave rapportées par France Bleu Gironde. Les partenaires ont rappelé l’intérêt national du projet, notamment son articulation avec la future LGV Bordeaux-Toulouse.

Thomas Cazenave, qui présidera le conseil d’administration de l’EPABE à partir du 12 juin, et ses homologues ont affiché leur volonté de défendre le dynamisme économique de Bordeaux face aux incertitudes. Côté gouvernance, Valérie Lasek, directrice générale depuis 2021, arrive au terme de son mandat lors de ce même CA.

Deuxième alerte en trois ans

Ce n’est pas la première fois que le projet se retrouve sous pression financière. En 2023, un premier audit similaire avait déjà conduit à une rallonge de 150 millions d’euros de fonds publics, à une prolongation de l’opération jusqu’en 2040 - contre 2030 initialement - et à une réorientation des priorités vers le logement et la transition écologique, selon Sud Ouest et La Tribune.

La récurrence de ces difficultés nourrit les interrogations sur la soutenabilité du modèle. Sud Ouest citait récemment des sources locales sous couvert d’anonymat : « Plus personne n’a d’argent. »

Contexte dans la Gironde

Euratlantique est l’une des rares Opérations d’Intérêt National (OIN) actives en France. Lancée en 2010 autour de la gare Saint-Jean, elle couvre 738 hectares répartis sur trois communes : Bordeaux (386 ha), Bègles (217 ha) et Floirac (135 ha). Les objectifs initiaux prévoyaient quelque 25 000 logements, 50 000 nouveaux habitants et 30 000 emplois, selon Wikipédia et Sud Ouest.

Pour la Gironde, l’enjeu dépasse la seule métropole bordelaise. L’opération est présentée comme un levier d’accueil des flux liés à la LGV et au développement économique du sud-ouest aquitain. Un éventuel désengagement de l’État aurait des répercussions directes sur le foncier, le logement social et l’emploi dans les trois communes concernées. Les acteurs économiques bordelais suivent de près l’issue du CA du 12 juin.

Un calendrier serré

Le conseil d’administration du 12 juin 2026 sera le premier acte officiel de la nouvelle gouvernance. Selon le communiqué de la préfecture de Gironde, la nouvelle direction de l’EPABE devra présenter, d’ici le premier trimestre 2027, les leviers de rétablissement financier et les modalités de poursuite de l’opération issues de l’audit.

D’ici là, les 80 recommandations du rapport IGF/IGEDD attendent d’être traitées. La question du périmètre de l’opération et d’une éventuelle renégociation des objectifs reste ouverte.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Hugo est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gironde (33), avec Bordeaux pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Bordeaux (4 milliards CA) et métropole étudiante. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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